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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

17 janvier 1871 - Les apparitions de Notre-Dame à Pontmain - Marie nous enseigne...

Le message délivré par Marie à Pontmain, est un véritable SMS d’espérance en direct d’un ciel éternellement pur et difficilement communicable sur un vieux téléphone lent et encombré que nous sommes devenus. Le contexte était le désespoir avec un soir sans lune, où la température rigoureusement froide étreignait chacun petit à petit intérieurement. De façon incontournable la guerre avec les Prussiens se déroulait, et oppressait la population…
Pourtant Notre Dame à Pontmain va délivrer deux clefs de lecture qui nous sont données depuis cent quarante ans : la foi toute pure des enfants au cœur de la nuit et leurs témoignages remplis d’espérance pour toute la population au-delà de l’incrédulité manifestée.

Il s’agit de nous laisser éduquer encore une fois par notre Mère du ciel. Pour autant, Jésus avait déjà proclamé aux intelligents que nous croyons être : “En vérité, en vérité, je vous le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu.” (Jn 3, 3) C’est dans cette lumière que le message de Pontmain devra être lu.

Les enfants sont d’abord sous l’autorité de leurs parents, dans l’obéissance de la foi chrétienne au curé et aux religieuses qui les accompagnent ; autant préciser aujourd’hui à l’Eglise, en communion avec le pape. Ces enfants seront comme de merveilleux ordinateurs nouvelle génération qui devront traduire fidèlement mot à mot ce qu’ils voient au milieu des commentaires les plus contradictoires de chacun. Ils seront capables, ce 17 janvier 1871, de capter les nouveaux messages de foi venus du ciel malgré l’incrédulité. C’est le choix de “notre Maman et notre Reine du ciel” pour ceux qui vivent filialement entre les mains de leur Père des cieux. Ceci est prophétique pour chacun d’entre nous dans notre vie quotidienne à qui se veut fidèle disciple du Christ.

Plus encore, pour marcher à la suite du Christ, Jésus a dit : “Si vous ne retournez pas à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux !” (Mt 18, 3) Comment donc entrer dans ce changement et cette nouvelle étape de notre vie de croyants ? Découvrons ces enfants contemplant la Belle Dame durant cette soirée au village de Pontmain, qui ont fidèlement prié au cours de la journée, participé à la messe dès le matin et sont allés à l’école. En soirée, ils continuent le travail à la grange sans compter les heures supplémentaires, car il s’agit d’avoir le nécessaire pour nourrir la famille depuis le départ de leur frère Auguste à la guerre. Ils ne vont pas cesser de regarder le ciel au-dessus de la maison.

L’éducation maternelle de Marie
Les enfants voient une Belle Dame leur sourire au-dessus de la maison et sont ravis. L’appel à la prière pour contempler Marie passe avant le travail nécessaire qui pourra toujours être repris dans un nouvel élan. Le témoignage persistant de deux frères, Eugène et Joseph, permet l’amorce d’une conversion à la réalité du mystère, chez leur père. “Cependant mon père était tout ému, il regardait et écoutait, les larmes aux yeux.” Ceci permet le retournement de la mère Barbedette à la suite de son mari. Sa référence à la prière chrétienne, cachée dans la grange pour se préserver, et le conseil renouvelé de prier à ses enfants peuvent l’ouvrir au mystère qui vient du ciel.

L’appel à l’aide des religieuses qui ne peuvent rien voir de plus, permet quand même une ouverture à d’autres enfants témoins Françoise et Jeanne Marie : “Oh ! la Belle Dame, avec une robe bleue!” Les trois étoiles en triangle “plus brillantes que les autres” et que tous voient clairement, devaient servir de points de repère et de symbolisme pour la foi de chacun avec un peu de bonne volonté ce soir-là.
Deuxième phase, avec le curé qui exerce son autorité d’en haut, pour un véritable culte en présence du bourg qui se rassemble autour de lui. Son arrivée est marquée dans le ciel, “une petite croix rouge se forma instantanément sur le cœur de la Belle Dame”. C’est un culte liturgique qui se déroule dans le ciel en l’honneur de la Mère de Dieu, médiatrice de grâces pour les croyants sur la terre, auquel tous sont invités : “Quatre bobèches simples portaient quatre bougies non allumées.” La parole du curé est juste, même s’il ne voit pas : “Silence ! Si les enfants voient la Sainte Vierge, c’est parce qu’ils en sont plus dignes que nous.” Car le curé, à la tête du troupeau, leur est semblable et ne voit pas. Il ne peut pas dialoguer en direct ; mais le ciel reconnaît son autorité et répondra à ses initiatives : “Récitons le chapelet.”

A peine la prière commencée, l’apparition grandit et les étoiles se regroupent au-dessous des pieds de la Sainte Vierge. C’est deux symboles à la fois. La prière égrenée des Ave Maria semble nous rapprocher de la réalité contemplée. Les chrétiens qui prient en se rapprochant aux pieds de leur Mère et Reine. Les enfants qui seuls voient restent au-dehors sans s’abriter de la rigueur de l’hiver. Puis lorsque le curé dit de chanter le Magnificat, la première partie du message écrit est donnée : MAIS. Il faudra persévérer dix minutes dans la prière pour connaître la suite : PRIEZ MES ENFANTS.

Une personne du bourg apporte un message de désespoir : “Vous pouvez prier le bon Dieu, les Prussiens sont à Laval.” Face au porteur d’une mauvaise nouvelle, l’espérance apporte la victoire : “Les Prussiens seraient à l’entrée du bourg, que nous n’aurions pas peur.”
La Belle Dame ne cesse de sourire. L’ordre du Père Guérin de chanter les litanies de la Sainte Vierge pour qu’elle manifeste sa volonté, permet de voir se poursuivre le message du ciel : DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS. Enfin un gros point semblable à un soleil clôt cette affirmation qui est la victoire finale de la charité divine dans le cœur des enfants de Dieu. Tel est le fruit de l’éducation à la prière de la Belle Dame dans le ciel, pour ses enfants de la terre pendant la guerre. L’espérance s’exprime : “C’est fini ! c’est fini ! La guerre va cesser, nous aurons la paix.” Quant au jeune Eugène Barbedette, il l’exprime sous une motion de l’Esprit Saint : “Oui, mais priez !” et l’on se remit à prier.

Les autres ne voient rien, et tour à tour font des objections. C’est d’abord la loi légitime de l’autorité du père et la coresponsabilité de la mère, selon leur bon sens : “Je ne vois rien du tout” et la recommandation prudente d’éviter le scandale ou le jugement du voisinage selon les critères du monde. “Veux-tu te taire ! Mais vas-tu te taire enfin ! Voilà déjà les voisins qui nous regardent !” Dès lors, nous voyons le souci et le remords chez le père Barbedette qui a repoussé la réalité présente. Sa femme elle-même revient humainement à ses lunettes, pour porter son soi-disant jugement adéquat : “Eh bien ! Je vais aller chercher mes lunettes, et alors je verrai bien, moi aussi.” Evidemment rien ne change, bien que la Belle Dame lui sourit de façon plus marquée, selon son fils Joseph.
Aussi on se rabat sur le souper, sans réplique possible aux ordres donnés.

De retour devant la grange, l’apparition est toujours là. Après cela on continue de juger en voulant se donner une référence choisie en sœur Vitaline, contournant la réalité mystérieuse. “Les sœurs sont meilleures que vous, si vous voyez quelque chose, elle le verra bien aussi.” Mais elle ne voit absolument rien et rentre chez elle.

La deuxième phase en présence du curé n’empêche pas les doutes contre la foi : ceux du voisin Jean Guidecoq et les commentaires de certains touchent le ciel : “La voilà tombée dans la tristesse.”

La première partie du message écrit est à peine communiquée MAIS PRIEZ MES ENFANTS, que deux vérités invisibles s’affrontent à travers deux sagesses : l’une divine et l’autre de ce monde semblant évidente à l’homme. Cette dernière ne désarmera jamais ici-bas. La femme Guidecoq vient à la rescousse pour conclure : personne ne voit rien. Les enfants ne voient donc rien : “Ils ont la berlue.” A ce moment-là, elle tombe dans la neige à genoux et exprime sa foi : “Le bon Dieu me punit.” Elle prie, revient sur son incrédulité et peut enfin se relever. Dès lors, elle rejoint ceux qui prient.

A nous de choisir cette année si nous voulons vivre heureux ! Ou si nous voulons rester dans le doute. Mais en priant notre Mère du ciel comme un enfant, nous pouvons la voir avec les yeux de notre cœur et devenir un témoin ravi ; à moins que nous restions sur nos jugements humains. La Belle Dame nous propose d’adhérer en toute confiance au mystère qui nous dépasse. Elle est touchée en son cœur par tout ce que nous exprimons d’opposition... Telle fut l’éducation de Marie envers ses enfants. Ils prièrent près de trois heures et demie, malgré le monde incrédule. Ils furent exaucés trois jours après. La Belle Dame a dit la vérité. Les enfants n’ont pas menti ! Ayons la foi et témoignons !

Pierre-Marie
Publié dans la revue etoile Notre Dame N°204

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