PRÉSENTATION

HISTORIQUE DE FATIMA
LA PAIX DU MONDE PAR FATIMA
DÉVOTION
LE 3EME SECRET RÉVÉLÉ !
LES LIVRES SUR FATIMA
DATES DES PÈLERINAGES

Notre Dame de Fatima


PRESENTATION DU MESSAGE
1ER ET 2EME SECRET
3EME SECRET
LETTRE DU PAPE
A SR LUCIE
RENCONTRE DE MGR BERTONE AVEC SR LUCIE
COMMENTAIRE DU CAL RATZINGER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRESENTATION DU MESSAGE
Ce matin, a été présenté près la Salle de Presse du Saint-Siège, le Document intitulé "Le message de Fatima", élaboré par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il porte les signatures du Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et de Mgr Tarcisio Bertone, SDB, Secrétaire. Ce texte d'une quarantaine de pages est publié en allemand, anglais, espagnol, français, italien, polonais et portugais. Il contient une présentation de Mgr Bertone, la première et la seconde partie du "Secret de Fatima", le texte original de Sœur Lucia selon le "troisième mémoire" du 31 août 1941 qui était destiné à l'Evêque de Leira-Fatima, avec sa traduction, la photographie du manuscrit original de la troisième partie du Secret, et sa traduction, la lettre de Jean-Paul II à Sœur Lucia (du 19 avril 2000) et sa traduction, une synthèse des entretiens de Mgr Bertone et de Mgr Serafim de Sousa Ferreira e Silva (de Leira-Fatima) avec Sœur Lucia (27 avril dernier au Carmel Ste Thérèse de Coimbre, Portugal), les paroles du Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'Etat, à la conclusion de la Béatification de Jacinta et Francisco le 13 mai dernier, et un commentaire théologique du Cardinal Ratzinger, Lors de cette conférence de presse, Mgr Bertone a dit que "Fatima est sans nul doute la plus prophétique des apparitions modernes... Personne en 1917 ne pouvait imaginer tout cela. Les trois petits bergers virent, entendirent, gardèrent tout en mémoire, et Lucie, le témoin survivant, le mit par écrit à partir du moment où elle en a reçu l'ordre par l'Evêque (de Leira) et la permission de Notre-Dame". "La troisième partie du 'Secret' -a-t-il encore dit- fut écrite...le 3 janvier 1944. Il existe un seul manuscrit, qui est ici reproduit photographiquement. L'enveloppe scellée fut gardée d'abord par l'Evêque de Leira. Pour mieux conserver le 'Secret', l'enveloppe fut remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes du Saint-Office. Sœur Lucia en fut avertie par l'Evêque de Leira". Puis le Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a signalé que, "selon certaines notes d'archives, en accord avec le Cardinal Alfredo Ottaviani, le 17 août 1959, le Commissaire du Saint-Office, le P. Pierre-Paul Philippe, OP, porta à Jean XXIII l'enveloppe contenant la troisième partie du 'Secret de Fatima'. Sa Sainteté, 'après certaines hésitations', dit: 'Attendons, je prierai. Je vous ferai savoir ce que j'ai décidé'. Le Pape décida de renvoyer l'enveloppe scellée au Saint-Office et de ne pas révéler la troisième partie du 'Secret'. Paul VI lut le contenu avec le Substitut, Mgr Angelo Dell'Acqua, le 27 mars 1965, puis renvoya l'enveloppe aux Archives secrètes du Saint-Office, décidant de ne pas publier le texte.

Pour sa part, Jean-Paul II a demandé l'enveloppe ...après l'attentat du 13 mai 1981", qui fut remise à Mgr Martinez Somalo, Substitut de la Secrétairerie d'Etat, le 18 juillet suivant. Le 11 août 1981, l'enveloppe a été renvoyée aux Archives de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. "Comme on le sait, Jean-Paul II pensa aussitôt à la consécration du monde au Cœur-Immaculé de Marie et composa lui-même une prière pour ce qu'il définit 'un acte de consécration' à célébrer en la Basilique Ste Marie-Majeure, le 7 juin 1981". "Mais, le Saint-Père, pour répondre plus complètement aux demandes de 'Notre- Dame', voulut expliciter au Cours de l'Année Sainte de la Rédemption (1984) l'acte de consécration du 7 juin 81, répétée à Fatima le 13 mai 1982". "Sœur Lucia -a poursuivi Mgr Bertone- confirma personnellement que cet acte solennel et universel de consécration correspondait à ce que voulait Notre-Dame... C'est pourquoi, toute discussion, toute nouvelle pétition est sans fondement". Sœur Lucia avait déjà évoqué l'interprétation de la troisième partie du "Secret" dans une lettre au Pape, datée du 12 mai 1982, et également publiée dans le Document. Enfin, Mgr Bertone a précisé que la "décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du 'Secret' de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, mais pénétrée de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l'Eglise".

TRADUCTION INTEGRALE DU TEXTE ORIGINAL
LE "SECRET" DE FATIMA
PREMIERE ET DEUXIEME PARTIES DU "SECRET" DANS LA RÉDACTION QU'EN A FAITE SOEUR LUCIE DANS LE "TROISIÉME MÉMOIRE" DU 31 AOUT 1941 DESTINÉ A L'ÉVÈQUE DE LEIRIA-FATIMA (traduction)

"Je devrai, pour cela, parler un peu du secret et répondre à la première question. En quoi consiste le secret ? Il me semble que je peux le dire puisque le Ciel m'en a déjà donné la permission. Les représentants de Dieu sur la terre m'ont eux aussi autorisée à le faire, à plusieurs reprises, par lettres. Je crois que Votre Excellence a conservé l'une d'elles, celle du Père José Bernardo Gonçalves, dans laquelle il m'ordonne d'écrire au Saint-Père. Un des points qu'il m'indique est la révélation du secret. J'en ai déjà dit quelque chose, mais pour ne pas trop allonger cet écrit, qui devait être bref, je me suis limitée à l'indispensable, laissant à Dieu l'occasion d'un moment plus favorable. J'ai déjà exposé, dans le deuxième écrit, le doute qui m'avait tourmentée du 13 juin au 13 juillet, et qui disparut lors de cette dernière apparition. Bien. Le secret comporte trois choses distinctes, et je vais en dévoiler deux :
La première fut la vision de l'Enfer. Notre-Dame nous montra une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s'ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes, qui sortaient d'eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils retombaient de tous côtés, comme les étincelles retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d'animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs. Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d'épouvante et de peur.
Ensuite nous levâmes les yeux vers Notre-Dame, qui nous dit avec bonté et tristesse :
- Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes seront sauvées et on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l'Eglise et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites. A la fin, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix.

Voici la traduction intégrale du texte original portugais de la troisième partie du "Secret de Fatima", révélé le 13 mai 1917 aux trois petits bergers, à la Cueva de Iria-Fatima, et transcrit par Sœur Lucia le 3 janvier 1944 :
"J'écris en obéissance à vous, mon Dieu, qui me le commandez par l'intermédiaire de Mgr l'Evêque de Leira et de votre Très Sainte Mère, qui est la mienne". "Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche. Elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde, mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame, en direction de lui. L'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte : Pénitence! Pénitence!, Pénitence!
Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu 'quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnages dans un miroir quand elles passent devant' un Evêque vêtu de blanc. 'Nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père'.
(Nous avons vu) divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce.
Avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin. Parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches. De la même manière moururent les uns après les autres les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, et divers laïcs, hommes et femmes de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs, et avec lequel ils irrigaient les âmes qui s'approchaient de Dieu".

INTERPRETATION DU "SECRET"
LETTRE DE JEAN-PAUL II A SOEUR LUCIE (traduction)

"Révérende Sœur Maria Lucia Couvent de Coimbra Dans la joie des fêtes pascales, je vous adresse le souhait de Jésus ressuscité à ses disciples : "La paix soit avec vous!". Je serai heureux de pouvoir vous rencontrer au cours du jour attendu de la béatification de Francisco et Jacinta que, si Dieu le veut, je proclamerai le 13 mai prochain. Comme il n'y aura cependant pas de temps pour une rencontre mais seulement pour une brève salutation, j'ai expressément chargé Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de venir s'entretenir avec vous. C'est la Congrégation qui collabore le plus étroitement avec le Pape pour la défense de la vraie foi catholique et qui a conservé, comme vous le savez, depuis 1957, votre lettre manuscrite contenant la troisième partie du secret révélé le 13 juillet 1917 dans la Cova de Iria, à Fatima. Monseigneur Bertone, accompagné de l'évêque de Leiria, Monseigneur Serafim de Sousa Ferreira e Silva, vient en mon nom pour vous poser quelques questions sur l'interprétation de la "troisième partie du secret" Révérende Sœur Maria Lœcia, parlez très ouvertement et sincèrement à Monseigneur Bertone, qui me transmettra directement vos réponses. Je prie ardemment la Mère du Ressuscité pour vous, pour la communauté de Coimbra et pour toute l'Eglise. Que Marie, Mère de l'humanité en pèlerinage, nous tienne toujours proches de Jésus, son Fils bien-aimé et notre Frère, Seigneur de la vie et de la gloire. Avec une particulière Bénédiction apostolique.
JEAN-PAUL II. Du Vatican, le 19 avril 2000.

RENCONTRE AVEC SŒUR MARIA LUCIA DE JESUS E DO CORA‚ÌO IMACULADO
Le rendez-vous de Sœur Lucie avec Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, envoyé du Saint-Père, et de Monseigneur Serafim de Sousa Ferreira e Silva, Evêque de Leiria-Fatima, a eu lieu le jeudi 27 avril dernier, dans le Carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra. Sœur Lucie était lucide et sereine ; elle était très contente de la venue du Saint-Père à Fatima, pour la béatification de Francisco et Jacinta, qu'elle attendait depuis longtemps. L'évêque de Leiria-Fatima lut la lettre autographe du Saint-Père qui expliquait les motifs de la visite. Sœur Lucie s'est sentie honorée et elle la relut personnellement, la contemplant dans ses mains. Elle s'est dite disposée à répondre franchement à toutes les questions. Monseigneur Tarcisio Bertone lui présente alors les deux enveloppes : l'enveloppe extérieure et celle qui contient la lettre avec la troisième partie du "secret" de Fatima, et elle affirme aussitôt, la touchant avec ses doigts: "C'est mon papier", et puis en la lisant: "C'est mon écriture" . Avec l'aide de l'évêque de Leiria-Fatima, le texte original, qui est en portugais, est lu et interprété. Sœur Lucie partage l'interprétation selon laquelle la troisième partie du "secret" consiste en une vision prophétique, comparable à celles de l'histoire sainte. Elle réaffirme sa conviction que la vision de Fatima concerne avant tout la lutte du communisme athée contre l'Eglise et les chrétiens, et elle décrit l'immense souffrance des victimes de la foi du vingtième siècle. A la question: "le personnage principal de la vision est-il le Pape?", Sœur Lucie répond immédiatement par l'affirmative et elle rappelle que les trois petits bergers étaient très tristes des souffrances du Pape, et que Jacinta répétait : "Coitadinho do Santo Padre, tenho muita pena dos pecadores!" ("Pauvre Saint-Père, il a beaucoup de peine pour les pécheurs!" ). Sœur Lucie continue : "Nous ne connaissions pas le nom du Pape, la Vierge ne nous a pas donné le nom du Pape, nous ne savions pas s'il s'agissait de Benoît XV ou de Pie XII ou de Paul VI ou de Jean-Paul II, mais c'était le Pape qui souffrait et cela nous faisait aussi souffrir". Quant au passage concernant l'évêque vêtu de blanc, à savoir le Saint-Père - comme le perçurent immédiatement les petits bergers durant la "vision" - qui est blessé à mort et qui tombe par terre, Sœur Lucie partage pleinement l'affirmation du Pape : "Ce fut une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile et le Pape agonisant s'arrêta au seuil de la mort" (Jean-Paul II, Méditation avec les évêques italiens depuis l'hôpital polyclinique Gemelli, 13 mai 1994). Alors que Sœur Lucie, avant de remettre à l'évêque de Leiria-Fatima de l'époque la lettre scellée contenant la troisième partie du "secret", avait écrit sur l'enveloppe extérieure qu'elle pouvait être ouverte seulement après 1960, soit par le Patriarche de Lisbonne soit par l'évêque de Leiria, Monseigneur Bertone lui demande: "Pourquoi l'échéance de 1960 ? Est-ce la Vierge qui avait indiqué cette date ? Sœur Lucie répond : Çà n'a pas été Notre-Dame, mais c'est moi qui ai mis la date de 1960, car, selon mon intuition, avant 1960, on n'aurait pas compris, on aurait compris seulement après. Maintenant on peut mieux comprendre. J'ai écrit ce que j'ai vu, l'interprétation ne me regarde pas, elle regarde le Pape " .

Enfin, est mentionné le manuscrit non publié que Sœur Lucie a préparé comme réponse à de nombreuses lettres de fidèles de la Vierge et de pèlerins. L'œuvre porte le titre "Os apelos da Mensagen de Fatima" et contient des pensées et des réflexions qui expriment ses sentiments et sa spiritualité simple et limpide, sous forme catéchétique et parénétique. Il lui a été demandé si elle était contente qu'elle soit publiée; elle répondit : "Si le Saint-Père est d'accord, je suis contente, autrement j'obéis à ce que décide le Saint-Père" Sœur Lucie désire soumettre le texte à l'approbation de l'Autorité ecclésiastique, et nourrit l'espoir de contribuer, par son écrit, à guider les hommes et les femmes de bonne volonté sur le chemin qui conduit à Dieu, but ultime de toute attente humaine. La rencontre se termine par un échange de chapelets : à Sœur Lucie est remis celui qui a été donné par le Saint-Père, et elle, à son tour, remet quelques chapelets qu'elle a personnellement confectionnés. La Bénédiction donnée au nom du Saint-Père conclut l'entretien.

LA PENITENCE EST LA CLEF DU "SECRET" SELON LE CARDINAL RATZINGER
Selon le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le mot-clef du "Troisième Secret de Fatima" est "le triple cri 'Pénitence! Pénitence! Pénitence!'. Il l'affirme dans le Commentaire théologique qui conclut le Document publié ce jour par le Saint-Siège. Le Cardinal a ajouté que l'autre mot-clef était "mon Cœur-Immaculé triomphera... Le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le Fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l'histoire du monde". Le Commentaire théologique du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est divisé en trois parties : révélation publique et révélations privées, son lieu théologique; la structure antropologique des révélations privées; une tentative d'interprétation du "Secret" de Fatima. "Le terme 'révélation publique' -indique le Cardinal Ratzinger- désigne l'action révélatrice de Dieu, qui est destinée à l'humanité entière et qui a trouvé son expression littéraire dans les deux parties de la Bible, l'Ancien et le Nouveau Testament. On l'appelle 'révélation' parce que, en elle, Dieu s'est fait connaître progressivement aux hommes, au point de devenir lui-même homme, pour attirer à lui et réunir à lui tout le monde, par son Fils incarné, Jésus Christ... En Christ, Dieu a tout dit, c'est-à-dire lui-même, et donc la Révélation s'est achevée avec la réalisation du Mystère du Christ, qui a trouvé son expression dans le Nouveau Testament". La "révélation privée" par contre "se réfère à toutes les visions et à toutes les révélations qui ont lieu après la conclusion du Nouveau Testament. Il s'agit donc de la catégorie à l'intérieur de laquelle nous devons placer le message de Fatima...

L'autorité des révélations privées est substantiellement différente de l'unique révélation publique. Cette dernière exige notre foi". Par contre, "la révélation privée est une aide pour la Foi, et elle se manifeste comme crédible précisément parce qu'elle renvoie à l'unique révélation publique". Citant le théologien flamand E. Dhanis, le Préfet de la Doctrine de la Foi affirme que "l'approbation ecclésiale d'une révélation privée comporte trois conditions : le message relatif ne contient rien qui s'oppose à la Foi et aux bonnes mœurs; il est licite de le rendre publique, et les fidèles sont autorisés à lui donner, de manière prudente, leur adhésion... Un tel message peut être une aide valable pour comprendre et mieux vivre l'Evangile à l'heure actuelle. C'est pourquoi il ne doit pas être obligé. Il est une aide qui est offerte, mais dont il n'est nullement obligatoire de faire usage". Le Cardinal a ensuite rappelé que "la prophétie, au sens biblique, ne signifie pas prédire l'avenir, mais expliquer la volonté de Dieu pour le présent, et donc montrer la voie droite vers l'avenir". La partie la plus importante du Commentaire théologique est consacrée à "une tentative d'interprétation du 'Secret de Fatima'". Comme le mot-clef de la première et de la seconde partie du "Secret" est "sauver les âmes", le mot- clef de ce troisième 'Secret' "est un triple cri: 'Pénitence!, Pénitence!, Pénitence!'. Il nous revient à l'esprit le début de l'Evangile : 'psenitemini et credite evangelio'. Comprendre les signes des temps signifie comprendre l'urgence de la pénitence -de la conversion - de la Foi. Telle est la réponse juste au moment historique, marqué par de graves dangers qui seront exprimés par les images ultérieures. Je me permets de rappeler ici -a ajouté le Cardinal Ratzinger - un souvenir personnel: dans un entretien privé, Sœur Lucie m'a affirmé qu'il lui apparaissait toujours plus clairement que le but de toutes les apparitions a été de faire croître toujours plus dans la Foi, dans l'Espérance et dans la Charité, tout le reste entendant seulement porter à cela". Puis le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a traité des diverses "images".

"L'ange avec l'épée de feu à la gauche de la Mère de Dieu rappelle des images analogues de l'Apocalypse. Il représente la menace du jugement, qui plane sur le monde. La perspective que le monde pourrait être englouti dans une mer de flammes n'apparaît absolument plus aujourd'hui comme une pure fantaisie : l'homme lui-même a préparé l'épée de feu avec ses inventions. La vision montre ensuite la force qui s'oppose au pouvoir de destruction, la splendeur de la Mère de Dieu et, provenant d'une certaine manière de cette splendeur, l'appel à la pénitence. De cette manière est soulignée l'importance de la liberté de l'homme : l'avenir n'est absolument pas déterminé de manière immuable, et l'image que les enfants ont vue n'est nullement un film d'anticipation de l'avenir, auquel rien ne pourrait être changé. Toute cette vision se produit en réalité seulement pour faire apparaître la liberté et pour l'orienter dans une direction positive... Son sens est de savoir mobiliser les forces pour tout changer en bien. Aussi sont-elles totalement fourvoyées les explications fatalistes du 'Secret' qui affirme par exemple que l'auteur de l'attentat du 13 mai 1981 aurait été, en définitive, un instrument du plan divin, guidé par la Providence... La vision parle plutôt de dangers et de la voie pour en être sauvegardé". Ensuite, il a traité d'autres images. "Le lieu de l'action est décrit par trois symboles: une montagne escarpée, une grande ville à moitié en ruines et finalement une grande croix en troncs grossiers. La montagne et la ville symbolisent le lieu de l'histoire humaine : l'histoire comme une montée pénible vers les hauteurs, l'histoire comme lieu de la créativité et de la convivialité humaines, mais en même temps comme lieu de destructions, par lesquelles l'homme anéantit l'œuvre de son propre travail... Sur la montagne se trouve la Croix, terme et point de référence de l'histoire. Par la Croix, la destruction est transformée en Salut. Elle se dresse comme signe de la misère de l'histoire et comme promesse pour elle". "Ici, apparaissent ensuite deux personnes humaines : l'évêque vêtu de blanc ('nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père'), d'autres évêques, des prêtres, des religieux et religieuses, et enfin des hommes et des femmes de toutes classes et toutes catégories sociales. Le Pape semble précéder les autres, tremblant et souffrant à cause de toutes les horreurs qui l'entourent. Non seulement les maisons de la ville sont à moitié écroulées, mais son chemin passe au milieu de cadavres des morts. La marche de l'Eglise est ainsi décrite comme un chemin de croix, comme un chemin dans un temps de violence, de destruction et de persécutions. On peut trouver représentée dans ces images l'histoire d'un siècle entier. De même que les lieux de la terre sont synthétiquement représentés par les deux images de la montagne et de la ville, et sont orientés vers la Croix, de même aussi les temps sont présentés de manière condensée". "Dans la vision, nous pouvons reconnaître le siècle écoulé comme le siècle des martyrs, comme le siècle des souffrances et des persécutions de l'Eglise, comme le siècle des guerres mondiales et de beaucoup de guerres locales, qui en ont rempli toute la seconde moitié et qui ont fait faire l'expérience de nouvelles formes de cruauté. Dans le 'miroir' de cette vision, nous voyons passer les témoins de la foi de décennies".

Ensuite, le Cardinal a dit que, dans le chemin de croix du XX siècle, "la figure du Pape a un rôle spécial. Dans sa pénible montée sur la montagne, nous pouvons sans aucun doute trouver rassemblés différents Papes qui, depuis Pie X jusqu'au Pape actuel, ont partagé les souffrances de ce siècle et se sont efforcés d'avancer au milieu d'elles sur la voie qui mène à la croix. Dans la vision, le Pape aussi est tué sur la voie des martyrs. Lorsque, après l'attentat du 13 mai 1981, le Pape se fit apporter le texte de la troisième partie du 'Secret', ne devait-il pas y reconnaître son propre destin? Il a été très proche des portes de la mort et il a lui-même expliqué de la manière suivante comment il a été sauvé : 'C'est une main maternelle qui guida la trajectoire de la balle et le Pape agonisant s'est arrêté au seuil de la mort' (13 mai 1994). Qu'ici une 'main maternelle' ait dévié la balle mortelle montre seulement encore une fois qu'il n'existe pas de destin immuable, que la Foi et la prière sont des puissances qui peuvent influer sur l'histoire et que, en définitive, la prière est plus forte que les projectiles, la Foi plus puissante que les divisions". La conclusion du "Secret", a continué le Cardinal, "rappelle des images que Sœur Lucie peut avoir vues dans des livres de piété et dont le contenu provient d'anciennes intuitions de Foi. C'est une vision consolante, qui veut qu'une histoire de sang et de larmes soit perméable à la puissance de guérison de Dieu. Des Anges recueillent sous les bras de la Croix le sang des martyrs et irriguent ainsi les âmes qui s'approchent de Dieu. Le sang du Christ et le sang des martyrs doivent être considérés ensemble. Le sang des martyrs jaillit des bras de la Croix. Leur martyre s'accomplit en solidarité avec la passion du Christ, il devient un tout avec elle". "La vision de la troisième partie du 'Secret', tellement angoissante à ses débuts, s'achève donc sur une image d'espérance: aucune souffrance n'est vaine, et précisément une Eglise souffrante, une Eglise des martyrs, devient un signe indicateur pour l'homme à la recherche de Dieu..., des souffrances des témoins provient une force de purification et de renouveau, parce qu'elle est une actualisation de la souffrance même du Christ, et qu'elle transmet aujourd'hui son efficacité salvatrice". Que signifie dans son ensemble (les trois parties) le "Secret" de Fatima ? s'est enfin demandé le Cardinal Ratzinger.

"Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano: 'Les situations auxquelles fait référence la troisième partie du 'Secret' de Fatima semblent désormais appartenir au passé'. Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé. Ceux qui attendaient des révélations apocalyptiques excitantes sur la fin du monde et sur le cours futur de l'histoire seront déçus. Fatima n'offre pas de telles satisfactions à notre curiosité, comme du reste en général la foi chrétienne ne veut pas et ne peut pas être une pâture pour notre curiosité. Ce qui reste, nous l'avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du 'Secret': l'exhortation à la prière comme chemin pour le 'salut des âmes' et, dans le même sens, l'appel à la pénitence et à la conversion". "Je voudrais enfin reprendre encore -a dit le Cardinal- un autre mot-clef du 'Secret', devenu célèbre à juste titre: 'Mon Cœur immaculé triomphera'. Qu'est-ce que cela signifie ? Le cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le Fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l'histoire du monde, parce qu'elle a introduit le Sauveur dans le monde, car, grâce à son 'oui', Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours. Le Malin a du pouvoir sur ce monde, nous le voyons et nous en faisons continuellement l'expérience ; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu". "Mais, depuis que Dieu lui-même a un cœur d'homme et a de ce fait tourné la liberté de l'homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n'a plus le dernier mot. Depuis lors, s'imposent les paroles : 'Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance; moi je suis vainqueur du monde' (Jean 16, 33). Le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse".

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