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Juan
Diego
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LE
VOYANT : JUAN DIEGO
Juan Diego naquit en 1474 dans le minuscule village
de Cuautitlan, près de Mexico. Ses parents étaient des
gens simples, domestiques dans la société indienne rigoureusement
hiérarchisée de la pré-conquête.
La seule noblesse de Juan était celle de son âme. Il avait
45 ans lorsque les Espagnols, dans toute leur puissance, firent leur
entrée dans la grande ville de Mexico. Juan était peut-être
domestique chez quelque grand propriétaire local. Il fut certainement
témoin des évènements terribles qui suivirent immédiatement
la fin du cycle des 52 ans des Aztèques.
Vers 1521, la conquête militaire et politique du Mexique était
achevée dans la capitale et la plupart des royaumes environnants.
Mais avant de civiliser le pays, il restait à en faire la conquête
spirituelle. Il fallait, en effet, faire comprendre aux indiens que
leurs dieux païens étaient de cruels démons et quils
devaient abolir leur ancestrale et diabolique coutume des sacrifices
humains.
Ceci nous donne un aperçu de lâme profondément
religieuse de Cuauthla Tobuac (nom indien de Juan) pour comprendre quil
fut parmi les tout premiers à demander aux Frères Franciscains
de linstruire. Il fut baptisé dès larrivée
des premiers Frères à Mexico et cest à eux
quil doit sa conversion. Cest donc après 48 années
passées dans lobscurité terrifiante de lune
des plus brutales religions païennes que lon connaisse, quil
accueillit avec ardeur la lumière de la vraie Foi.
Juan vivait avec sa femme, Maria Lucia dans son village de Tolpetlac.
Mais celle-ci mourut deux ans après quil ait reçu
le baptême et cest alors quil vint habiter avec son
oncle Juan Bernardino, qui avait lui-même vu la Sainte Vierge
au moment de sa guérison. Tous trois sétaient convertis
en même temps et avaient une réputation de chrétiens
exemplaires. Juan assistait ponctuellement au cours dinstruction
religieuse que donnaient les Frères dans leur grand couvent de
Tlaltelolco, juste à la sortie de Mexico. Là, il sasseyait
sur le sol de la cour, avec deux ou trois mille Indiens et, le poncho
sur lépaule, écoutait le sermon et les chants des
frères. Le nom de «Sainte Marie» et des phrases comme
«aimer Dieu» devinrent pour lui très familiers.
Le samedi, il y avait en lhonneur de la Vierge une Messe spéciale
à laquelle Juan Diego assistait dévôtement. Ce 9
décembre 1531 en la fête de lImmaculée Conception
(fêtée ce jour en 1531), il se trouva, à sa grande
surprise, face à la vision lumineuse de la Dame quil appela,
selon la formule de politesse des aztèques réservée
à la noblesse «mon enfant». Marie, répondant
à Juan dans son propre dialecte, «mon petit, mon cher fils».
Juan ne fut jamais maltraité. Les gens de son propre village
en ont témoigné. Il possédait quelques champs de
blé et une petite maison et, après les apparitions, il
céda tout à son oncle Bernardino et alla vivre sur la
colline de Tepeyac, dans une hutte - sorte dermitage - quil
se construisit, tout contre la première chapelle. Il est alors
devenu sacristain de Notre-Dame, disant et redisant la belle histoire
des apparitions aux si nombreux indigènes qui venaient le voir.
Les pèlerins avaient lhabitude de demander lintercession
de Juan auprès de la Vierge Marie pour obtenir, les uns de bonnes
récoltes, dautres une bonne santé, ou de la pluie.
Juan continuait
à mener une vie calme, passant son temps en prières. Il
était appelé «le Pèlerin» parce quil
marchait toujours seul et quil était pieux et recueilli
comme un religieux. Ainsi passait-il chaque jour de longues heures en
contemplation, illuminé par Dieu qui instruit ceux qui laiment.
Cétait un homme honnête et respectueux qui, par permission
de lévêque, communiait trois fois par semaine, chose
rare à lépoque.
Il mourut à lâge de 74 ans, 16 ans après avoir
vu Notre-Dame. Beaucoup croyaient quil a continué à
la voir ou, tout au moins, à lui parler jusquà sa
mort .
Jusquen 1930, les causes de canonisation reposant uniquement sur
des preuves historiques ne pouvaient être introduites à
Rome. Actuellement, un nouveau règlement permet de sappuyer
sur la tradition ou sur des documents. Ce qui explique que celle de
Juan fut présentée assez récemment.
Sa grande humilité cachait sa non moins grande sainteté
et la dévotion débordante des fidèles pour Notre
Dame avait tendance à éclipser le rôle important
de Juan dans cette intervention miraculeuse.
«Que
Dieu vous traite comme Juan»
Il y a, datant des apparitions, un dicton assez touchant qui révèle
ce que ses compatriotes pensaient de lui ; cest ce que les mères
disaient à leurs enfants : «Que Dieu vous traite comme
il la fait pour Juan Diego». Elles estimaient que pour leurs
fils elles ne pouvaient aspirer à plus grand honneur que celui
qui fut accordé à Juan lequel fut, sur le sol dAmérique,
choisi pour contempler la Mère de Dieu. Et cest à
un homme du peuple que cet honneur fut accordé, un homme qui
a vécu plus des deux tiers sa vie en païen, qui ne savait
ni lire ni écrire dans aucune langue, et dont les seuls biens
consistaient en une petite maison et un poncho en fibres de cactus grossièrement
tissées et qui, avec le temps, se révéla le trésor
le plus inestimable de la terre.
Il vécut
ainsi jusquen 1548, date de sa mort. Il semble que lon nait
jamais retrouvé sa tombe. Mais il fut probablement enterré
dans le lieu appelé «Eglise des Indiens», si lon
en croit une plaque qui porte ces mots :
CEST LA QUAPPARUT N.D. DE GUADALUPE
A UN INDIEN NOMME JUAN DIEGO
QUI EST ENTERRE DANS CETTE EGLISE

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