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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

10 décembre 2017 : 2°dimanche de l’Avent

L'évangile de ce dimanche nous rapporte la prédication de Jean Baptiste le précurseur. Il annonce un message très important qui concerne le Royaume de Dieu tout proche. Mais alors, pourquoi avoir choisi le désert et non le Centre ville ou un lieu de grands passages ? Le désert c'est le lieu de l'aridité ; rien n'y pousse ; c'est aussi le lieu de tous les dangers pour celui qui ose s'y aventurer ; on peut y mourir de faim et de soif. De plus, nous savons aussi que le désert c'est aussi le lieu des enlèvements et des prises d'otage.

Mais en ce dimanche, la Parole de Dieu vient nous rappeler un point absolument essentiel : Dans le monde de la Bible, le désert c'est le lieu de la conversion. Il suffit de relire le livre de l'Exode pour s'en rendre compte. Comme les hébreux, nous sommes invités à découvrir que c'est le lieu de passage obligé pour celui qui veut renouveler sa foi en Dieu. Il nous faut aller au désert pour accueillir Celui qui doit venir. La question n'est pas d'aller dans le désert de la Judée ni celui du Sahara. Ce qui nous est proposé, c'est de nous retirer loin des bruits de ce monde, loin des sollicitations publicitaires qui ont tendance à prendre une place de plus en plus envahissante dans notre vie. Aller au désert, c'est nous dépouiller de toute chose superficielle pour ne retenir que l'essentiel. La véritable conversion passe par un dépouillement de notre cœur et de notre esprit.

Cet appel à nous convertir passe par des choix très concrets : « Aplanissez la route pour Dieu », nous recommande Jean Baptiste. Cela signifie qu'il nous faut faire sauter tous les obstacles qui nous éloignent de la confiance en Dieu, l'indifférence ambiante, la peur de la critique, l'impression que le mal est toujours triomphant. Quand nous lisons les journaux ou quand nous regardons la télévision, nous ne voyons souvent que ce qui va mal, la violence, le racisme, la crise économique. Ce temps de l'Avent nous invite à revenir à l'évangile pour apprendre à voir le monde avec le regard de Dieu, un regard plein d'amour et d'espérance. Avec le Christ, nous pouvons être sûrs que le mal n'aura pas le dernier mot. C'est l'amour qui vaincra.

« Produisez un fruit qui exprime votre conversion » nous dit encore Jean Baptiste. Prier tous les jours et aller à la messe c'est bien. C'est même indispensable. Mais les fruits que Dieu attend de nous, c'est aussi le respect des autres, c'est le partage avec celui qui a faim et froid, c'est aussi le courage de pardonner à celui qui nous a blessé ; c'est aussi lutter contre tout ce qui détruit une personne, un groupe ou une société. On nous parle parfois des armes de destruction massive. C'est vrai qu'elles existent et elles font mal. Mais celles qui anéantissent le plus notre monde, c'est l'égoïsme, l'indifférence, l'injustice sociale, les scandales financiers qui plongent les plus pauvres dans la misère. Préparer la venue du Seigneur dans notre vie et notre monde, cela passe par des gestes d'accueil, de partage et de réconciliation.

C'est en regardant vers sa croix que nous comprenons ce qu'il attend de nous. Devant cet amour passionné de celui qui a donné sa vie pour le salut du monde, nous découvrons que nous sommes loin du compte. Il nous faudra bien toute notre vie pour vraiment nous convertir à Jésus Christ. Il ne cesse de nous appeler à marcher à sa suite, mais de notre part, c'est souvent un pas en avant et deux en arrière. Il nous arrive de tomber mais le Seigneur est toujours là pour nous relever et nous aider à nous remettre en route. Son amour nous est offert une fois pour toutes et rien ni personne ne peut nous en séparer.

Il ne s'agit donc pas de performances spirituelles à accomplir avec la seule force de notre volonté. Les lectures de ce dimanche nous parlent de l'Esprit Saint et de son action transformante. C'est avec lui et grâce à lui que le désert devient un lieu de rencontre et d'échange, un lieu d'égalité entre tous, un lieu de partage et d'accueil. Quand le Père François a fondé la Fraternité chrétienne des personnes malades et handicapées, il voyait bien le désert de solitude dans lequel des personnes étaient plongées. C'est pour cela qu'il les a encouragées à sortir pour aller vers les autres. Il disait : « La Fraternité c'est un malade qui va vers un autre malade et ensemble, ils vont vers un troisième ». Et ce mouvement s'est étendu comme un feu dans le monde entier.

C'est dans ces gestes d'amour et de partage que nous reconnaissons la présence et l'action de l'Esprit Saint. Ils sont le signe que Dieu est déjà parmi nous. Nous aussi, nous sommes invités à l'accueillir et à accueillir tous nos frères. En ce jour, Jean Baptiste nous oriente vers Celui qui doit baptiser dans l'Esprit Saint et le feu. Par ce baptême, il nous donne une force extraordinaire de renouvellement et de recréation capable de saisir les plus grands pécheurs pour en faire des saints. Ce feu dont parle l'évangile c'est celui de l'amour qui est en Dieu. Jean Baptiste a annoncé cette bonne nouvelle mais il n'a pu en voir la réalisation. C'est pour cette raison qu'un jour, Jésus a dit : « Le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. (Mt 11, 11)

En te suivant, Seigneur Jésus, nous sommes plongés dans l'amour de Dieu. C'est mieux que les sacrifices de l'ancienne alliance. Que cette Eucharistie nous permette de partager ce bonheur avec tous ceux qui nous entourent. AMEN

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