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NOTRE
DAME APPARAIT
Le samedi 9 décembre 1531, Juan Diego, un indien
aztèque de 56 ans baptisé en 1525 était veuf et
avait un esprit simple, voire presque enfantin. Il sen allait
à pied, tôt le matin à Tlaltelolco distant de 15
kms, assister chez les Franciscains à la messe en lhonneur
de la Vierge.
Le jour se levait sur la colline de Tepeyac dont il sapprochait
lorsquil entendit, venant dun point invisible, un chant
dune multitude doiseaux, une musique telle quil nen
avait jamais entendue de semblable. Enveloppé dharmonies
célestes, il sarrêta stupéfait, cherchant
à découvrir leur provenance. Son regard se porta au-delà
de la colline sur les couleurs éclatantes du soleil levant quil
ne voyait pas et il entendit une voix qui dominait la musique : «Juanito,
Juan Dieguito». Il avança pour obéir à la
voix qui lappelait par son nom avec laffection dune
mère pour son enfant. Sans hésiter, il gravit la colline
au sommet de laquelle il vit une jeune femme dune beauté
merveilleuse.

Notre
Dame était là, paisible !
Elle était là, debout, paisible, qui lui faisait signe.
Comme il sen approchait, émerveillé par ce quil
voyait et entendait, une telle joie sempara de lui quil
ne put faire autrement que sagenouiller et lui sourire.
Elle était enveloppée dune lumière qui faisait
pâlir le soleil, une lumière qui donnait à laride
et rocailleuse colline des tons merveilleux. Les feuilles des plantes
étincelaient comme des émeraudes ; les tiges et les épines,
comme de lor. Puis la colline se couronna de pierres aux couleurs
de larc-en-ciel, comme si un feu intérieur les irradiait.
La Dame se tenait là, au-dessus de la colline métamorphosée
; elle était dune telle beauté que Juan Diego en
eut le souffle coupé. Ses vêtements, aussi, brillaient
de cette même lueur surnaturelle, mais lumière et couleurs
disparaissaient devant la splendeur de son visage jeune et la douceur
de son regard. Un sourire damour et de compassion accueillit Juan
Diego qui sapprochait.
- Juanito,
mon cher enfant où allez-vous ? demanda-t-elle.
- Ma Dame et mon enfant, répondit-il dans son dialecte, je vais
à la Messe à léglise et étudier et
apprendre les divins mystères que nous enseigne le prêtre.
-Je veux que tu saches avec certitude, mon cher fils, que je suis
la parfaite et toujours Vierge Marie, Mère du vrai Dieu, de qui
provient toute vie, le Seigneur de toutes choses, créateur du
ciel et de la terre. Jai un immense désir que lon
construise, en mon honneur, un temple dans lequel je manifesterai mon
amour, ma compassion et ma protection. Je suis votre mère pleine
de pitié et damour pour vous et tous ceux qui maiment,
me font confiance et recourent à moi. Jécouterai
leurs plaintes et je soulagerai leur affliction et leurs souffrances.
Notre Dame sest identifiée par les cinq privilèges
que Dieu lui a conférés :
- son Immaculée Conception,
- sa perpétuelle Virginité,
- sa Maternité de Dieu
- sa Maternité de lEglise,
- son Assomption.
Juan écoutait attentivement les instructions de la Dame : -
Pour que je puisse manifester tout mon amour, allez maintenant chez
lévêque, à Mexico, et dites-lui que je vous
envoie lui faire connaître le grand désir que jai
de voir construire, ici, un temple qui me soit dédié.
Dites-lui exactement ce que vous avez vu et entendu et sachez que je
vous en serai reconnaissante et vous récompenserai. Vous verrez
que ce dérangement en vaut la peine. Maintenant que vous avez
entendu ce que je souhaite, allez, mon fils, et faites de votre mieux.
Juan sinclina et dit : - Cest avec joie, très cher
Dame, que je men vais faire ce que vous demandez. Avec votre permission,
je vais prendre congé.
Sans attendre de voir ce que devenait la Dame, il fit demi-tour, descendit
la colline en courant, arriva sur la route et entra dans la ville. Là,
il frappa au portail de la maison quhabitait Mgr de Zumarraga,
évêque de Mexico.
UNE
GRANDE MISSION
Il était tôt et personne, à lintérieur,
ne pouvait se douter de limportance de sa mission. Il attendit
donc patiemment quon voulût bien le laisser entrer.
Juan sagenouillant devant lévêque, transmit
avec soin la demande de la Dame. Il dit quil était envoyé
par la Mère très belle de Dieu qui lui était apparue,
à laube, sur la colline de Tepeyac et lui avait demandé
de faire part de son désir à lévêque.
Il parla de létrange musique, des couleurs lumineuses et
de la Dame à la voix si douce qui avait demandé quon
lui construise un temple. Elle lavait envoyé le dire à
lévêque et cest ce quil faisait, rapportant
tous ses mots, ainsi quelle lavait demandé.
Lévêque écoutait attentivement, hochant la
tête, comme sil sympathisait avec ce pauvre indien qui racontait
un rêve étrange et fantastique. Cela ressemblait à
une histoire daztèque à propos de la déesse
de la fertilité dont le temple était à Tepeyac...
Mais à quoi pensait donc ce pauvre homme qui avait lair
sincère pour venir à une heure si matinale raconter ses
rêves et, en plus, à lévêque...?
Lévêque essaya de le confondre, mais lindien
nen changeait pas le moindre détail. Il était sûr
de ce quil avait vu et entendu et il transmettait le message quon
lui avait confié. Le prélat, curieux malgré tout
den connaître davantage sur Juan, le congédia en
disant :
«Je réfléchirai à ce que vous mavez
dit. Revenez dans quelques jours».
Juan fut très surpris de voir que lévêque
ne sempresse pas de répondre au souhait de la Dame. Comment
lui, un homme dEglise, pouvait-il réagir ainsi face à
la Mère de Dieu, pensait-il amèrement ? Quelle foi avait-il
donc au fond de son cur ?
Désespéré, il retourna sur la colline, craignant
que son échec ne blesse la Dame, tout en espérant vivement
quelle comprendrait. Peut-être nétait-il pas
le messager voulu... Après tout, il nétait quun
pauvre indien incapable de choisir les mots quil fallait pour
impressionner un évêque. Il allait demander à la
Dame de choisir quelquun de plus digne et de plus influent pour
remplir cette mission.
La Dame
lattendait !
Tout en réfléchissant activement, il se rendait vers la
colline de Tepeyac lorsque, tout à coup, levant les yeux, il
aperçut la merveilleuse lumière. La Dame était
là. Il courut à Elle, et tomba à genoux éprouvant
maintenant une paix qui effaçait toutes ses appréhensions.
« Ma très douce Dame, dit-il avec tendresse, je vous ai
obéi et suis allé chez lévêque ; je
lai vu non sans difficulté et lui ai fait votre commission
exactement comme vous laviez demandé... Il ma reçu
gentiment, ma écouté avec attention, mais à
la façon dont il ma répondu, jai bien vu quil
ne me croyait pas. Il ma dit : - Il faudra revenir, mon fils,
lorsque jaurai le temps découter votre histoire.
Je réfléchirai à ce que vous mavez dit et
prendrai en considération la sincérité qui vous
a conduit jusquici. Très chère Dame, je vois bien
quil simagine que votre souhait davoir un temple ici
est une histoire que jinvente. Je vous prie, envoyez, pour en
faire part, quelquun de plus connu et de plus respecté,
afin quon puisse le croire. Je ne suis quun modeste indien
que vous avez envoyé en haut lieu comme messager. Aussi ne ma-t-on
pas cru et je nai pu que vous causer une grande déception.»
Juan inclina la tête avec déférence en attendant
la réponse de la Dame.
Elle lui répondit : «Mon très cher fils, vous
devez comprendre quil y en a beaucoup de plus nobles à
qui jaurais pu confier mon message et pourtant, cest vous
que je veux pour accomplir cette mission. Cest grâce à
vous que mon projet aboutira. Retournez demain chez lévêque,
parlez-lui en mon nom et dites-lui que je désire quil entreprenne
cette construction. Dites-lui que cest moi, en personne, la Sainte
Vierge Marie, Mère de Dieu qui vous envoie».
Juan sentit son courage revenir et, rassuré quant à la
mission répondit :
«Très douce Dame, je ne vous ferai pas davantage de peine
et cest avec joie que je vais à nouveau transmettre votre
vu. Lévêque ne mécoutera peut-être
pas ou, sil le fait, peut être ne me croira-t-il pas, mais
je viendrai demain après-midi vous apporter sa réponse.
Si vous le permettez, je vais prendre congé. Demeurez en paix
jusquà ce que je revienne.»
Nouvelle
visite à lévêque
Tôt, le dimanche matin, Juan Diego sen fut à la messe
à Tlaltelolco puis se rendit chez lévêque
qui le reçut de nouveau après une longue attente.
Eclatant en sanglots, il raconta quil sétait entretenu
une seconde fois avec la Mère de Dieu et quelle lavait
supplié dintercéder auprès de lui pour quil
fasse construire un temple sur la colline de Tepeyac. «Vraiment,
cétait la Mère de Jésus-Christ qui menvoie»,
ajouta-t-il.
Cette fois, lévêque plus compréhensif posa
de nombreuses questions à Juan. Non quil prît le
consciencieux aztèque, mais peut être espérait-il
quelque preuve. «Mon fils, ce que vous dites mintéresse.
Peut-être pourriez-vous mapporter un signe de la Dame comme
preuve tangible de sa Maternité Divine et du désir quelle
a de ce temple sur la colline.»
Juan promit dapporter ce signe et demanda à lévêque
quel était celui quil souhaiterait.
Surpris, celui-ci ne lui répondit pas, mais il appela deux membres
de son Conseil et leur parla en castillan, langue que Juan ne pouvait
comprendre. Il leur demanda dobserver lIndien et de le suivre
jusquà lendroit où il prétendait avoir
ses visions pour lui faire un rapport détaillé de tout
ce quils verraient et entendraient.
Puis lévêque congédia Juan.
Les conseillers le suivirent jusquà un petit ruisseau au
pied de la colline et là, il disparut soudain. Furieux, ils le
cherchèrent en vain et décidèrent quils avaient
à faire à un fraudeur ou un sorcier. De retour à
lévêché, ils déclarèrent quon
ne pouvait pas faire confiance à lindien.
Troisième
visite de la Dame
Entre temps, ce dernier avait gravi la colline où lattendait
la belle Dame. Quand il lui fit part de la requête de lévêque,
Elle le rassura en disant : «Quil en soit ainsi, mon fils,
revenez demain matin chercher le signe quil réclame. Quand
il laura, il vous croira et ne mettra plus en doute votre bonne
foi. Sachez que je vous récompenserai de toutes vos peines. Je
vous attendrai demain, ici, à laube».
En rentrant chez lui, ce soir-là Juan trouva son oncle Juan Barnardino,
malade et fiévreux. Fort ennuyé de le voir dans cet état,
il passa toute la journée suivante du lundi à le soigner
et ne put se rendre à Tepeyac pour revoir la Dame.
Malgré les soins du neveu et les médicaments quil
lui administrait, Ioncle qui allait plus mal et qui craignait
de mourir, demanda à Juan de se lever à laube et
daller au Monastère de Santiago Tlaltelolco chercher un
prêtre pour lui donner les derniers sacrements.
Au lever du jour, le mardi 12 décembre, Juan approchait donc
de la colline de Tepeyac. Il se disait avec tristesse quil navait
pas tenu la promesse faite à la Vierge Marie tout en estimant
que soigner son oncle était un devoir qui primait tous les autres.
Mais, sil prenait un raccourci, la Dame, pensait-il, ne le verrait
peut-être pas...
Quatrième
visite de la Dame
Il avançait sur le chemin rocailleux lorsquil fut soudain
arrêté par la Dame qui linterpellait affectueusement...
«Où allez-vous, mon cher fils. Quest-ce qui vous
ennuie ?».
Couvert de confusion et craignant de lavoir déçue,
Juan expliqua la mission urgente daller chercher un prêtre
pour donner les derniers sacrements à son oncle en ajoutant :
«Dès que jaurai accompli mon devoir, je reviendrai
pour transmettre votre message. Pardonnez-moi, ma Dame, soyez patiente,
je ne vous mens pas. Demain, je ferai ce que vous désirez. »
Tandis quil parlait, Elle le regardait avec une affectueuse compassion
et semblait comprendre ses difficultés sans quil ait besoin
de les expliquer. Elle lui répondit : «Mon cher petit,
écoutez ce que je vais vous dire et laissez-le pénétrer
dans votre cur : ne laissez jamais quoi que ce soit vous décourager,
vous déprimer. Que rien naltère votre cur
ni votre comportement. Ne redoutez, non plus, ni la maladie, ni les
contrariétés, ni linquiétude, ni la douleur.
Ne suis-je pas ici, moi votre Mère ? Nêtes-vous pas
sous mon ombre et ma protection ? Ne suis-je pas votre fontaine de vie
? Nêtes vous pas dans les plis de mon manteau, au creux
de mes bras ? Que vous faut-il de plus ? Ne soyez pas affligé
par la maladie de votre oncle, parce quil ne va pas en mourir
maintenant. Je vous assure quil va guérir.»
En entendant : «Je vous assure quil va guérir»
Juan se sentit rassuré sur le sort de son oncle. Si la Reine
du Ciel disait que tout allait bien, il ne voulait pas la questionner.
Il renouvela son offre de porter à lévêque
le signe quelle désignerait.
«Eh bien, mon fils, reprit-elle, allez jusquau sommet de
la colline où vous mavez vue pour la première fois.
Vous y cueillerez les roses qui y poussent et apportez-les moi.»
Ce simple geste exigeait un acte de foi pour cet homme de la terre qui
savait quà cette saison il ny avait plus de fleurs,
surtout pas de roses et que rien ne poussait sur cette colline.
Juan se hâta de gravir la colline et, à sa grande surprise,
il se trouva devant de belles roses telles quil nen avait
jamais vu. Il les cueillit et les mit dans son poncho. Puis il les apporta
à la Reine du Ciel qui les prit et, de ses mains, les arrangea
dans le manteau.
«Mon cher fils, lui dit-elle, ces roses sont le signe que vous
devez donner à lévêque. Dites-lui, de ma part,
quil doit y voir ma volonté et sy conformer. Vous
êtes mon ambassadeur et vous êtes digne de ma confiance.
Lorsque vous arriverez chez lévêque, dépliez
votre poncho, mais seulement en sa présence, et montrez-lui ce
que vous portez. Dites-lui ce que vous avez vu et entendu, sans omettre
quoi que ce soit. Dites-lui que je vous ai envoyé au sommet de
la colline et que vous y avez cueilli ces fleurs. Répétez-lui
toute lhistoire pour quil vous croie et fasse construire
le temple que je demande avec instance.»
Puis, la Dame congédia Juan qui, tout heureux, courut jusquà
lévêché, serrant dans son poncho les roses
dont il admirait de temps à autre la beauté et le parfum.
Il mettait tous ses soins à protéger le précieux
fardeau, le signe qui allait prouver à lévêque
la véracité de son histoire.
A son arrivée chez celui-ci, les domestiques refusèrent
brutalement de le laisser entrer. Il attendit donc plusieurs heures
avec patience, persuadé quil finirait par attirer lattention
de lévêque. Entre temps, les domestiques poussés
par la curiosité, essayaient de voir ce quil portait avec
tant de soin. Mais Juan refusait de révéler son secret
et, plus les indiscrets sefforçaient den découvrir
la nature, plus il serrait étroitement son manteau contre lui.
Quand enfin il put voir lévêque, il lui transmit
de nouveau la demande de la Dame, ajoutant quil avait maintenant
le signe demandé.

LE
MIRACLE
Lorsquil déplia son poncho, les roses, encore
luisantes de rosée et délicatement odorantes, séparpillèrent
à ses pieds : Les voici, recevez-les ! dit, tout rempli de bonheur,
le messager.
Le cur battant, Juan en admirait la beauté lorsque, levant
les yeux, il vit Mgr Zumar-raga tomber à genoux admirant les
roses castillanes de son pays (délicatesse de Notre Dame). Des
larmes aussi brillantes que les gouttes de rosée perlaient à
ses yeux. Quant tout à coup il aperçoit le portrait de
Notre Dame qui venait, semble-t-il, de simprégner miraculeusement
sur le poncho.
Embarrassé, devant lévêque à genoux
pleurant comme un enfant, lIndien porta à son tour son
regard sur limage de la Vierge Marie. Elle était là,
imprimée sur le manteau, exactement comme il lavait vue
sur la colline.
Les deux hommes contemplaient le signe miraculeux de Notre-Dame, inconscients
du temps qui passait. Finalement, lévêque prit le
poncho, ramassa les roses et, toujours en larmes, le porta respectueusement
dans son oratoire privé, en remerciant Dieu et sa Mère
immaculée. Puis avec beaucoup de considération, il retint
Juan Diego chez lui toute la journée.
Le mercredi, il laccompagna sur les lieux où la mère
de Dieu désirait quon lui élève un temple
: «Cest ici» dit Juan, en indiquant lemplacement
exact où il lavait vue et parlé avec elle.
Puis, timidement, Juan finit par demander la permission daller
voir son oncle qui, daprès la Dame, devait être guéri.
Lévêque le fit accompagner par des domestiques avec
mission de le ramener si loncle était en bonne santé.
Sainte
Marie de Guadalupe
Ce dernier, impressionné par larrivée de ce beau
monde était éberlué. Il souriait, heureux quil
était dêtre bel et bien guéri !
«Moi aussi, dit-il, je lai vue. Elle est venue ici même
et ma parlé. Elle ma dit quelle voulait quon
lui élève un temple sur la colline de Tepeyac et quil
faudrait appeler son portrait Sainte Marie de Guadalupe. Mais, elle
ne ma pas expliqué pourquoi.»
Tout en répondant aux questions des envoyés de lévêque,
les deux hommes comprirent que la Dame était aussi apparue à
Juan Bernardino à lheure même où elle assurait
au neveu la guérison de loncle. En entendant le récit
des apparitions de la Vierge, les enquêteurs demandèrent
aux deux hommes de venir avec eux à lévêché.
Là, on écouta loncle qui raconta de nouveau sa guérison
miraculeuse et la visite que lui avait faite la Vierge Marie.
La nouvelle du miracle se répandit vite dans toute la région
et des foules envahirent lévêché pour rendre
hommage au portrait que lévêque fit bientôt
placer bien en vue, au-dessus de lautel de la cathédrale.
La première
petite église
Tout de suite, les hommes du pays se mirent au travail pour construire
une petite église sur le lieu que Marie avait demandé.
Espagnols et Indiens décidèrent de la terminer pour Noël,
date à laquelle le portrait y serait installé solennellement.
Effectivement, tout était prêt au jour dit, même
quil avait fallu travailler jour et nuit.
Voûtes et berceaux de verdure décoraient les six kilomètres
qui séparent lancienne église de la nouvelle. La
longue avenue était jonchée de toutes sortes de fleurs
et dherbes odorantes. De loin en loin, des groupes dIndiens
richement vêtus et parés de plumes aux couleurs éclatantes
dansaient au son de la musique. Tous défilaient, formant cortège
pour rendre les honneurs à Notre-Dame.
Un deuxième miracle
Au milieu de ces réjouissances, il se produisit un incident tragique.
Un simulacre de bataille, pour montrer que le passé était
dépassé, avait été prévu sur le lac
près de la nouvelle église et, dans lexaltation
du combat, un Indien sécroula, mort, le cou transpercé
dune flèche.
Avec des larmes et des supplications, on le plaça devant le portrait
de Notre Dame pour quelle lui rende la vie. En un instant, il
était sur pied, ressuscité... On retira la flèche
et il ne resta quune légère cicatrice comme preuve
du miracle. La puissance de Dieu par Notre Dame était déterminante
pour extirper du fond des curs les anciennes traditions.

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