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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

30e dimanche B : le sacerdoce du Christ et des chrétiens (Jr 31, 7- 9 ; Hé 5, 1- 6) (par P. P. Madros)

Dans  Jr 31 : pas question de « retour » des Juifs au vingtième siècle  

Jérémie prédit le retour en Terre Sainte des Hébreux déportés en 597 avant Jésus-Christ, retour grâce au petit « messie », Cyrus (Is 45, 1- 4), empereur perse, en 538 toujours avant  J.C.  Pour nous chrétiens, comme pour beaucoup de Juifs ultra-orthodoxes, tels les « Naturei Qarta », le « retour » de 1948, aux dépens de deux tiers du peuple palestinien chassé et exilé à leur tour, ne vient pas de Dieu parce que ce n’est pas le « Roi Messie » qui l’a accompli mais plutôt des athées. Nous répétons ici, dans le bon sens chrétien et la logique de la Bible, ce qu’a déclaré sans détours le pape Pie X Théodor Herzl : un « retour » des Juifs en Palestine n’a aucun sens s’ils ne reconnaissent pas Jésus de Nazareth comme Messie (et puis comme Seigneur !) En effet, le Dieu qui est amour pour tous les peuples qui sont tous, sans exceptions ni privilèges, ses enfants, refuse d’être agent immobilier pour une seule nation, aux dépens des autres et au-dessus d’elles. Pour lui, « les doux hériteront la terre ». Il rejette toute violence et toute conquête militaire, et encore plus énergiquement celles faites en son nom. C’est à ce même titre que les conquêtes mahométanes ou sarrasines ne sauraient venir du Dieu « doux et humble de cœur ».

Passons au sacerdoce : Hé 5, 1 

Parfois, nous lisons le Nouveau Testament par routine, sans nous rendre compte des révolutions bénéfiques sensationnelles qu’il contient. Voici un bout de verset explosif, pour dire le moindre : « Tout grand prêtre est pris d’entre les hommes ». Ah bon ? Sans blague ? Mais vous vous rendez compte ? Déjà, chez les Juifs, le simple prêtre ou lévite devait venir exclusivement d’une tribu, une seule, celle de Lévi. Pour atténuer le choc, on pourrait argumenter : l’auteur parle en général, des prêtres Juifs, pris d’entre « les hommes », pas de la Lune ou de Mars. Et il est désigné pour les hommes afin d’offrir des sacrifices…Question : des sacrifices aussi pour les païens et, pire encore, pour leurs péchés ? 

La réponse est claire : dans cette épître aux Hébreux, la réalité du Christ-Prêtre-Pontife éclate (Hé 5, 5) : le monopole lévitique a sauté, déjà avec Jésus-Christ lui-même, « fils de Joseph, fils de David », de la tribu de Juda, branche de Jessé. Il n’est pas pour trois sous « fils de Lévi » (contrairement à ce que le Coran suggère avec insistance, grâce à la mère de « Issa », sœur d’Aaron le prêtre, fille d’Amirâm  de la tribu de Lévi !) Voilà : déjà Jésus est grand prêtre sans être de la lignée de Lévi. Son sacerdoce « selon l’ordre de Melchisédek », est universel, comme toute sa mission et son salut. Son sacerdoce est éternel, contrairement au sacerdoce « selon l’ordre de Lévi » qui devra cesser lors de la destruction du deuxième Temple, en 70 après Jésus-Christ. Un mystérieux texte du Talmud de Babylone (Yoma 39 b), et un autre semblable dans le Talmud de Jérusalem pour le Jour de l’Expiation, semble affirmer ce qui suit : « Les sacrifices au Temple n’étaient plus acceptés, par Dieu, quarante avant la destruction de la Maison », i.e.  du Temple en 70 A.D. Il va sans dire que ces textes sont fortement contestés par les rabbins, et pour cause, puisqu’il ramène directement à l’an 30 quand Jésus a été immolé, comme sacrifice suprême et éternel de la Nouvelle Alliance (Jr 31, 31) universelle, donc avec un sacerdoce universel. 

Par ailleurs, Flavius Josèphe  raconte des signes étranges et funestes dans le Temple à partir de l’an 30 (« Guerres des Juifs », IV, chapitre V).

Temple ou pas : notre sacerdoce chrétien est universel et éternel ! 

Rien ne peut ébranler notre sacerdoce, dans le culte « en esprit et en vérité », basé non sur notre faiblesse mais sur la puissance du Christ-Roi-Messie-Ressuscité et toujours vivant ! Et toutes les péripéties anti-chrétiennes et anticatholiques dénonçant à cor et à cris « les abus du clergé catholique » : pédophilie, homosexualité et autres scandales… ne feront que purifier notre clergé !  

Saint Paul  avait prévu le coup en parlant d’abord, sans ambiguïté, de sa propre indignité comme prêtre, oui comme prêtre de Jésus-Christ : « prêtre de Jésus-Christ auprès des nations, ministre de l’Evangile de Dieu… » (notons que le nom de Jésus précède celui de Dieu)… » (Rom 15, 16), « moi qui suis le dernier des apôtres, indigne d’être appelé apôtre parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu » (1 Cor 15, 9). 

Bon, on a compris ! Et les autres apôtres, prêtres de « la nouvelle alliance », cher saint Paul ? Réponse : « Qu’on nous regarde comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu » (1 Cor 4, 1 s), « investis miséricordieusement de ce ministère, nous ne faiblissions pas… mais ce trésor, nous le portons en des vases d’argile… » (2 Cor 4, 1 et 7), car nous avons cette assurance et notre  compétence  ne vient pas de nous : « ce n’est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous ; non, notre capacité vient de Dieu qui nous a rendus capables d’être ministres d’une nouvelle alliance… »52 Cor 3, 5- 6).

Conclusion 

Notre grand prêtre est immortel et invincible, notre temple indestructible, notre sacrifice éternel, et celui de nos fidèles royal ! 

 

 

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