PRÉSENTATION

HISTORIQUE DE FATIMA
LA PAIX DU MONDE PAR FATIMA
DÉVOTION
LE 3EME SECRET RÉVÉLÉ !
LES LIVRES SUR FATIMA
DATES DES PÈLERINAGES

Notre Dame de Fatima


FATIMA
LES APPARITIONS

 

Lucie

 

François

 

Jacinthe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Ange de l’Eucharistie

FATIMA
Son nom même n'a-t-il pas une résonance musulmane ? En effet, au XIIe siècle, après la victoire remportée à Ourique sur les Maures, un chevalier épousa une belle Mauresque convertie au catholicisme. Celle-ci mourut jeune et c'est en souvenir d'elle que le pays prit son nom, tandis que le chevalier, accablé de chagrin, se faisait moine dans la célèbre abbaye d'Alcobaça.
En 1917, Fatima est alors une paroisse d'environ 2 500 âmes, à la croisée des routes entre Coimbra et Lisbonne d'une part, Ourem et Batalha de l'autre. Elle dépend de l'évêché de Leiria distant de 30 kms. Une quarantaine de hameaux gravitent autour d'elle, dont celui d'Aljustrel, à 1,3 km de l'église paroissiale.
Les maisons illuminées par le soleil n'ont que peu de pièces et un mobilier simple.
Les convictions religieuses des villageois sont fortes. Là présence du crucifix et d'images pieuses accrochés aux murs, les chapelles égaillées à travers la campagne, l'assiduité des fidèles aux offices paroissiaux les dimanches et les fêtes, et tant d'autres indices attestent la vigueur sans faille de leur foi.
Les terrains, ensemencés de blé et de maïs, sont sillonnés de chemins creux bordés par des murets de pierres arrachés patiemment aux champs peu fertiles. Le produit des jardins, des arbres fruitiers, des vignes, des champs d'oliviers assurent une nourriture saine et suffisante.

Les trois bergers :
Les trois petits bergers à qui Notre-Dame est apparue à Fatima étaient trois enfants absolument normaux, et que rien ne distinguait - au moins en apparence - des autres petits campagnards, leurs compagnons de jeux, et, comme eux, gardiens des troupeaux.
Lucie était la plus âgée des trois. Née le 22 Mars 1907, la dernière des sept enfants que Dieu avait donnés à Antonio dos Santos et à Maria Rosa dans le petit hameau d’Aljustrel.
Malgré son jeune âge, on pouvait déjà confier à Lucie un petit troupeau de brebis, elle était robuste et solide et acceptait et remplissait vaillamment cette tâche. Elle avait deux grands yeux noirs qui brillaient sous d’épais sourcils. La chevelure épaisse et noire, était séparée par une raie au-dessus de son front étroit.
Lucie était une bonne fille et avait un excellent caractère et d’heureuses dispositions : «Nous l’aimions beaucoup, parce qu’elle était très vive et très affectueuse, disait Mme Maria dos Anjos, la plus âgée de ses sœurs. Quand, déjà grandelette, elle revenait à la maison avec les brebis, elle se jetait au cou de notre mère, I’embrassait et lui faisait beaucoup de caresses. Lorsque naquit ma première fille, il fallait voir la Lucie ! Elle prenait la petite dans ses bras, et la couvrait de tant de baisers, qu’elle n’en paraissait pas une créature de notre monde. Elle aimait beaucoup les enfants, et tous raffolaient d’elle. Quelquefois il y en avait huit, dix, douze, dans la cour de notre maison, et, elle, toute heureuse, parait les plus petits avec des fleurs et du lierre ; elle organisait des processions avec des images pieuses, fabriquait des brancards, des reposoirs, et, comme si on avait été à l’église, on chantait des cantiques à Notre-Dame.
François, né le 11 Juin 1908, frère de Jacin-the, et cousin germain de Lucie, (leur mère étant la sœur du père de Lucie) étaient sixième et sep-tième enfants de Manuel Marto, et huitième et neuvième de Olimpia, leur mère, qui avait déjà eu deux enfants d’un premier mariage avec José Fernandes Rosa, décédé en 1895. Mme Olimpia (décédée en 1956) s’était mariée pour la première fois en 1888. Devenue veuve après sept ans de mariage, elle avait épousé, en secondes noces, un an et demi après la mort de son premier mari, Mr. Manuel Marto.
Le petit avait un caractère exceptionnellement doux, d’après son père. Lucie précise qu’il était d’un naturel pacifique et condescendant. Comme tous les enfants du monde, François aimait beaucoup jouer. Cependant, lorsque, dans les jeux, un autre s’entêtait à lui contester ses droits, il cédait sans difficulté, et se contentait de dire : «Tu penses que c’est toi qui as gagné ? Soit ! Cela m’est égal !» Si un autre gamin se hasardait à lui prendre quelque chose, il disait : «Garde-le ! Je ne m’en tracasse guère !»
Jacinthe, née le 10 Mars 1910, de caractère sensiblement différent de celui de son frère, lui ressemblait beaucoup extérieurement. Mais son âme était incomparablement plus pétrie de foi ! Elle était d’une nature extraordinairement sensible : «A cinq ans environ, nous raconte Lucie (dans ses «Mémoires»), en entendant parler des souffrances de notre divin Rédempteur, elle s’attendrissait et pleurait. Pauvre Notre Seigneur ! répétait-elle. Je ne veux faire aucun péché, pour que Jésus ne souffre davantage.» L’amitié qu’elle avait pour sa cousine Lucie était une amitié comme on en trouve rarement entre enfants.
Son père disait d’elle : «Elle a toujours été si douce ! Sur ce point, elle était vraiment étonnante. Elle tétait encore sa mère, elle était déjà ainsi. Si elle avait faim, elle le faisait savoir en pleurnichant un peu, et puis c’était fini, elle ne donnait plus de souci à personne. On pouvait aller ici ou là, partir pour la Messe... elle ne s’en tourmentait pas. Il n’y avait pas besoin de faire des manières avec elle pour la tenir tranquille. Elle ne se fâchait de rien. Nous n’en avons pas élevé une autre pareille ! C’était, chez elle, un don naturel.»
Lorsque les deux petits troupeaux étaient réunis, Lucie indiquait le lieu choisi pour faire paître les brebis. Quelquefois on conduisait les brebis dans les lieux incultes proches de Fatima. Le «Cabeço» était le lieu le plus proche, colline bien garnie d’arbres et de bons pâturages, où les parents de Lucie avaient une petite oliveraie. Là, les chênes-verts, les pins et les grands rochers moussus offraient aux enfants une ombre rafraîchissante pendant l’été, et un lieu idéal pour s’amuser. C’était le lieu préféré des trois petits bergers, et ils y attiraient souvent d’autres compagnons. C’était presque toujours Lucie qui organisait les jeux. Avec son caractère décidé et ses dons exceptionnels, elle s’imposait naturellement aux autres bergers.
«Lucie était très plaisante, rapporte une autre de ses compagnes, Mme Teresa Matias. Elle aimait beaucoup nous faire jouer, de sorte que nous nous plaisions beaucoup avec elle. De plus, elle était très intelligente ; elle chantait et dansait bien, et elle savait nous apprendre des chansons. Tous, nous lui obéissions. Nous passions ainsi des heures et des heures à chanter et à danser, au point d’en oublier de manger.»

LES APPARITIONS
L’Ange de la paix
(printemps 1916)

Nous étions en train de jouer depuis quelque temps, raconte Lucie, lorsqu’un vent violent secoua les arbres, et nous fit lever la tête pour voir ce qui arrivait, car le temps était serein. Nous aperçûmes une lumière plus blanche que la neige, qui avait la forme d’un jeune homme. Elle était transparente, et plus brillante qu’un cristal traversé par les rayons du soleil. L’apparition approchait doucement et devenait plus distincte. Nous étions tout surpris, impressionnés, et nous ne disions mot. En arrivant près de nous, cet être mystérieux nous dit : «Ne craignez pas ! Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi !» Il s’agenouilla à terre, et courba le front jusqu’au sol. Poussés par un mouvement surnaturel, nous l’imitâmes, et nous répétâmes les paroles que nous lui entendions prononcer : «Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas !»
- Après avoir répété trois fois cette prière, il se releva et nous dit : «Priez ainsi ! Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.» Et il disparut.
- L’atmosphère surnaturelle qui nous enveloppait était si intense, que nous n’avions presque plus conscience de notre propre existence. Pendant longtemps, nous demeurâmes dans la position où il nous avait laissés, répétant sans cesse la même prière. Ensuite, le sentiment de la présence de Dieu demeura si intense, que nous n’osions pas parler, même entre nous. Le jour suivant, notre esprit était encore pénétré de cette atmosphère surnaturelle, qui ne disparut que très lentement. Aucun de nous ne pensa à parler de cette apparition, ni a en demander aux autres le secret. Elle l’imposait par elle-même. Elle était si intime, qu’il n’était pas facile de l’exprimer par des paroles. Peut-être nous fit-elle tant d’impression parce que c’était la première qui se manifestait à nous ainsi clairement...
C’étaient là les prémices du contact des petits bergers avec le monde surnaturel. Le Ciel était descendu jusqu’à eux. Les amusements, les jeux, les chansons, les danses reprirent comme auparavant. Seul, leur désir de s’éloigner des autres bergers se maintenait, ou plutôt augmentait. C’était le Ciel qui les préparait ainsi aux événements à venir...

L’ange gardien du Portugal (Eté 1916)
Le céleste messager se montra pour la seconde fois aux enfants : «Que faites-vous? leur dit-il, Priez, priez beaucoup ! Les Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices.»
Comment devons-nous nous sacrifier ? demanda Lucie.
- De tout ce que vous pourrez, offrez un sacrifice au Seigneur, en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. Attirez ainsi la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, I’Ange du Portugal. Par dessus tout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.
Comme plus tard, au cours des Apparitions de la Très Sainte Vierge, François n’avait rien entendu des paroles de l’Ange. Aussi, le soir, il demanda à Lucie ce que l’Ange avait dit. La petite, encore toute pénétrée d’une impression surnaturelle, lui demanda d’attendre le lendemain, ou de demander à Jacinthe qui lui répondit qu’elle ne pouvait rien dire non plus.
«Priez, priez beaucoup !... Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices!» Ces paroles, que les deux petites avaient entendues de la bouche de l’Ange, et qu’elles avaient répétées à François, s’étaient gravées profondément dans leur esprit.
«Ces paroles, rapporte Lucie, étaient comme une lumière qui nous faisait comprendre ce qu’est Dieu, combien il nous aime et veut être aimé de nous, la valeur du sacrifice, combien le sacrifice est agréable à Dieu, et comment Dieu, en considération du sacrifice, convertit les pécheurs. Aussi, dès ce moment, nous commençâmes à offrir à Dieu tout ce qui nous mortifiait, mais sans chercher des mortifications ou des pénitences particulières, sauf que nous passions des heures, prosternés à terre, à répéter la prière que l’Ange nous avait enseignée.»
Prière et pénitence ! C’est déjà le grand Message de Fatima, que notre Mère du Ciel allait répéter avec plus d’insistance encore !

L’Ange de l’Eucharistie (automne 1916)
- Puis à l’automne, raconte Sœur Lucie, alors que nous avions récité notre chapelet et la prière que l’Ange nous avait enseignée à sa première apparition, il nous apparut une troisième fois, tenant à la main un calice, et, au dessus de celui-ci une Hostie, d’où tombaient dans le calice quelques gouttes de sang. Laissant le calice et l’Hostie suspendus en l’air, il se prosterna à terre, et répéta trois fois cette prière : «Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre les Très Précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, des sacrilèges et des indifférences par lesquels il est Lui-même offensé ! Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs»
- Puis, se levant, il prit de nouveau le calice et me donna l’hostie, et donna à boire ce que contenait le calice à Jacinthe et à François, en disant en même temps : «Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu !» De nouveau, il se prosterna à terre, et répéta avec nous, encore trois fois, la même prière : Très Sainte Trinité...», et il disparut.
Comme après les deux premières apparitions, le besoin de silence se faisait impérieusement sentir aux trois enfants. De temps à autre, seulement, François, qui n’avait pas entendu les paroles de l’Ange, risquait une question : «Lucie, I’Ange t’a donné la Sainte Communion, mais à moi et à Jacinthe qu’est ce qu’il nous a donné ?» Et Jacinthe aussitôt, débordant d’une joie qu’elle ne pouvait contenir, lui répondait : «Mais c’est aussi la Sainte Communion ! Tu n’as pas donc vu que c’était le Sang qui tombait de l’Hostie ?» Alors François, comme s’éveillant d’un rêve, lui disait : «Je sentais que Dieu était en moi, mais je ne savais pas comment» Et, agenouillé sur le sol, avec sa petite sœur, il demeura longtemps à répéter la prière de l’Ange : «Très Sainte Trinité...»

Apparitions de la Vierge :
Le 13 Mai 1917

Un peu plus de six mois plus tard, le Ciel devait s’ouvrir de nouveau, mais, cette fois c’était pour donner passage à sa Reine, qui allait apporter le grand Message pour notre temps.
Une première lueur leur fait penser à la montée d’un orage. Ils descendent la pente avec leurs brebis. Mais une autre lueur les surprend. Ils avancent encore un peu...
Au-dessus d’un petit chêne-vert, l’apparition céleste s’offre à eux. Au comble de l’étonnement, ils demeurent immobiles, enveloppés par la lumière qui émane de cette vision radieuse : C’était, décrit Lucie, une Dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, qui rayonnait une lumière plus vive et plus intense qu’une coupe de cristal remplie d’eau pure, traversée par les rayons ardents du soleil.
D’une voix douce et toute maternelle, la belle Dame les rassure : «N’ayez pas peur ! dit-elle. Je ne vous ferai pas de mal.»
Lucie, alors s’enhardit à lui demander : «D’où êtes-vous?»
- Je suis du Ciel.
- Et que voulez-vous de moi ? poursuit Lucie avec plus d’assurance.
- Je suis venue pour vous demander de venir ici six mois de suite, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Plus tard je vous dirai qui je suis et ce que je veux.
- Et moi, demande-t-elle d’une voix toute tremblante, j’irai aussi au Ciel ?
- Oui, tu iras.
- Et Jacinthe ?
- Aussi.
- Et François ?
- Oui, il ira ; mais il devra dire beaucoup de chapelets.
- Et Marie du Rosaire, la fille de José das Neves, est-elle au Ciel ?
- Oui, répond la Dame.
- Et Amélie ?
- Elle sera en Purgatoire jusqu’à fin du monde.
Les yeux de Lucie se remplissent de larmes. C’est alors que Notre-Dame, telle une mère affligée, demande aux enfants :
- Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés qui l’offensent, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?
- Oui, nous le voulons !
- Eh bien, vous aurez beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.
En prononçant ces paroles, explique Lucie, la Dame ouvrit les mains, et projeta sur nous une lumière intense, comme un reflet qui jaillissait de ses mains ouvertes, et pénétrait notre poitrine et jusqu’au plus intime de notre âme. Cette lumière nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était cette lumière, plus clairement que dans un miroir. Alors, saisis par une impulsion intérieure, qui nous était également communiquée, nous tombâmes à genoux, en répétant du fond du cœur : «O Très Sainte Trinité, je vous adore !... Mon Dieu, mon Dieu, je vous aime dans le Très Saint Sacrement !...»
Les enfants demeurèrent ainsi, quelques instants, dans cet océan de lumière où la Vierge les avait plongés.
- Dites le chapelet tous les jours, ajouta enfin la blanche Dame, afin d’obtenir la paix pour le monde, et la fin de la guerre.
Ainsi se termina le premier colloque de la Reine des Cieux avec les trois petits paysans portugais. Elle se mit alors à s’élever doucement dans la direction du levant, jusqu’à disparaître dans l’immensité de l’espace, entourée d’une vive lumière qui semblait lui ouvrir un chemin à travers le firmament.
Les trois petits demeurèrent encore quelque temps comme fascinés, le regard levé vers le ciel, fixant le point où la céleste vision avait disparu. Ils passèrent l’après-midi à se remémorer et à savourer les moindres détails de cet événement extraordinaire. Une allégresse exubérante remplissait leur âme, et débordait surtout du cœur de Jacinthe. Une certaine tristesse s’y mêlait, dans l’âme de Lucie, et la faisait, de temps en temps, rester silencieuse et songeuse. Elle répétait et méditait les paroles, qu’avec une tristesse si poignante, lui avait dites la Vierge : «Voulez-vous vous offrir à Dieu...»
- Oh! quelle belle Dame ! répétait de nouveau Jacinthe.
François, de son côté, restait songeur... Il n'avait pas entendu les paroles de la Vierge, et il se les fit répéter par Lucie et par Jacinthe. Ils continuèrent à parler de la belle Dame, et de ce qu'elle leur avait dit, jusqu'au moment où ils s'aperçurent que le soleil allait disparaître. Ils rassemblèrent alors les brebis, et rentrèrent à la maison.
Sur le chemin du retour, Lucie recommanda à ses cousins le silence le plus absolu, pour le moment, à l'égard de tous « même avec ta mère !» ajoutait-elle, menaçant du doigt Jacinthe.
- Nous ne dirons rien à personne, assurèrent le frère et la sœur.
Mais la voix de Jacinthe, où l'enthousiasme continuait à s'exprimer, laissait deviner que sa résolution serait bien fragile.
Lucie, qui était déjà une petite personne sérieuse, sensée, sut garder le secret avec sa mère et avec ses sœurs. Elle soupa, pria en famille, et alla se coucher.
Mais comment la petite Jacinthe, qui sentait son cœur éclater de joie, aurait-elle pu garder complètement le secret de ce qu'elle avait vu et entendu, surtout avec sa mère, à qui elle avait l'habitude de raconter tout ce qui lui arrivait dans sa vie de tous les jours ? D'autant plus qu'elle ne voyait pas de raison pour ne pas communiquer à sa mère un peu de cette joie... Jacinthe, de fait, parut avoir complètement oublié les solennelles promesses faites à sa cousine. Et tandis que François demeurait dans la cour de la maison, elle courut aussitôt à la cuisine, à la recherche de sa mère, qu’elle trouva avec son père, pour lui faire part de l'événement... «C'était une Dame si belle, si jolie !... Elle avait une robe blanche et un cordon doré au cou, qui descendait jusqu'à la poitrine... La tête était couverte d'une mante, blanche aussi, tellement blanche, je ne sais comment dire, mais plus blanche que du lait... et qui descendait jusqu'aux pieds... toute brodée d'or. Oh ! que c'était joli ! La Dame avait les mains jointes, entre les doigts, elle avait un chapelet. Ah ! quel joli chapelet elle avait !... tout en or, brillant comme les étoiles de la nuit, et un crucifix qui brillait... qui brillait... Ah! quelle belle Dame !... Elle a parlé beaucoup avec Lucie, mais ne m'a pas parlé à moi, ni à François... mais j'entendais tout ce qu'elles se disaient. Oh, Maman ! il faut dire le chapelet tous les jours... La Dame l'a dit à Lucie. Elle a dit aussi qu'elle nous emmènerait tous les trois au Ciel, Lucie, François, et moi aussi... Elle a dit encore beaucoup d'autres choses que je ne me rappelle plus... mais Lucie le sait. C'était si beau le Ciel !... Il y avait là comme beaucoup de roses sauvages !...»
François, qui pensait que sa sœur allait finir par dévoiler sa vision, confirma les déclarations de Jacinthe. Ses sœurs écoutaient avec intérêt. Mais ses frères plus âgés se moquaient d'elle.
Mr. Marto, leur père, leur dit, impressionné :
«Je pense que Notre-Dame est déjà apparue souvent, et de bien des manières, depuis que le monde est monde... Voilà ce qui compte... Si le monde est mauvais, il serait pire s'il ne s'était pas produit des événements de ce genre-là. Le pouvoir de Dieu est grand ! Nous ne savons pas ce qu'il en est de ceci, mais ce pourrait bien être quelque chose... Qu'il en soit ce que Dieu voudra ! J'ai la conviction que c'est vrai ce que les enfants disent... Ils n'ont aucune instruction, pas la moindre ! Si la Providence ne vous avait pas envoyé d'aide, vous n'auriez pu dire de pareilles choses... Et quant à mentir ? Ah, Jésus ! je sais que vous êtes tellement opposés à cela !...»

Le 13 Juin 1917
C’est la fête de Saint Antoine, le patron du Portugal et la fête dans toutes les églises. Tout le monde est à Fatima. Seuls, les voyants et un petit groupe se sont rendus à la Cova da Iria. Lucie s'éloigne un peu, et se met à l'ombre d'un grand chêne vert. Il fait très chaud. Lucie s'assied près du tronc de l'arbre, François et Jacinthe de chaque côté d'elle. Ils se mettent à manger des graines de lupin, et à s'amuser avec les autres enfants. Mais à mesure que le temps passe, Lucie devient plus grave, plus songeuse. Jacinthe, elle, continue à s'amuser, et Lucie lui dit : - Tiens-toi tranquille, Jacinthe ! Notre-Dame va venir !
Lucie attend les signes qui annoncent l'apparition. Les 50 personnes présentes disent ensemble le chapelet, et, au moment de commencer les Litanies, Lucie les arrête en disant qu'il n'y a plus assez de temps pour les réciter. Soudain elle se lève, et s'écrie :
- Jacinthe, Notre-Dame va venir ; voilà l'éclair ! Tous les trois courent vers le chêne-vert, et tout le monde derrière eux. Lucie lève les mains, comme si elle priait, et elle dit :
- Vous m'avez demandé de venir ici. Dites-moi, s'il vous plaît, ce que vous voulez.
Les participants entendaient quelque chose comme un son de voix très léger ; mais ils ne comprenaient pas ce qui se disait ; c'était comme le bourdonnement d'une abeille.
- Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous récitiez le chapelet tous les jours, et que vous appreniez à lire. Plus tard, je vous dirai ce que je veux.
Lucie s’enhardit alors à demander la guérison d’un malade qui lui avait été recommandé. Notre-Dame lui répond que, s’il se convertissait, il guérirait dans l’année. La petite voyante, encouragée par cette réponse, la supplia :
- Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel !
- Oui, répondit la T. S. Vierge, Jacinthe et François je vais les emmener bientôt. Mais toi, tu resteras ici encore quelque temps. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé.
- Je resterai ici toute seule ? demanda Lucie, un peu effrayée.
- Non ma fille ! Tu souffres beaucoup ?... Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur Immaculé sera ton refuge, et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.
Ces paroles se gravèrent profondément dans l’âme de la petite bergère. Elle ira toujours puiser, dans le Cœur Immaculé de sa Mère du Ciel, le réconfort et la consolation dont elle aura besoin, le soutien dans la lutte terrible qu’elle aura à soutenir contre l’enfer et le monde, coalisés pour ébranler sa foi, et essayer d’empêcher que les Apparitions de Fatima ne produisent toute la somme de bien et de grâce prévue par la divine Providence.
«Ce fut au moment même où elle disait ces derniers mots, raconte Lucie, que la Vierge ouvrit encore les mains, et nous communiqua, pour la seconde fois, le reflet de la lumière immense qui l’enveloppait. Dans cette lumière, nous nous voyions comme submergés en Dieu. Jacinthe et François semblaient se trouver dans la partie de la lumière qui s’élevait vers le Ciel, et moi, dans celle qui se répandait sur la terre. Devant la paume de la main droite de Notre-Dame, se trouvait un Cœur entouré d’épines qui s’y enfonçaient. Nous comprîmes que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation.»
Comme dans la première apparition, et comme dans les apparitions suivantes, la Vierge parlait seulement avec Lucie. Jacinthe entendait les paroles de l’une et de l’autre, mais François n’entendait rien, et c’était Lucie qui lui donnait connaissance, ensuite, de ce qui avait été dit. Quel fut le motif de cette différence ? Nous n’en savons rien. Notre Seigneur distribue ses grâces comme il veut, et dans la mesure où il le veut.
Lorsque Notre-Dame s’éloigna de l’arbuste, il y eut comme le souffle d’une fusée d’artifice, quand on l’entend monter au loin. Lucie se leva très vite, et, le bras tendu, disait : Voyez, elle s’en va, elle s’en va !... Quant aux personnes présentes, elles ne voyaient rien... seulement un petit nuage, distant du feuillage de l’arbuste, d’une main ouverte, qui s’élevait doucement vers le Levant, jusqu’au moment où il se dissipa.

Le 13 Juillet 1917
Plus joyeux que jamais, les trois petits bergers arrivent et passent au milieu de la foule qui remplit déjà les chemins et les assaille pour les voir de près, les interroger, et leur faire des demandes pour la T. S. Vierge.
Lucie, s’agenouille, dit le chapelet, et tous répondaient à haute voix. Le chapelet terminé, elle se lève si rapidement qu’elle ne semble pas le faire d’elle-même. Elle regarde vers le Levant, et s’écrie : Fermez les parasols ! Notre-Dame arrive !
Le soleil s’obscurcit, et un souffle frais, agréable, se fait sentir.
En présence de la vision céleste, une allégresse incroyable, une paix immense, remplit le cœur des enfants, spécialement de Lucie, qui reste muette d’étonnement. Avec une tendresse infinie, comme une mère penchée sur son petit enfant malade, la Vierge pose son regard un peu triste sur Lucie, qui avait fini par écouter Mr le Curé qui disait que c’était le démon, comme pour lui dire : - C’est moi... Je viens du Ciel... En Enfer il ne peut pas y avoir tant de blancheur... tant de lumière. Surtout, il n’y a pas tant de bonté et de douceur...
Lucie demeure absorbée dans sa contemplation, comme en extase...
Humblement, comme pour lui demander pardon d’avoir douté d’elle, Lucie demande, une fois de plus : - Que voulez-vous de moi ?
- Je veux que l’on revienne ici le 13 du mois prochain ; que l’on continue à réciter le chapelet tous les jours, en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, car Elle seule peut vous secourir.
Lucie, pensant à sa mère qui ne voulait pas croire... aux gens qui se moquaient... à Mr. Ie Curé qui disait que ce pourrait être une chose mauvaise en profite pour ajouter :
- Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle pour que tout le monde croie que vous nous apparaissez.
- Que l’on continue à venir ici tous les mois. En Octobre, je dirai qui je suis, et ce que je veux ; et je ferai un miracle que tout le monde verra pour croire.
Toute heureuse, et sans perdre de temps, Lucie se met à présenter à la Vierge les demandes qu’on lui a confiées. Notre-Dame, avec une indulgence maternelle, répond qu’elle guérira les uns, les autres non. Quant au fils estropié de Mme Maria Carreira, elle ne le guérira pas, il restera pauvre, mais il doit réciter tous les jours le chapelet avec sa famille, et il pourra gagner sa vie. Un de ceux qui s’étaient recommandés à Notre-Dame, un malade de Atouguia, avait demandé à aller bientôt au Ciel. «Qu’il ne soit pas trop pressé, répond Notre-Dame. Je sais bien quand je dois venir le chercher.»
On demandait aussi des conversions : une femme de Fatima et ses enfants ; une autre de Pedrogao... des buveurs à corriger de leur vice... d’autres guérisons... Tous devaient réciter le chapelet ; telle était la condition générale pour obtenir les grâces demandées.
Afin de ranimer la ferveur refroidie par le doute de Lucie, la Vierge lui recommande de nouveau la nécessité du sacrifice, et confie aux enfants un nouveau secret : «Sacrifiez-vous pour les pécheurs, dit-elle, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : O Jésus, c’est pour votre amour, pour la conversion des pécheurs, et en réparation pour les péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie.»
«En disant ces paroles, raconte Lucie (dans ses «Mémoires») la T. S. Vierge ouvrit de nouveau les mains, comme elle l’avait fait les mois précédents. Le reflet qui en jaillissait parut pénétrer la terre, et nous vîmes comme un océan de feu, et, plongés dans ce feu, les démons, et les âmes (des damnés), semblables à des braises transparentes, noires et brunies, avec une forme humaine, flottant dans cet incendie et soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes avec des nuages de fumée, tombant de tous côtés comme les étincelles des grands incendies, sans poids, ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui épouvantaient et faisaient trembler de frayeur. On reconnaissait les démons à leurs formes horribles et repoussantes d’animaux extraordinaires et inconnus, mais transparentes, et semblables à des charbons embrasés.» Le visage de Lucie devint livide, elle cria : « Ah, Notre-Dame ! Ah, Notre-Dame !
Tous les trois, effrayés, levèrent les yeux vers la Vierge, qui leur dit avec bonté et tristesse :
"Vous avez vu l’Enfer, où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront, et on aura la paix ! La guerre va finir ; mais si l’on ne cesse pas d’offenser Dieu, une autre, pire, va commencer sous le règne de Pie XI. Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine, et des persécutions contre l’Eglise et contre le Saint-Père. Pour empêcher (cette guerre) je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, et la Communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira, et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise. Les bons seront martyrisés ; le Saint Père aura beaucoup à souffrir ; plusieurs nations seront anéanties. Finalement, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi... Ceci, ne le dites à personne. A François seulement vous pouvez le dire. Quand vous dites le chapelet, dites après chaque dizaine : O mon Jésus, pardonnez-nous ! Préservez-nous du feu de l'Enfer ! Attirez au Ciel toutes les âmes, principalement celles qui en ont le plus besoin."
En face des choses terribles qu’ils venaient de voir et d’entendre, les enfants restaient sans paroles, comme privés de leurs sens. Après quelques instants de silence, Lucie posa cependant une dernière question :
- Vous n’avez plus rien à me demander ?
- Non, aujourd’hui je ne te demande plus rien.
Il y eut alors une sorte de coup de tonnerre marquant la fin de l’apparition. Lucie s’écria, en montrant le ciel : - Elle s’en va ! Elle s’en va !... Et après quelques instants : On ne la voit déjà plus.
L’entretien était terminé ; et la Vierge, comme précédemment, s’était élevée vers le même point du ciel d’où elle était venue, jusqu’à disparaître dans l’immensité bleue. Lorsque se fut dissipé le nuage cendré qui planait sur le chêne-vert, et que tout le monde se fut remis de ses émotions, les enfants se virent, plus que jamais, entourés et harcelés de questions : - Oh, Lucie ! qu’est-ce que Notre-Dame t’a dit, pour que tu sois devenue si triste ? Iui demanda-t-on. - C’est un secret, répondit-elle, je ne peux pas le dire !

«L’aurore boréale»
Au sujet de l’aurore boréale extraordinaire, qui illumina le ciel dans la nuit du 24 au 25 Janvier 1938, Lucie y reconnut le signe annoncé par la Sainte Vierge le 13 Juillet 1917. C’est ainsi que, convaincue qu’une nouvelle guerre mondiale allait éclater (qui serait «horrible, horrible», écrivait-elle à l’Evêque de Leiria), elle fit tout son possible pour hâter la réalisation des demandes faites par Notre-Dame. Elle dut, cependant, se convaincre bientôt que l’heure de la miséricorde n’était pas encore venue. Il est bien clair que la seconde guerre mondiale a été annoncée par la T. S. Vierge aux petits voyants de Fatima, ainsi que le développement du communisme à travers le monde.

Le 13 Août 1917
Six mille personnes étaient présentes, beaucoup étaient venues à pied, d’autres étaient venues montées sur leurs ânes, à bicyclette ou en voiture... Autour du chêne vert, on priait, on chantait les cantiques de l’église. Mais les petits tardaient à venir, quand quelqu’un annonça que l’Administrateur avait enlevé les enfants... Ce fut un tollé de protestation !
Soudain, un coup de tonnerre semblable à celui de la fois précédente. Tout le monde se tut, effrayé ! Puis, un éclair, et aussitôt un petit nuage, très joli, de couleur blanche, très léger, plana quelques instants au-dessus du chêne-vert, il s’éleva ensuite vers le ciel, et disparut dans les airs. Les visages des gens avaient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel : rose, rouge, bleu... Les arbres ne paraissaient pas avoir des rameaux et des feuilles, mais seulement des fleurs ; tous paraissaient chargés de fleurs, et chaque feuille paraissait une fleur. Le sol était comme recouvert de carreaux de couleurs différentes. Les vêtements aussi étaient de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les deux lanternes attachées à l’arceau paraissaient être en or : Notre Dame est venue, comme promis...
Le grand combat était commencé contre les apparitions... Les enfants avaient été habilement enlevé par l’Administrateur qui les relâcha le 15 Août suivant les déposant devant l’habitation du curé de Fatima. Il n’est pas difficile d’imaginer les protestations de la population qui commençait à y croire et que le combat de l’administration ne faisait que renforcer cette croyance.

Le 19 Août 1917
Il était à peu près quatre heures de l’après-midi, quand Lucie commença à remarquer les changements dans l’atmosphère qui précédaient les apparitions de Notre Dame à la Cova da Iria : un rafraîchissement subit de la température, une diminution de la lumière solaire, enfin l’éclair caractéristique.
Quelques instants après, la lumineuse apparition se montrait au-dessus d’un chêne-vert, un peu plus élevé que celui de la Cova da Iria. Notre Mère du Ciel récompensait ainsi ses trois petits amis, restés fidèles dans des circonstances si difficiles.
- Que voulez-vous de moi ? demande Lucie, toujours aussi confiante.
- Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria le 13, et que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours.»
Lucie redemande à Notre-Dame de faire un miracle, pour que tout le monde croie.
- Oui, répond la Vierge, le dernier mois, en Octobre, je ferai un miracle pour que tout le monde croie à mes apparitions. Si on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus grandiose. Saint Joseph viendra avec l’Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre Seigneur viendra aussi pour bénir le peuple. Notre-Dame des Douleurs viendra aussi, et Notre-Dame du Carmel.
Lucie se souvient alors de demander ce qu’il faut faire de l’argent déposé par les pèlerins à la Cova da Iria.
- Que l’on fasse deux brancards de procession, répond la Vierge. Tu porteras l’un avec Jacinthe et deux autres petites filles vêtues de blanc. L’autre sera porté par François et trois autres petits garçons, vêtus aussi de manteaux blancs. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. Ce qui restera de l’argent, servira pour aider à construire une chapelle.
Enfin l’enfant n’oublie pas de recommander à la Vierge des malades dont on avait demandé la guérison. «Oui, dit Notre-Dame, j’en guérirai quelques-uns dans l’année.» Mais, prenant un air très triste, elle ajoute : «Priez, priez, beaucoup, et faites des sacrifices pour les pécheurs ! Car il y a beaucoup d’âmes qui vont en enfer, parce qu’il n’y a personne qui se sacrifie et prie pour elles.»
La Vierge, à ce moment, prend congé de ses petits confidents, et se met à s’élever, comme précédemment, dans la direction du Levant laissant dans l’âme des petits bergers un grand désir du Ciel, et un véritable appétit de nouveaux sacrifices, afin d’ouvrir la porte du Paradis à tant de pauvres pécheurs.
Les enfants, cette fois, voulurent cueillir eux-mêmes un rameau du chêne-vert sur lequel s’étaient posés les pieds de la Vierge. Ils tenaient à la main le précieux rameau de chêne-vert, souvenir de l’Apparition. En entrant dans le hameau, ils trouvèrent, à la porte de la maison la mère de Lucie et d’autres personnes. Jacinthe dit : voyez, ma Tante ! Notre Dame avait un pied sur cette petite branche, et un autre sur celle-ci.
- Montre-le moi...
- Mais quelle est cette odeur ? dit-elle, un peu ébranlée, il sent le parfum de roses!

Le 13 Septembre 1917
Les enfants arrivent, et Lucie, comme de coutume, demande à la foule de plus en plus importante, de réciter le chapelet avec elle. Tous se mettent à genoux, riches et pauvres, et répondent à haute voix. La prière n’est pas encore terminée que Notre Dame est devant eux, sur le petit chêne-vert.
- Que voulez-vous de moi ? demande, comme toujours, Lucie.
- Continuez à réciter le chapelet tous les jours pour obtenir la fin de la guerre ! lui répond la Vierge. En Octobre, viendront aussi Notre Seigneur, et Saint Joseph avec l’Enfant Jésus, pour bénir le monde. Elle ajoute : Dieu est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour.
- On m’a priée de vous demander beaucoup de choses, dit Lucie : Une petite fille qui est sourde... Vous ne voulez pas la guérir ?
- Au cours de l’année elle éprouvera du mieux... J’en guérirai quelques uns ; les autres, non, parce que Notre Seigneur ne se fie pas à eux.
L’obstacle pour obtenir le miracle souhaité serait donc, pour les uns, le manque de dispositions suffisantes ; quant aux autres, la maladie sera pour eux un plus grand bien que la guérison.
- Il y a beaucoup de gens, ajoute Lucie, qui disent que je suis une trompeuse, que je mériterais d’être pendue ou brûlée. Faites un miracle, pour que tous croient !
- Oui, répond encore une fois la Vierge, en Octobre je ferai un miracle pour que tout le monde croie.
Après ces dernières paroles, la blanche vision s’en va, et s’élève de nouveau vers le ciel. Lucie crie alors à la foule : «Si vous voulez la voir, regardez par là !» Et elle indique le levant. Tous les yeux se tournent avidement dans la direction indiquée, et beaucoup peuvent alors remarquer le phénomène dont nous avons parlé : le globe lumineux, qui semblait reconduire la Reine des Anges à sa demeure céleste.

Le 13 Octobre 1917
Le chemin n’était que boue gluante. La foule est si serrée qu’on ne peut la traverser. A l’heure de midi, heure solaire, les trois enfants voient l’éclair, et Lucie cria : «Silence ! Notre Dame va venir !» Le visage des voyants prit alors une expression surnaturelle. La couleur de leur visage devint plus délicat et leurs traits plus fins. Lucie entre en communication directe avec le Ciel, et n’entendit même pas sa mère, qui était enfin là, lui dire : «Regarde bien, ma fille ! Prends garde de ne pas te tromper !» Une nuée cendrée, comme un léger nuage d’encens, entourait le groupe des trois enfants.
- Que voulez-vous de moi ? dit de nouveau Lucie, spontanément et avec ingénuité.
- Je veux te dire, répond la Vierge, que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours ! La guerre va finir, et les militaires reviendront bientôt chez eux.
- J’aurais beaucoup de demandes à vous faire : des guérisons, des conversions... Voulez-vous les accorder ?
- Les unes, oui, les autres, non. Il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés ! Et prenant un aspect plus triste, la Vierge ajoute : - Que l’on n’offense pas davantage Dieu, Notre Seigneur, car il est déjà trop offensé !
- Vous ne voulez rien de plus de moi ? demande enfin la petite.
- Non, je ne demande plus rien.
- Alors, je ne demande plus rien non plus.

Le miracle du soleil
Et Notre Dame du Rosaire prend congé, une dernière fois, de ses trois petits confidents. Elle ouvre les mains, en les opposant au soleil, et, tout en s’élevant dans les airs, elle continue à projeter sa propre lumière sur le soleil.
Lucie, poussée par un mouvement intérieur, et sans quitter des yeux la radieuse apparition, s’écrie à ce moment : «Elle s’en va !... Regardez le soleil !» Les nuages s’étaient soudain dissipés, et il brillait maintenant dans un ciel serein.
Après que Notre Dame eût disparu dans l’immensité du firmament, les enfants virent, près du soleil, Saint Joseph avec l’Enfant Jésus et Notre-Dame vêtue d’une robe blanche et d’un manteau bleu : la Sainte Famille. St Joseph et l’Enfant Jésus paraissaient bénir la foule, en faisant le signe de la Croix avec la main.
Peu de temps après, cette vision disparut, et Lucie vit Notre Seigneur apparaître, à droite du soleil, vêtu de rouge, et bénissant aussi la foule. Elle vit également la Très Sainte Vierge, vêtue de violet, comme on représente, au Portugal, Notre Dame des Douleurs, mais sans les épées sur la poitrine. Cette vision une fois évanouie, Lucie vit encore la Vierge sous l’aspect de Notre Dame du Carmel, tenant le scapulaire dans la main droite.
Tandis que les enfants, extasiés, contemplaient les personnages célestes, le miracle annoncé se produisit aux yeux de tout le peuple réuni, un prodige stupéfiant tel que personne ne pouvait le prévoir. Le père de Jacinthe et de François nous le décrit ainsi :
«Tout à coup, la pluie a cessé, les nuages se sont écartés, laissant la place au soleil...On pouvait le regarder parfaitement sans en être incommodé. On aurait dit qu’il s’éteignait et se rallumait, tantôt d’une manière, tantôt de l’autre. Il lançait des faisceaux de lumière, d’un côté et de l’autre, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, I’air. Le soleil ne faisait pas mal aux yeux. Tout le monde était immobile et silencieux... Tous regardaient le ciel. A un certain moment, le soleil s’arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer ; il s’arrêta encore une fois, et se remit une nouvelle fois à danser, jusqu’au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel, et s’avancer sur nous. Il dégageait une forte chaleur. Ce fut un instant terrible, tout le monde croyait mourir !»
Les 70 000 présents, croyants ou incroyants, étaient à genoux, dans la boue... Tout le monde pleurait, tout le monde priait, les hommes le chapeau à la main, sous l'impression grandiose du «miracle» attendu ! Ce furent des secondes, des instants, qui parurent des heures, tant elles furent intensément vécues ! Certains confessaient tout haut leurs péchés, d’autres récitaient l’acte de contrition ! Finalement, le soleil s’arrêta, et tous poussèrent un soupir de soulagement : ils étaient vivants ! Tous se relevèrent, les vêtements secs et même, a-t-on remarqué, ils étaient propres. Le miracle que les enfants avaient annoncé a eu lieu. Croyants et incroyants, ont témoigné du fait.

Fatima après les apparitions :
Les interrogatoires...
Les apparitions, qui ont été les mystères joyeux pour les voyants, sont terminées. Les autorités religieuses gardent encore le silence. Le prêtre chargé d'enquête par le Cardinal, qui a assisté au «miracle» du 13 Octobre, interroge les enfants l'un après l'autre. Il essaye, en vain, de connaître d'eux le «secret» confié par Notre-Dame à la troisième apparition. La candeur et la totale loyauté des petits l'impressionnent favorablement. Il commence à y croire. Mais le Cardinal de Lisbonne, prudent, ne se prononce pas encore : c'est trop grave d'engager l'Eglise avant que l'on ait une absolue certitude de l'origine surnaturelle des événements de Fatima.
Nos trois pastoureaux, sans se soucier de toutes ces discussions, continuent leur vie très simple. Leur plus grande pénitence est de devoir, sans cesse, être visités et interrogés. Ils sont épuisés, Lucie surtout, parce qu'on l'interrogeait plus longuement, elle n'en pouvait plus de fatigue, et son état d'épuisement était tel qu’il lui arrivait souvent de ne plus bien se rappeler certaines circonstances des apparitions.
Leurs parents se décident à vendre les brebis, puisqu'il n'y a plus moyen de les envoyer aux champs. D'ailleurs, la Dame n'a-t-elle pas demandé que les enfants apprennent à lire ? Ils vont donc à l'école de Fatima, et Lucie y travaille du mieux qu'elle peut pour rattraper le temps perdu. Les trois petits se retrouvent le plus souvent possible pour prier ensemble et redire les prières apprises. Chaque fois qu'ils le peuvent, ils vont à la Cova da Iria. Mais souvent, ils sont reconnus et assaillis.
François, de plus en plus fervent, passe de longs moments à penser à Jésus et au message de Notre-Dame. Les deux filles le trouvent un jour, prosterné derrière un mur :
- Pourquoi ne viens-tu pas prier avec nous ?
- Je préfère être seul pour penser à Notre Seigneur et le consoler.
Il est tellement plongé dans la prière que parfois, il n'entend pas qu'on l'appelle. Sachant qu’il doit mourir bientôt, il préfère aller devant le Saint Sacrement à l’église paroissiale plutôt que d’aller à l’école. Mais quand c'est pour rendre service, il est toujours prêt. Ses parents le trouvent de plus en plus obéissant et dévoué.

François part pour le Ciel
L'automne arrive, la guerre va bientôt se terminer. C'est alors qu'une épidémie de grippe s'abat sur le monde et spécialement sur l'Europe. Elle fut très grave et fit de nombreuses victimes un peu partout. Cette épidémie, qu'on appela «grippe espagnole», apparaît à Fatima à la fin d'octobre. Chez les Santos, toute la famille est plus ou moins atteinte, excepté Lucie. Chez les Marto, François est touché le premier et bientôt, la grippe dégénère chez lui en broncho-pneumonie. Manuel, le père, reste un moment le seul valide à la maison.
Mais c'est François le plus malade. Pourtant, on le voit joyeux : il sait que pour lui, c'est la promesse de Notre-Dame «de le prendre au Paradis» qui commence à se réaliser. Gentil avec tous, il accepte tout, même les médicaments les plus amers, sans grimace. Il y a seulement quelques jours que Francisco est alité lorsque Jacinthe est atteinte à son tour, mais moins gravement. Elle s'assied souvent auprès du lit de son frère. La force du mal était telle pour François qu’il ne pouvait même plus se remuer. Ils sentaient bien que cette maladie devait les conduire au Ciel.
Ce fut alors que la Vierge leur apparut, pour leur dire qu’elle viendrait, sans tarder, chercher François, et que bientôt, aussi, elle viendrait chercher Jacinthe.
«Ecoute, Lucie, lui dit Jacinthe tout émue, Notre Dame est venue nous voir, et elle a dit qu’elle viendrait, dans très peu de temps, chercher François pour l’emmener au Ciel. A moi, elle m’a demandé si je voulais encore convertir davantage de pécheurs. Je lui ai dit que oui. Notre Dame veut que j’aille dans deux hôpitaux ; mais pas pour guérir. Ce sera pour souffrir davantage, pour l’amour de Dieu, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des offenses commises contre le Cœur Immaculé de Marie. Elle m’a dit que tu n’y viendrais pas ; que ma mère m’y conduirait, et qu’ensuite je resterais-là toute seule.»
Depuis ce moment, Jacinthe et François, redoublèrent leurs élans d’amour et leurs aspirations vers le Ciel. Tranquillement, joyeusement, ils attendaient maintenant la mort, qui serait pour eux le Ciel, Jésus, une félicité sans fin...
Dans le court espace de temps où François se sentit mieux, il se rendit à la Cova da Iria, d’un pas mal assuré, afin de revoir, encore une fois, le lieu béni ou il avait vu la belle Dame.
La maladie allait bientôt avoir raison de son organisme épuisé. Le dernier jour avant son départ pour le Ciel, Lucie ne quitta pas un instant la chambre de son cousin. «Comme il ne pouvait plus prier, écrit-elle, il nous demanda de réciter pour lui le chapelet.»
- Je vais partir pour le Ciel, mais là je prierai beaucoup Notre Seigneur et Notre Dame, pour qu’ils vous emmènent là aussi bien vite.
- Dis bien mon bon souvenir à Notre Seigneur et à Notre Dame, lui disait Jacinthe, et dis-leur que je souffrirai tout ce qu’ils voudront pour convertir les pécheurs et réparer les péchés contre le Cœur Immaculé de Marie !
Lucie, elle, se taisait. Elle savait bien qu’elle devrait encore rester longtemps dans ce lieu d’exil, avant d’aller retrouver ses cousins dans la Patrie céleste.
Quand la nuit fut tout à fait tombée, François appela sa mère, qui le contemplait, muette de douleur, et lui dit : «Oh, Maman, voyez !... Quelle belle lumière, là, près de la porte !»
Le jour suivant, 4 Avril, tout indiquait que la fin était proche. Vers 10 heures, le visage de François s’illumina d’une manière surprenante. Un sourire angélique entrouvrit ses lèvres, qui laissèrent échapper son dernier soupir. Doucement, sans agonie, sans aucun indice de souffrance, il s’est éteint dans la paix de Notre Dame.
Plus tard, au couvent de Tuy, en Espagne, sœur Lucie se laissa un jour envahir par une pensée qui lui donna du regret : «Quel bon prêtre aurait fait mon cousin François, s’il avait vécu !» Mais, finissant par se raisonner, non, Notre Dame ne l’avait pas voulu ! Elle avait réservé au petit berger une autre mission, un autre sacerdoce, celui qu’il continue à remplir au Ciel, pour le bien des âmes qui l’invoquent avec confiance.

Jacinthe à son tour
La mort de François causa une profonde impression à Lucie, et plus encore à Jacinthe. Celle-ci, assise sur son lit, le front brûlé de fièvre, passait des heures plongée dans ses réflexions. Quand sa mère ou sa cousine lui demandaient :
- A quoi penses-tu, Jacinthe ?
- Je pense à François, répondait-elle... Comme je désirerais le revoir !
Mais ce n’était pas seulement le souvenir de François, qui l’attristait. Jacinthe pensait aussi à la guerre qui allait venir. «Il va mourir tant de monde, et il y en a tant qui vont en Enfer ! Il y aura tant de maisons détruites, et tant de prêtres morts ! Ecoute, moi je vais au Ciel ; mais toi, quand tu verras, la nuit, cette lumière que Notre Dame nous a dit devoir venir auparavant, sauve-toi aussi là-haut !»
- Tu ne vois pas, répondait Lucie, qu’on ne peut s’enfuir ainsi au Ciel
- C’est vrai, reprenait la petite. Mais n’aie pas peur ! Moi, au Ciel, je prierai beaucoup pour toi, pour le Saint Père, pour le Portugal, pour que la guerre n’arrive pas jusqu’ici et pour tous les prêtres.
La petite malade souffrait beaucoup. A part quelques jours où elle se trouva un peu mieux, Jacinthe ne quitta guère son lit, depuis les derniers jours d’Octobre de l’année 1918. Après la broncho-pneumonie, se déclara une pleurésie purulente, qui lui causait de grandes souffrances. Elle les supportait, cependant, avec une résignation, une joie même, qui surprenait. Quand sa mère s’attristait de la voir tant souffrir, elle lui disait : «Ne vous tourmentez pas, Maman ! Je vais au Ciel, et là je prierai beaucoup pour vous... Ne pleurez pas, je me sens bien !» Toutefois, elle confiait à Lucie : «Je ne veux pas que tu dises à personne que je souffre, même à ma mère, parce que je ne veux pas qu’elle s’afflige.» Bonne petite âme ! Malgré ses souffrances, elle sait s’oublier elle-même, pour penser seulement aux souffrances des autres.
Le médecin traitant, voyant la gravité du cas, et la difficulté de la soigner chez elle, conseilla aux parents de l’envoyer à l’hôpital de Vila Nova de Ourem. Jacinthe savait que le traitement de l’hôpital ne lui rendrait pas la santé, mais servirait seulement à augmenter ses souffrances. Ce fut cependant avec joie qu’elle accepta d’aller à la ville. Elle aurait beaucoup à souffrir là-bas ; elle pourrait donc convertir beaucoup de pécheurs, et consoler le Cœur de sa «Maman du Ciel.» Quel bonheur !
«Tu iras à deux hôpitaux, lui avait dit Notre Dame. Mais ce ne sera pas pour guérir. Ce sera pour souffrir davantage, pour l’amour de Dieu, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des offenses commises contre mon Cœur Immaculé».
Elle était heureuse d’aller à l’hôpital, pour montrer son amour à Marie en y souffrant plus qu’à la maison, mais il y avait une pensée, cependant, qui torturait son petit cœur aimant. A l’hôpital, Lucie ne serait pas là. Comment pourrait-elle se passer d’elle ?
«Ta mère te conduira à l’hôpital, lui avait encore dit la Vierge, et tu resteras là toute seule !» Souffrir beaucoup... Oui ! elle le voulait bien. Mais souffrir sans Lucie !...
N.Seigneur, au Jardin des Oliviers, avait senti la même peine de souffrir seul. Par trois fois, il avait interrompu sa prière, pour demander à ses apôtres de veiller avec lui : «Veillez et priez avec moi !... Vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi ?»
Comment s’étonner donc de rencontrer le même sentiment dans l’âme si affectueuse de la petite Jacinthe ?
«Au moins si tu venais avec moi ! disait-elle à sa cousine. Ce qui me coûte le plus, c’est d’aller là-bas sans toi !... L’hôpital est peut être une maison obscure, où on ne voit rien; et je vais être là à souffrir toute seule !»
Il le fallait, cependant. Dans les premiers jours de Juillet, Mr. Marto, prenant dans ses bras le corps amaigri de la fillette, I’installait le mieux possible sur le dos de son ânesse, et conduisait Jacinthe à Vila Nova de Ourem. On y soumit la petite malade à un traitement rigoureux, mais qui ne donna aucun résultat. Pour Jacinthe, les deux mois passés à l’hôpital furent un martyre continu, sauf les deux jours où Lucie vint lui rendre visite. Quand elle la vit près d’elle, Jacinthe l’embrassa tendrement, et demanda à sa mère de la laisser seule avec elle.
«Je la trouvais, écrit Sœur Lucie, avec la même joie de souffrir pour l’amour de Dieu, pour l’amour du Cœur Immaculé de Marie, pour les pécheurs et pour le Saint Père. C’était là tout son idéal ; c’était là tout le sujet de sa conversation.»
Bernadette, I’humble bergère de Lourdes, a entendu l’lmmaculée, qui a daigné lui apparaître sur le rocher de Massabielle, lui promettre qu’elle la rendrait heureuse, non en ce monde, mais dans l’autre. La Vierge aurait-elle fait une promesse identique à la petite Jacinthe, à qui elle a communiqué un secret que la voyante ne peut révéler à personne ? Il est sûr que les souffrances de Jacinthe ont rendu plus éclatante sa couronne de gloire dans le Ciel.
Le bacille de Koch rongeait le petit corps de Jacinthe, et la faisait souffrir toujours davantage. Cependant sa faim de sacrifices ne diminuait pas pour autant. Elle continuait à pousser à l’extrême ses efforts pour se mortifier. Elle ne réduisait ses exercices ascétiques que lorsqu’elle ne pouvait absolument plus les poursuivre.
«Quand je suis seule, confiait-elle à Lucie, je descends de mon lit pour réciter les prières de l’Ange. Mais, maintenant, je ne suis plus capable de me prosterner, la tête sur le sol, parce que je tombe. Je prie seulement à genoux».
De retour à la maison, Jacinthe allait un peu mieux. Avec les jours pluvieux de l’automne, ses parents ne lui permirent plus d’aller à la Cova da Iria, distante d’Aljustrel de près de deux kilomètres. Mais ils ne l’empêchaient pas, cependant, d’aller à la Messe à l’église de Fatima, distante d’un kilomètre, le dimanche et même parfois en semaine.
- N’y va pas, Jacin-the ! lui disait Lucie. Tu ne peux plus. Ce n’est pas Dimanche aujourd’hui.
- Qu’importe ! répondait la petite, attirée invinciblement par «Jésus caché», je vais y aller pour les pécheurs qui n’y vont même pas le Dimanche». Revenant de I’église épuisée, elle allait s’asseoir sur son lit. Lorsqu’arriva l’hiver, elle ne pouvait plus sortir de la maison. Lucie, alors, allait passer de longues heures auprès d’elle. Pour Lucie, Jacinthe n’avait pas de secrets. Elles parlaient ensemble de leurs mortifications, de leurs sacrifices, qui leur semblaient peu de chose pour consoler les Cœurs de Jésus et de Marie. «Ecoute, tu sais, disait Jacinthe, Notre Seigneur est triste, parce que Notre Dame nous a dit de ne plus l’offenser davantage, qu’il était déjà trop offensé, mais on n’en fait aucun cas ; on continue à faire les mêmes péchés.» Elle lui énumérait alors toutes les occasions dont elle avait profité, le jour et la nuit précédente, pour réparer tant d’outrages faits à Dieu : «J’avais très soif et je n’ai pas voulu boire. Je l’ai offert à Jésus pour les pécheurs. Cette nuit, je souffrais beaucoup, et j’ai voulu offrir à Notre Seigneur le sacrifice de ne pas me retourner dans mon lit. Aussi je n’ai pas dormi du tout... Et toi, Lucie, as-tu fait aujourd’hui quelque sacrifice ?» Quelquefois, cependant, la nature regimbait, sans qu’elle le voulût.
Sa volonté, ou mieux son amour du Cœur Immaculé de Marie et des pécheurs, triomphait toujours. Je prends tout par amour de Notre Seigneur et du Cœur Immaculé de Marie, notre «Maman du Ciel.» Quand sa mère lui apporte, avec une tasse de lait, une belle grappe de raisin, et lui laisse le choix, elle prendra de préférence le lait. «Non Maman, je ne prendrai pas les raisins ; vous pouvez les emporter. Donnez-moi plutôt le lait ; je vais le prendre.» Et lorsque sa mère s’est retirée, elle dit à Lucie : «J’avais tellement envie de ces raisins, et cela m’a tant coûté de prendre le lait ! Mais j’ai voulu offrir ce sacrifice à Notre Seigneur».
Lucie ne communiait pas tous les jours, mais assez fréquemment. Lorsqu’elle revenait de l’église, elle ne manquait jamais de faire une visite à la petite malade, qui lui demandait gentiment : «Oh, Lucie, as-tu communié aujourd’hui ? Alors, approche-toi bien près de moi, parce que tu as dans ton cœur «Jésus caché»... Je ne sais pas comment cela se fait, je sens Notre Seigneur au dedans de moi. Je comprends ce qu’il me dit, sans le voir ni l’entendre; mais c’est si bon d’être avec Lui !» Lucie tirait de son livre de Messe une image représentant un calice et une hostie, que Jacinthe baisait passionnément. «C’est «Jésus caché !» disait-elle. Je l’aime tant !... Ah, si je pouvais le recevoir à l’église ! Si l’Ange était venu à l’hôpital m’apporter la Communion, comme j’aurais été contente !»
Une autre fois, Lucie lui présenta une image du Sacré Cœur de Jésus. Bien que Jacinthe n’eût pas trouvé que l’image ressemblât beaucoup à Notre Seigneur, «qui est si beau», disait-elle, elle la gardait toujours auprès d’elle, la mettait la nuit sous son oreiller, et la baisait souvent. «Je baise son Cœur, disait-elle; c’est ce que j’aime le plus. Qui me donnera aussi un Cœur de Marie ?... Tu n’en as pas ? J’aimerais avoir les deux ensemble.»
Le Cœur Immaculé de Marie ! C’était la passion de Jacinthe ! «Il ne s’en faut plus beaucoup pour que j’aille au Ciel, confiait elle à Lucie. Toi, tu resteras ici pour dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie... Quand tu auras à le dire, ne te cache pas !... Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; qu’il faut les lui demander à Elle ; que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère, à côté de lui, le Cœur Immaculé de Marie. Que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, parce que Dieu la lui a confiée à Elle ! Ah! si je pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu que j’ai là dans la poitrine, qui me brûle, et me fait tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie !»
Ce n’était pas tant l’ardeur de la fièvre, qui consumait Jacinthe ; c’était, plus encore, le feu de l’Amour divin, la soif de réparation...
Vers la fin Décembre, la Vierge apparut de nouveau à Jacinthe, pour l’avertir qu’elle viendrait bientôt la chercher pour l’emmener au Ciel, mais non pas chez elle. Ce serait dans un hôpital de Lisbonne. Lisbonne !... si loin !
Dès qu’elle se trouva avec Lucie, elle lui annonça : «Notre Dame m’a dit que j’irais à Lisbonne, dans un autre hôpital ; que je ne te reverrais plus, ni mes parents ; qu’après avoir beaucoup souffert, je mourrais seule ; mais que je n’aie pas peur, car elle viendrait me chercher pour aller au Ciel». Elle embrassait Lucie en pleurant : «Je ne te verrai jamais plus !... Tu ne viendras pas me voir là-bas. Ecoute, prie beaucoup pour moi qui vais mourir seule !» La pensée de mourir seule torturait son cœur. Un jour, Lucie la trouva, tenant une image de Notre Dame, qu’elle embrassait en disant : «O ma Maman du Ciel, alors il me faut mourir toute seule ?» C’était là une épreuve bien amère que lui imposait la Vierge, et elle la suppliait presque d’écarter ce calice. Jésus lui-même, avant sa Passion, disait : «Père, s’il est possible, que se calice s’éloigne de moi !»
Lucie cherchait cependant à l’encourager :
- Que t’importe de mourir seule, si Notre Dame vient te chercher ?
- C’est vrai, répondait-elle, ça ne fait rien ! Je sais que Notre Dame viendra me chercher !
- Courage, donc Jacinthe ! A toi, il ne t’en faut plus guère pour aller au Ciel... Mais à moi !...
Jacinthe, à son tour, tout enthousiasmée maintenant par la pensée du Ciel, cherchait à la réconforter : «Pauvre Lucie ! Ne pleure pas !... Je prierai beaucoup, beaucoup, pour toi là-bas ! Tu va rester... Mais c’est Notre Dame qui le veut !»
Reprenant courage, Lucie demandait :
- Oh, Jacinthe !... Et que vas-tu faire au Ciel ?
- Je vais aimer beaucoup Jésus, le Cœur Immaculé de Marie, prier pour toi, pour les pécheurs, pour le Saint Père, pour mes frères et sœurs, et pour toutes les personnes qui m’ont demandé de prier pour elles...
Jacinthe prononçait des paroles qui ne peuvent s’expliquer sans une sagesse infuse. Une enfant de dix ans, sans aucune instruction, n’ayant que des connaissances religieuses rudimentaires, ne pouvait certainement inventer des sentences comme celles-ci :
- Les péchés qui conduisent le plus d’âmes en enfer, ce sont les péchés de la chair.
- Maman, il ne faut jamais manger de la viande le vendredi, ni nous en donner à nous autres... - J’ai tant de peine pour Notre Dame !
- Il viendra des modes qui offenseront beaucoup Notre Seigneur.
- Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre la mode. L’Eglise n’a pas de modes. Notre Seigneur est toujours le même.
- Si les hommes savaient ce qu’est l’éternité, ils feraient tout pour changer de vie.
- Les hommes se perdent, parce qu’ils ne pensent pas à la mort de Notre Seigneur, et ne font pas pénitence.
- Beaucoup de mariages ne sont pas bons ; ils ne plaisent pas à Notre Seigneur, et ne sont pas de Dieu.
- Les guerres ne sont que le châtiment des péchés du monde.
- Notre Dame ne peut plus retenir le bras de son Fils bien-aimé sur le monde.
- Il faut faire pénitence. Si les gens se corrigent, Notre Seigneur viendra encore secourir le monde; mais s’ils ne se corrigent pas, le châtiment viendra.
- Priez beaucoup pour les pécheurs ! Priez beaucoup pour les prêtres ! Priez beaucoup pour les religieux ! La Mère de Dieu voudrait qu’il y ait plus de vierges qui s’attachent à elle par le vœu de chasteté.
- Les prêtres devraient s’occuper seulement des choses de l’Eglise.
- Les prêtres doivent être purs, très purs.
- - La désobéissance des prêtres et des religieux à leurs supérieurs et au Saint-Père offense beaucoup Notre Seigneur.
- Priez beaucoup pour les gouvernements !
- Malheur à ceux qui persécutent la religion de Notre Seigneur !
- Si le gouvernement laissait en paix l’Eglise, et s’il donnait la liberté à la sainte religion, il serait béni de Dieu.
- N’allez pas au milieu du luxe ! Fuyez les richesses ! - Ayez beaucoup de charité, même avec ceux qui sont mauvais.
- Soyez amie de la pauvreté et du silence.
- Ne dites du mal de personne, et fuyez ceux qui en disent.
- Ayez beaucoup de patience, parce que la patience nous conduit au Ciel.
- La confession est un sacrement de miséricorde. Aussi faut-il s’approcher du confessionnal avec confiance et joie. Sans confession il n’y a pas de salut.
- J’aimerais bien, moi, aller au couvent ; mais j’aime encore mieux aller au Ciel.
- Etre pur de corps, c’est garder la chasteté; être pur d’âme, c’est ne pas faire de péchés : ne pas regarder ce qu’il ne faut pas voir, ne pas voler, ne jamais mentir, dire toujours la vérité, même si cela coûte.
- Ceux qui n’accomplissent pas les promesses faites à Notre-Dame ne seront jamais heureux dans leur vie.
- Si les médecins n’ont pas de lumière pour la guérison des malades, c’est parce qu’ils n’ont pas d’amour de Dieu.
- C’est Notre-Dame qui m’a appris toutes ces choses par le fond de mon cœur...
La Très Sainte Vierge ne se contentait pas d’inspirer à Jacinthe ces profondes pensées. Quelquefois elle lui découvrait l’avenir, (comme la guerre civile qui menaçait le Portugal).
- Notre Seigneur aimerait beaucoup que mes sœurs se fassent religieuses, mais maman ne veut pas. Pour cela, Notre Dame ne tardera pas à les emmener au Ciel. C’est ce qui arriva ! Peu de temps après la mort de Jacinthe, ses deux sœurs, Florinda et Teresa, moururent, I’une à 17 ans, I’autre à 16 ans.
Dans une autre occasion, un des deux médecins qui la soignaient lui demanda de prier pour lui lorsqu’elle serait au Ciel. La petite lui répondit qu’elle le ferait ; mais, aussitôt après, le fixant de son regard qui paraissait découvrir l’avenir, elle ajouta : «Ecoutez, vous irez bientôt là-haut, vous aussi; cela ne tardera pas !»
Une scène analogue eut lieu avec un autre médecin, à qui elle prédit aussi sa mort prochaine et celle de sa fille.
Au sujet d’un prêtre, dont elle avait entendu un beau sermon, et qui était, jusqu’alors, considéré comme un homme exemplaire, la petite exprimait avec décision un jugement défavorable : «Quand on y pensera le moins, vous verrez comme ce prêtre est mauvais !» Jacinthe avait raison. Peu après, le malheureux abandonna complètement ses devoirs de prêtre, et se mit à vivre d’une manière ouvertement scandaleuse.
A propos de l’opération qu’on voulait lui faire, et qui eut lieu en effet, Jacinthe faisait remarquer : «Tout cela est inutile. Notre Dame est venue me dire que j’allais mourir bientôt.» La Vierge lui est apparue, et lui a fait savoir le jour et l’heure de sa mort.
A son admission à l’Hôpital de Dona Estefânia le 2 Février 1920, les médecins et les infirmières, voyant son état, blâmèrent sévèrement Mère Godinho, qui avait accepté d’accueillir avec charité, dans son orphelinat N D des Miracles, la pauvre petite bergère d’Aljustrel, enfant tuberculeuse, qui pouvait être un danger pour les autres. Le milieu où se trouvait maintenant Jacinthe était si froid, si désolant !... Jacinthe se sentit abandonnée... Ici, il n’y avait plus personne avec qui elle pouvait parler librement de ses «choses à elle».
Ce qui la faisait souffrir davantage, cependant, c’était de voir des infirmières ou des personnes qui venaient voir les malades, traverser la salle vêtues d’une manière peu modeste. «Pourquoi donc tout cela ? disait-elle, en désignant certaines parures et certains décolletés. Si l’on savait ce que c’est que l’éternité !...» Et parlant de certains médecins, qu’elle considérait comme des incroyants, elle les plaignait en disant : «Les malheureux! Ils ne savent pas ce qui les attend !»
Le 10 Février, Jacinthe fut opérée. Elle eut beaucoup à souffrir, car on ne pouvait la chloroformer, à cause de son extrême faiblesse, et on dut se contenter d’une anesthésie locale, très imparfaite à cette époque. Toutefois, elle souffrit encore davantage l’humiliation de se voir entièrement dévêtue.
Le résultat de l’opération parut d’abord encourageant. On lui avait retiré deux côtes du côté gauche ; la plaie était large comme la main. Personne ne l’entendait se plaindre. Elle disait à Jésus, dans son héroïsme tranquille : «Maintenant vous pouvez convertir beaucoup de pécheurs, parce que je souffre beaucoup !»
La Vierge n’oubliait pas la petite martyre. Elle vint encore plus d’une fois auprès de son lit de souffrance. Quatre jours avant de venir la chercher pour l’emmener au Ciel, Notre Dame fit cesser toutes ses douleurs.
«En vérité, a dit le Dr. Lisboa, à la suite de cette apparition en pleine salle d’hôpital, toutes ses souffrances disparurent.» Peu avant sa mort, quelqu’un lui demanda si elle désirerait voir sa mère. «Ma famille, répondit la petite, durera peu de temps, et bientôt nous nous retrouverons tous au Ciel...»

La mort de Jacinthe
Enfin arriva le 20 Février, jour ou Notre Dame devait venir chercher sa petite voyante, Jacinthe dit qu’elle se sentait mal, et qu’elle désirait recevoir les derniers sacrements. On appela le Curé de la paroisse des Anges, qui l’entendit en confession vers 8h du soir. Jacinthe a insisté pour qu’on lui apportât le Viatique. Mais le prêtre, la voyant bien, ne voulut pas le faire, et lui promit seulement de lui apporter Notre Seigneur le jour suivant. De nouveau, la petite insista pour recevoir la Communion, disant qu’elle allait bientôt mourir. De fait, vers 10h30 du soir, elle s’éteignait tranquillement, mais sans avoir pu communier.»
A la nouvelle de sa mort, spontanément, il se fit parmi les habitants de Lisbonne, dévots à Fatima, une souscription pour lui faire une sépulture honorable dans un cimetière de la capitale.
Ce fut un défilé incessant de fidèles venant visiter le petit cercueil. Il fallut même le laisser ouvert, car chacun voulait voir la petite Jacinthe, lui faire toucher des objets de piété...
Le préposé des Pompes Funèbres fut étonné de n'avoir jamais à intervenir. Il écrivit plus tard ses impressions : «Couchée dans son petit cercueil, I'enfant paraissait vivante. Avec ses lèvres et ses joues roses, elle était très belle. Quand les gens arrivaient devant la bière, c'était un enthousiasme, une admiration, un délire. J'ai vu beaucoup de morts ; mais il se passa là quelque chose que je n'ai jamais constaté ailleurs. Le corps exhalait un parfum suave ; cela ne peut s'expliquer naturellement. La petite était morte depuis trois jours et demi, et son parfum était comme celui d'un bouquet composé des fleurs les plus variées. »
François et Jacinthe...
Quinze ans plus tard, le 12 septembre 1935, on ouvrit le cercueil. Tous les assistants furent surpris de voir que le visage de Jacinthe était parfaitement conservé. Ce fait est d'autant plus étonnant que son corps avait été couvert de chaux. Ses restes furent transportés au cimetière de Fatima, et, ensuite, le 1er Mai 1951, dans la basilique ou un 2e caveau vient d’être placé à côté d’elle dans l’attente de sœur Lucie, sa cousine tant aimée. François a été transféré dans la basilique en avril 1952.

Conception graphique : © C.MEDIA - 2002