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LE
PORTRAIT DE MARIE
Du jour où le portrait fut transféré
dans la nouvelle église, les pèlerins se mirent à
visiter le sanctuaire. Des villages entiers venaient honorer la «Mère
de Dieu», faisant de longues visites accompagnées de danses
symboliques. Certains venaient de très loin, faisant jusquà
300 kms.
Cette pratique continue dailleurs de nos jours. Il est touchant
de voir les futures mamans et les mamans savancer à genoux
vers ce qui est maintenant une basilique, puis, une fois près
de lautel, offrir leurs petits à la Mère de Dieu
en la suppliant de les protéger ou de les guérir sils
sont malades.
Les
indiens lisaient limage
En 1531, les espagnols étaient tout à fait installés
dans le pays. Des missionnaires, Mgr. Zumarraga et beaucoup dautres
franciscains avaient appris la langue pour mener à bien leur
mission. Ils dirigeaient la construction de nombreuses églises
tout en essayant dintroduire dans la société lidéal
chrétien et de combattre lidolâtrie des images païennes.
Devant la Tilma, les indiens virent dans limage de Notre-Dame
quelque chose que les espagnols ne pouvaient comprendre.
A cette
époque, les indiens écrivaient en hiéroglyphes,
aussi, le fait quils la «lisaient» était extrêmement
important pour comprendre le but de ces apparitions. Ils contemplaient
Marie comme un enfant contemple sa mère. Ils «lisaient»
une très belle Dame, debout, devant le soleil, signe qui indiquait
pour eux quelle était plus grande que le dieu-soleil Huitzilo
pochtli quils adoraient. Quant au croissant sous ses pieds, cétait
la preuve que leur dieu-lune Tezcatli poca était moins que rien
puisquil se tenait en dessous de la Dame et il était diabolique
puisque noir.
Comme nous vous lavons indiqué, lhistoire ancienne
des Indiens relate, que la comète qui causa dindescriptibles
dégâts était considérée comme un dieu
en colère, sous la forme dun serpent de feu ailé
qui cherchait à se venger en exigeant des sacrifices humains.
Beaucoup de Mexicains pensent que cest ce serpent que Marie a
écrasé.
Le fait quentourée de nuages, elle soit portée par
un ange dénotait quelle nétait plus de ce
monde puisque le petit enfant ailé len tenait éloigné
à deux bras.
La broche quelle portait au cou avait, au centre une petite croix
noire qui rappelait lemblème des Frères Espagnols
et, ses belles mains jointes pour la prière prouvaient quil
y avait quelquun de plus grand quelle.
Tout dans cette image leur enseignait donc quelque chose dimportant.
Tout était parfaitement clair pour les Indiens : Iaspect
général de la belle Dame, la signification de ses paroles
comme de ses vêtements.
Aussi, la «lecture» de cette image sacrée attira
de tout le Mexique des tribus entières venues avec leurs chefs
pour embrasser la foi catholique.
Les Espagnols qui ne pouvaient comprendre le sens des sacrifices humains
avaient les plus grandes difficultés à persuader les indiens
dabandonner cette pratique. Mais Dieu, qui lit dans les curs,
envoya la Vierge Marie.
Et cest ainsi que la vision quen eut Juan, les paroles quelle
prononça «Je suis la Vierge Marie, Mère du vrai
Dieu !», le portrait miraculeux quelle laissa et ce quy
virent les aztèques, tout cela contribua à faire disparaître
les idoles païennes et à cesser les sacrifices humains.
Etait-il surprenant que Marie, dont le Fils unique avait été
sacrifié sur une croix pour la rédemption de lhumanité,
veuille sécher les larmes des mères, des surs et
des amis des sacrifiés, en leur faisant comprendre, par son portrait
que les sacrifices humains étaient désormais inutiles.
Et ses mains jointes, en supplication, ne prouvaient-elles pas quelle
intercédait pour eux devant le trône du vrai Dieu invisible.
De plus, ils étudièrent sa silhouette et furent convaincus
quà une certaine époque, Marie avait habité
sur terre, être humain sujet à la mort. Son apparition
prouvait donc limmortalité de lâme humaine.
En apprenant comment Dieu Tout-Puissant avait pris forme humaine en
naissant de la Vierge Marie, puisquil avait été
crucifié, enterré et ressuscité, les Indiens furent
stupéfaits. Si le Fils de Dieu était la victime divine
qui sétait offerte au Dieu invisible pour sauver la race
humaine, les leurs devenaient complètement inutiles. Cest
avec joie que des milliers dindiens embrassaient la foi catholique
chaque jour.
Fleuve
de Lumière
«ND de Guadalupe» était un nom familier aux Espagnols
qui la vénérait à Séville, jusquà
linvasion arabe, en 711. La statue fut alors enterrée dans
les montagnes de Guadalupe où un berger du diocèse de
Tolède la découvrit vers la fin du XIIIe siècle.
On lui donna le nom de lendroit où elle fut trouvée
qui est celui dune rivière qui coule non loin. En arabe,
Guadalupe signifie : Fleuve de Lumière. Elle représente
la maternité divine de la Vierge. De la main gauche, elle tient
lenfant Jésus et de lautre un sceptre de cristal.
Cest le roi Alphonse XI qui fit ériger une chapelle en
son honneur. On lagrandit au cours des âges et cest
maintenant une magnifique église, jointe à un monastère
et à un séminaire. Christophe Colomb est venu y prier
à son retour en remerciement. Il donna le nom de Guadalupe à
lune des îles quil découvrit, île devenue
française par la suite.
Lapparition forma un lien spirituel entre les uns et les autres
créant une nouvelle nation au sud du Rio-Grande, le Mexique,
une nation américaine formée par Notre-Dame en personne.
LE
MIRACLE AUJOURDHUI
Le Franciscain Fray Mojica qui a consacré une partie
de sa vie à létude de cette peinture, considère
que les vêtements et laspect de Marie sont, en fait, la
représentation exacte de ce quelle était sur la
terre. Sa tenue correspond à ce que portait une jeune fille juive
au temps où la Vierge vivait à Nazareth. Dailleurs
il y a encore en Terre Sainte des femmes qui portent la cape sur la
robe, tout à fait comme sur le portrait. Et pour finir, ses cheveux
sont partagés par le milieu comme cétait lhabitude
il y a 2000 ans.
«Nous concluons de tout ceci que cette peinture miraculeuse est
un authentique portrait de Marie, la Mère de Dieu.»
Au cours des nombreux voyages quil fit en Europe, au Moyen-Orient
et en Asie, il chercha vainement une Madone qui aurait pu approcher
de la même perfection ; il nen a trouvé aucune avec
la grâce et la paix de limage de Guadalupe, et aucune à
lui ressembler réellement.
La Vierge
porte Jésus en elle
Notre Dame apparaît sur la tilma (poncho) comme une jeune femme
au teint olive mesurant environ 1m50. Elle est enceinte, tel quen
témoignent le ceinturon noué au-dessus de son sein ainsi
que la petite fleur (Nahui Ollin) aussi appelée Tamale, sur son
sein. La Nahui Ollin pour les aztèques symbolisait la divinité.
Cette vraie divinité en Jésus-Christ lui-même est
directement sous ce symbole, dans le sein de sa mère. De récentes
études démontrèrent que la femme dans limage
était véritablement enceinte.
A son cou,
Notre Dame porte une épingle dorée, ornée dune
croix noire. Ceci lidentifie à la religion catholique.
Elle se tient debout, priant humblement. Mais elle écrase la
tête du serpent de son talon symbolisé dans le croissant
de lune sombre que les Indiens adoraient comme Quetzacoatl, son genou
gauche légèrement plié, comme si elle allait avancer
dun pas montrant quelle est en marche et lutte pour nous
(nous sommes son talon (Apocalypse) et cest nous quil mord).
Elle est la mère enceinte de Dieu de lApocalypse, vêtue
du soleil, avec la lune sous ses pieds.
Saint Michel Archange tient dans une main sa cape qui représente
le ciel étoilé et de lautre il tient sa robe qui
représente la terre, Reine du ciel et de la terre. (En retournant
limage du bas vers le haut, on y découvre un magnifique
couffin avec un beau bébé dedans qui peut nous indiquer
les berceaux renversés mais que Saint Michel protège ou
recueille...)
Une
Mère pour être aimée
Nous apercevons sur sa main gauche dans le dessin de sa robe son cur
immaculé, plein damour et de tendresse avec une petite
croix noire visible en plein centre de ce cur.
Il serait peut-être dangereux pour nous dessayer de lire
trop de symboles dans la tilma, ou de trop en étudier les signes
qui sy trouvent. Cela peut nous distraire de notre Mère.
Une mère nest pas faite pour être étudiée
mais bien pour être aimée.
Le portrait est très vivant, Iexpression de son visage
sublime, humble, tendre, doux et aimable. La vue de son visage peut
faire fondre même le cur le plus endurci. Sa symétrie
est belle et gracieuse.
La couleur de la tilma est dun brillant bleu turquoise. La robe
est dun brun rose. Les couleurs sont brillantes. La science ne
peut déterminer ce qui les cause. Si elles avaient été
peintes, elles auraient perdu leur éclat depuis longtemps.
Une
image non peinte
Le tissu de la tilma est rugueux et ne se prête pas à la
peinture. Il ne sy trouve aucun pigment et aucun coup de pinceau.
Il ny a aucune couleur dans les fibres de la tilma. Cest
la seule uvre dart dans le monde qui nest pas peinte
!
Le Pape Pie Xll a dit de la tilma : «Cette uvre nest
pas de ce monde.» Limage de Notre Dame fut empreinte miraculeusement
sur la tilma. Les experts de la firme Kodak à Mexico déclarèrent
en 1963 que limage paraissait comme une projection permanente
de diapositive sur la tilma.
La tilma était utilisée par Juan Diego com-me un manteau,
noué à son cou. Elle pouvait être roulée
et attachée pour sajuster à la grandeur de son propriétaire.
Le bas de la tilma pouvait être relevé près de la
taille formant ainsi une sorte de sac pour le transport de légumes
ou de fruits. La tilma était tissée à partir de
fibres de cactus Maguey, en deux panneaux de 0,50m sur 2m, cousus ensemble
sur la longueur. Cette couture est visible sur la tilma en plein centre
de limage. La tête de Notre Dame est tournée vers
la droite comme pour éviter cette couture.
Limage est opaque lorsquon la regarde du devant, mais vue
par derrière elle devient transparente. La beauté extraordinaire
de la tilma frappe loeil à distance, dans une panoplie
de couleurs. Limage défie toute explication humaine et
est hors de portée de toute capacité de reproduction.
Même si beaucoup de tableaux ont été faits, aucun
peintre na pu la reproduire.
Tout
est miraculeux
Benoit XIV exprimait déjà son étonnement devant
une peinture si frêle qui avait bravé les dommages du temps.
Il écrivait en 1754 : «Tout est miraculeux dans ce portrait
jailli des fleurs cueillies sur un sol complètement aride et
qui ne produit que des arbustes épineux. Il est peint sur un
tissu si lâche que lon peut voir le jour à travers.
Et pourtant ni sa suprême beauté ni léclat
des couleurs nont été détériorés
par lhumidité du lac voisin qui corrode lor, largent
et le cuivre. Dieu nen a fait autant pour aucune autre nation.»
Aucun expert, aucun peintre, na jamais pu expliquer comment ce
portrait avait pu survivre depuis 1531. Limage, en effet, est
peinte sur un tissu de cactus filé à la main et grossièrement
tissé ; un tissu qui normalement se désintègre
en quelques années et qui na absolument rien de commun
avec une toile de peintre. Et, comme pour déconcerter un peu
plus les experts, ce portrait semble fait selon quatre méthodes
différentes : à lhuile, à la détrempe,
à laquarelle et à fresque... ce qui est une contradiction
artistique. On peut, séparément, traiter chacune de ces
peintures, mais personne ne les a jamais pratiquées ensemble
sur une même toile, et personne ny aurait même songé.
Ces méthodes sont si distinctes dans leur exécution que
chacune exige apprêt et solvant spéciaux. Aucune ayant
quoi que ce soit en commun, la combinaison est dautant plus miraculeuse
quelle est inattendue, surtout sur la même surface. Vu de
près, le portrait semble avoir pâli mais, de loin, chaque
couleur est intacte. Contrairement à toutes les peintures de
cette époque, cette image miraculeuse na exigé aucune
restauration. On a pourtant essayé de laméliorer
avec les anges par exemple ; ils se sont effacés. Ou en redorant
les rayons du soleil, Ior sest écaillé. La
teinte argentée que lon mit sur la lune, vira au noir et
commence à disparaître. Quant à la couronne quon
lui ajouta sur la tête, elle est maintenant à peine visible.
Même si cet autoportrait de Notre-Dame navait pas été
soumis à lépreuve du temps, à lenthousiasme
aveugle des foules ou à la sauvagerie du fanatisme, son message
et sa signification auraient pu perdre leur impact. Il faut dire aussi
que pendant plus dun siècle de 1531 à 1647, il ne
fut jamais recouvert et souvent, porté solennellement en procession.
À tous moments, les fidèles et les malades pouvaient lembrasser,
même sur le visage et les mains, ou le mettre en contact avec
des objets qui auraient pu lendommager. Pourtant, la peinture
resta intacte.
La maladresse dun orfèvre qui nettoyait le cadre, un certain
jour, aurait pu lendommager car, de lacide nitrique coula
et se répandit le long du côté droit du poncho.
Par miracle, Iacide perdit sa nocivité en touchant le tissu
et ny laissa quune trace brune que lon peut voir sur
toute les bonnes reproductions.
En 1921, le 14 novembre, au plus fort des persécutions de Calles
(Président du Mexique de 1924 à 1928) une bombe puissante
fut placée sur lautel, en dessous du portrait. Lénorme
crucifix de bronze, que lon vénère actuellement
dans une chapelle de la basilique, se tordit comme de la cire. Les vitraux
et plusieurs décorations de marbres furent pulvérisés.
Les boulons qui maintenaient le lourd cadre doré se desserrèrent,
mais le verre et limage bénie furent épargnés.
Cest en 1647 quon lavait finalement mis sous verre,
mais on len retirait souvent, pendant de longues périodes,
pour exposer plus directement limage à la vénération
des fidèles.
Maintenant on peut voir mais non toucher !

LES
YEUX DE LA VIERGE
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