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PRESENTATION
DU MESSAGE
Ce matin, a été présenté
près la Salle de Presse du Saint-Siège, le Document intitulé
"Le message de Fatima", élaboré par la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi. Il porte les signatures du Cardinal Joseph
Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine
de la Foi, et de Mgr Tarcisio Bertone, SDB, Secrétaire. Ce texte
d'une quarantaine de pages est publié en allemand, anglais, espagnol,
français, italien, polonais et portugais. Il contient une présentation
de Mgr Bertone, la première et la seconde partie du "Secret
de Fatima", le texte original de Sur Lucia selon le "troisième
mémoire" du 31 août 1941 qui était destiné
à l'Evêque de Leira-Fatima, avec sa traduction, la photographie
du manuscrit original de la troisième partie du Secret, et sa
traduction, la lettre de Jean-Paul II à Sur Lucia (du 19
avril 2000) et sa traduction, une synthèse des entretiens de
Mgr Bertone et de Mgr Serafim de Sousa Ferreira e Silva (de Leira-Fatima)
avec Sur Lucia (27 avril dernier au Carmel Ste Thérèse
de Coimbre, Portugal), les paroles du Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire
d'Etat, à la conclusion de la Béatification de Jacinta
et Francisco le 13 mai dernier, et un commentaire théologique
du Cardinal Ratzinger, Lors de cette conférence de presse, Mgr
Bertone a dit que "Fatima est sans nul doute la plus prophétique
des apparitions modernes... Personne en 1917 ne pouvait imaginer tout
cela. Les trois petits bergers virent, entendirent, gardèrent
tout en mémoire, et Lucie, le témoin survivant, le mit
par écrit à partir du moment où elle en a reçu
l'ordre par l'Evêque (de Leira) et la permission de Notre-Dame".
"La troisième partie du 'Secret' -a-t-il encore dit- fut
écrite...le 3 janvier 1944. Il existe un seul manuscrit, qui
est ici reproduit photographiquement. L'enveloppe scellée fut
gardée d'abord par l'Evêque de Leira. Pour mieux conserver
le 'Secret', l'enveloppe fut remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes
du Saint-Office. Sur Lucia en fut avertie par l'Evêque de
Leira". Puis le Secrétaire de la Congrégation pour
la Doctrine de la Foi a signalé que, "selon certaines notes
d'archives, en accord avec le Cardinal Alfredo Ottaviani, le 17 août
1959, le Commissaire du Saint-Office, le P. Pierre-Paul Philippe, OP,
porta à Jean XXIII l'enveloppe contenant la troisième
partie du 'Secret de Fatima'. Sa Sainteté, 'après certaines
hésitations', dit: 'Attendons, je prierai. Je vous ferai savoir
ce que j'ai décidé'. Le Pape décida de renvoyer
l'enveloppe scellée au Saint-Office et de ne pas révéler
la troisième partie du 'Secret'. Paul VI lut le contenu avec
le Substitut, Mgr Angelo Dell'Acqua, le 27 mars 1965, puis renvoya l'enveloppe
aux Archives secrètes du Saint-Office, décidant de ne
pas publier le texte.
Pour sa
part, Jean-Paul II a demandé l'enveloppe ...après l'attentat
du 13 mai 1981", qui fut remise à Mgr Martinez Somalo, Substitut
de la Secrétairerie d'Etat, le 18 juillet suivant. Le 11 août
1981, l'enveloppe a été renvoyée aux Archives de
la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. "Comme on le
sait, Jean-Paul II pensa aussitôt à la consécration
du monde au Cur-Immaculé de Marie et composa lui-même
une prière pour ce qu'il définit 'un acte de consécration'
à célébrer en la Basilique Ste Marie-Majeure, le
7 juin 1981". "Mais, le Saint-Père, pour répondre
plus complètement aux demandes de 'Notre- Dame', voulut expliciter
au Cours de l'Année Sainte de la Rédemption (1984) l'acte
de consécration du 7 juin 81, répétée à
Fatima le 13 mai 1982". "Sur Lucia -a poursuivi Mgr
Bertone- confirma personnellement que cet acte solennel et universel
de consécration correspondait à ce que voulait Notre-Dame...
C'est pourquoi, toute discussion, toute nouvelle pétition est
sans fondement". Sur Lucia avait déjà évoqué
l'interprétation de la troisième partie du "Secret"
dans une lettre au Pape, datée du 12 mai 1982, et également
publiée dans le Document. Enfin, Mgr Bertone a précisé
que la "décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique
la troisième partie du 'Secret' de Fatima conclut une période
de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines
de puissance et d'iniquité, mais pénétrée
de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante
de la Mère de Jésus et de l'Eglise".

TRADUCTION
INTEGRALE DU TEXTE ORIGINAL
LE "SECRET" DE FATIMA
PREMIERE ET DEUXIEME PARTIES DU "SECRET" DANS LA RÉDACTION
QU'EN A FAITE SOEUR LUCIE DANS LE "TROISIÉME MÉMOIRE"
DU 31 AOUT 1941 DESTINÉ A L'ÉVÈQUE DE LEIRIA-FATIMA
(traduction)
"Je devrai, pour cela, parler un peu du secret et répondre
à la première question. En quoi consiste le secret ? Il
me semble que je peux le dire puisque le Ciel m'en a déjà
donné la permission. Les représentants de Dieu sur la
terre m'ont eux aussi autorisée à le faire, à plusieurs
reprises, par lettres. Je crois que Votre Excellence a conservé
l'une d'elles, celle du Père José Bernardo Gonçalves,
dans laquelle il m'ordonne d'écrire au Saint-Père. Un
des points qu'il m'indique est la révélation du secret.
J'en ai déjà dit quelque chose, mais pour ne pas trop
allonger cet écrit, qui devait être bref, je me suis limitée
à l'indispensable, laissant à Dieu l'occasion d'un moment
plus favorable. J'ai déjà exposé, dans le deuxième
écrit, le doute qui m'avait tourmentée du 13 juin au 13
juillet, et qui disparut lors de cette dernière apparition. Bien.
Le secret comporte trois choses distinctes, et je vais en dévoiler
deux :
La première fut la vision de l'Enfer. Notre-Dame nous montra
une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés
dans ce feu, les démons et les âmes, comme s'ils étaient
des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme
humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes,
qui sortaient d'eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils
retombaient de tous côtés, comme les étincelles
retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre,
avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir
qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. Les démons
se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes
d'animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs.
Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère
du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de
nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement,
je crois que nous serions morts d'épouvante et de peur.
Ensuite nous levâmes les yeux vers Notre-Dame, qui nous dit avec
bonté et tristesse :
- Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs.
Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion
à mon Cur immaculé. Si l'on fait ce que je vais
vous dire, beaucoup d'âmes seront sauvées et on aura la
paix. La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous
le pontificat de Pie XI en commencera une autre pire encore. Lorsque
vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue,
sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'Il va punir
le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des
persécutions contre l'Eglise et le Saint-Père. Pour empêcher
cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie
à mon Cur immaculé et la communion réparatrice
des premiers samedis. Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira
et on aura la paix; sinon elle répandra ses erreurs à
travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions
contre l'Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père
aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites.
A la fin, mon Cur immaculé triomphera. Le Saint-Père
me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé
au monde un certain temps de paix.

Voici
la traduction intégrale du texte original portugais de la troisième
partie du "Secret de Fatima", révélé
le 13 mai 1917 aux trois petits bergers, à la Cueva de Iria-Fatima,
et transcrit par Sur Lucia le 3 janvier 1944 :
"J'écris en obéissance à vous,
mon Dieu, qui me le commandez par l'intermédiaire de Mgr l'Evêque
de Leira et de votre Très Sainte Mère, qui est la mienne".
"Après les deux parties que j'ai déjà exposées,
nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu
plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la
main gauche. Elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il,
devaient incendier le monde, mais elles s'éteignaient au contact
de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame,
en direction de lui. L'Ange, indiquant la terre avec sa main droite,
dit d'une voix forte : Pénitence! Pénitence!, Pénitence!
Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu 'quelque
chose de semblable à la manière dont se voient les personnages
dans un miroir quand elles passent devant' un Evêque vêtu
de blanc. 'Nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père'.
(Nous avons vu) divers autres évêques, prêtres, religieux
et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de
laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient
en chêne-liège avec leur écorce.
Avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à
moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas
vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour
les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin. Parvenu au
sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la
grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent
plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches. De
la même manière moururent les uns après les autres
les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses,
et divers laïcs, hommes et femmes de catégories sociales
différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux
Anges, chacun avec un vase de cristal à la main, dans lequel
ils recueillaient le sang des Martyrs, et avec lequel ils irrigaient
les âmes qui s'approchaient de Dieu".
INTERPRETATION
DU "SECRET"
LETTRE DE JEAN-PAUL II A SOEUR LUCIE (traduction)
"Révérende Sur Maria Lucia Couvent
de Coimbra Dans la joie des fêtes pascales, je vous adresse le
souhait de Jésus ressuscité à ses disciples : "La
paix soit avec vous!". Je serai heureux de pouvoir vous rencontrer
au cours du jour attendu de la béatification de Francisco et
Jacinta que, si Dieu le veut, je proclamerai le 13 mai prochain. Comme
il n'y aura cependant pas de temps pour une rencontre mais seulement
pour une brève salutation, j'ai expressément chargé
Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi, de venir s'entretenir avec vous. C'est la
Congrégation qui collabore le plus étroitement avec le
Pape pour la défense de la vraie foi catholique et qui a conservé,
comme vous le savez, depuis 1957, votre lettre manuscrite contenant
la troisième partie du secret révélé le
13 juillet 1917 dans la Cova de Iria, à Fatima. Monseigneur Bertone,
accompagné de l'évêque de Leiria, Monseigneur Serafim
de Sousa Ferreira e Silva, vient en mon nom pour vous poser quelques
questions sur l'interprétation de la "troisième partie
du secret" Révérende Sur Maria Lcia,
parlez très ouvertement et sincèrement à Monseigneur
Bertone, qui me transmettra directement vos réponses. Je prie
ardemment la Mère du Ressuscité pour vous, pour la communauté
de Coimbra et pour toute l'Eglise. Que Marie, Mère de l'humanité
en pèlerinage, nous tienne toujours proches de Jésus,
son Fils bien-aimé et notre Frère, Seigneur de la vie
et de la gloire. Avec une particulière Bénédiction
apostolique.
JEAN-PAUL II. Du Vatican, le 19 avril 2000.
RENCONTRE
AVEC SUR MARIA LUCIA DE JESUS E DO CORAÌO IMACULADO
Le rendez-vous de Sur Lucie avec Monseigneur Tarcisio
Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine
de la Foi, envoyé du Saint-Père, et de Monseigneur Serafim
de Sousa Ferreira e Silva, Evêque de Leiria-Fatima, a eu lieu
le jeudi 27 avril dernier, dans le Carmel de Sainte-Thérèse
à Coimbra. Sur Lucie était lucide et sereine ; elle
était très contente de la venue du Saint-Père à
Fatima, pour la béatification de Francisco et Jacinta, qu'elle
attendait depuis longtemps. L'évêque de Leiria-Fatima lut
la lettre autographe du Saint-Père qui expliquait les motifs
de la visite. Sur Lucie s'est sentie honorée et elle la
relut personnellement, la contemplant dans ses mains. Elle s'est dite
disposée à répondre franchement à toutes
les questions. Monseigneur Tarcisio Bertone lui présente alors
les deux enveloppes : l'enveloppe extérieure et celle qui contient
la lettre avec la troisième partie du "secret" de Fatima,
et elle affirme aussitôt, la touchant avec ses doigts: "C'est
mon papier", et puis en la lisant: "C'est mon écriture"
. Avec l'aide de l'évêque de Leiria-Fatima, le texte original,
qui est en portugais, est lu et interprété. Sur
Lucie partage l'interprétation selon laquelle la troisième
partie du "secret" consiste en une vision prophétique,
comparable à celles de l'histoire sainte. Elle réaffirme
sa conviction que la vision de Fatima concerne avant tout la lutte du
communisme athée contre l'Eglise et les chrétiens, et
elle décrit l'immense souffrance des victimes de la foi du vingtième
siècle. A la question: "le personnage principal de la vision
est-il le Pape?", Sur Lucie répond immédiatement
par l'affirmative et elle rappelle que les trois petits bergers étaient
très tristes des souffrances du Pape, et que Jacinta répétait
: "Coitadinho do Santo Padre, tenho muita pena dos pecadores!"
("Pauvre Saint-Père, il a beaucoup de peine pour les pécheurs!"
). Sur Lucie continue : "Nous ne connaissions pas le nom
du Pape, la Vierge ne nous a pas donné le nom du Pape, nous ne
savions pas s'il s'agissait de Benoît XV ou de Pie XII ou de Paul
VI ou de Jean-Paul II, mais c'était le Pape qui souffrait et
cela nous faisait aussi souffrir". Quant au passage concernant
l'évêque vêtu de blanc, à savoir le Saint-Père
- comme le perçurent immédiatement les petits bergers
durant la "vision" - qui est blessé à mort et
qui tombe par |