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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

33e dimanche du temps ordinaire - Homélie du Père Madros de Jérusalem

Le « Fils de l’homme » : le prêtre de la nouvelle Alliance  - (Dan 12, 1-3 ; Hé 10, 11-14 ; Mc 13, 24-32)  (par P.P. Madros)

Le livre de Daniel, considéré prophétique par les chrétiens et simplement hagiographique par le Juifs, parle du « Fils de l’homme  qui viendra sur les nuées du ciel ».  Jésus s’applique cette prophétie, ce qui lui vaut la condamnation à mort pour « blasphème », pour la bonne raison que ce personnage de Dn 7, 13 s  a des prérogatives divines. Daniel distingue très clairement entre ce « Fils de l’homme » et « Michaël, le grand prince ». Pas question donc d’identifier l’archange Michel et Jésus « avant son incarnation », comme font les Témoins de Jéhovah.  La direction de cette secte, persistant à nier coûte que coûte la divinité du Christ, a trouvé cette échappatoire qui n’a aucun fondement biblique ! En effet, saint Jean l’évangéliste théologien, qui voit tout avec un œil d’aigle, est formel : C’est « le Verbe qui s’est fait chair » (1, 14) et nullement l’ange Michel !

Une fois de plus s’illustre la déclaration du génie qu’était saint Thomas d’Aquin : «  Toutes les hérésies ont en commun la volonté intempestive de réduire la dignité et la splendeur du Christ ! »

Toujours dans un souci pastoral, en commentant ces lectures du dimanche, nous notons que la même dénomination mentionnée ci-dessus, suivant les traces des Adventistes, professe que les méchants seront anéantis tandis que les justes vivront dans l’au-delà. Très dangereuse doctrine, s’il en est ! Si les méchants sont purement et simplement annihilés (ce que le bon Dieu n’a guère coutume de faire !), alors à quoi bon faire le bien,  résister à la tentation ! Nous faisons le mal tant que nous sommes sur terre, et après dans l’au-delà tant pis, on ne veut pas vivre !

Cette lecture de Dn parle d’une « honte et d’un rejet éternels », un peu comme « la perdition, le châtiment » κόλασις de Mt 25, 46.

Consolation et joie pour celles et « ceux qui indiquent le bien » aux autres : ces guides de la voie de la vertu et du bonheur « brilleront comme des astres dans le ciel » ! Maintenant, si les auditeurs veulent rester dans le mal, le malheur et les ténèbres, les justes « seront innocents de leur sang » !

 

La lettre aux Hébreux : les sacrifices sanglants d’animaux ne peuvent pas remettre les péchés ! (Hé 10, 11-14)

C’est du gros calibre ! Le Nouveau Testament, comme le Christ, sont toujours clairs, catégoriques, sans tergiversations ni circonlocutions ! Aujourd’hui, cinquante ans après « Nostra Aetate » de Vatican II sur les rapports avec les Juifs et les Musulmans, nous ne pouvons plus rien dire de négatif sur la foi des uns ni des autres ! Cela serait « manquer de respect, pécher par étroitesse d’esprit, être arrogamment polémiques, or il faut l’accueil, la tolérance, l’ouverture d’esprit, le respect » (même s’ils ne sont pas réciproques !) L’auteur de cette lettre destinée à des Juifs convertis ne mâche pas ses mots : les sacrifices d’animaux, c’est zéro ! Et bientôt, il n’y en aura plus ! Après l’année 70, vous pouvez courir pour avoir de nouveau Temple, sacerdoce et sacrifices !

Là, pour l’homme contemporain occidental, c’est de l’antisémitisme ! Mais le respect excessif qui va jusqu’à déformer, édulcorer ou taire la vérité ne correspond pas aux critères de Jésus ni de saint Paul ni du reste du Nouveau Testament. Dieu est en même temps Vérité et Amour ! La lettre aux Corinthiens déclare sans ambages que « la charité ne se réjouit pas dans l’injustice (ni dans l’erreur) mais bien dans la vérité ! » (1 Cor 13, 6). La lettre circulaire paulinienne, adressée entre  autres aux Ephésiens, somme tous les destinataires à « faire la vérité dans la charité » (Eph 4, 15).

Citant le psaume 110 (109 d’après le grec), l’auteur de l’épître aux Hébreux mentionne la victoire du Christ, où « il fera de ses ennemis  l’escabeau de ses pieds », triomphe divino-humain sans triomphalisme, victoire où les vaincus bénéficient toujours du pardon et du respect (là, nous y sommes vraiment !) Et de nos jours ? Nous avons l’air de croire, depuis quelques décades, que puisque nous nous aimons nos ennemis que eux aussi nous aiment, par osmose ou par sainte contagion ! En fin de comptes, nous imaginons que ni le Christ ni nous n’avons des ennemis ! Or, rien n’est plus erroné ! Le Maître nous a prévenus : s’il a été méprisé et haï, nous le serons aussi ! « Vous serez haïs de tous à cause de mon nom » (Mt 10,  22). Nous avons beau être des agneaux ou des colombes, notre mansuétude et notre innocence (pour ne pas dire notre naïveté et notre ingénuité incurables) ne sauraient supprimer l’existence des « loups » (Mt 10, 16). N’ayons donc pas peur de constater la réalité, sans rancœur ni hargne : la « christianophobie » existe et pas seulement « la xénophobie, l’islamophobie, l’homophobie ». La « cage des phobies » a un territoire beaucoup plus vaste qu’on ne l’aurait souhaité !

 

Le « Fils de l’homme » est en réalité le « Père de l’homme » (Mc 13, 24-32) 

Depuis l’Incarnation, Jésus s’identifie et se confond avec l’humanité, dans le meilleur sens du mot ! Le verbe incarné a inauguré « l’humanisme intégral » (J. Maritain), « l’homme nouveau », fils de la « Femme » nouvelle, Marie. Le laïcisme antichrétien, qui veut à tout prix éliminer Jésus et l’Evangile de l’Occident et de l’Orient, ne semble pas voir la dégradation de l’enfant, de l’homme, de la femme, du couple, de la famille (ce qui en reste !) quand il contredit le Maître de Galilée et l’évangile de la paix ! Les personnes qui se disent « laïques » ne voient pas que supprimer le patrimoine judéo-chrétien de l’Europe (et du reste de l’Occident) apportera et a déjà apporté l’avilissement de l’homme, un plus grand asservissement de la femme et de l’enfant, une « culture de la mort », une dissolution incontrôlable, une dévaluation du corps, une captivité des peuples vendus aux potentats du pétrole et aux grandes compagnies multinationales ! 

 

Conclusion

Notre esprit chrétien de charité nous empêche d’adopter cette prière orageuse et agressive du Psalmiste, dans notre sainte impatience de voir le prince des ténèbres écrasé : « Que Dieu se lève et que ses ennemis se dispersent ; que ceux qui le haïssent fuient de son visage ! » (Ps 68 (67), 1). Mais nous pouvons sans offenser personne et sans marcher sur les pieds de quiconque crier, hurler, avec force larmes : « Que ton règne vienne ! » Ô Fils de l’homme, manifeste-toi « sur les nuées du ciel » !

 

Voir les condoléances et encouragements du Père Madros au Peuple Français

 

 

 

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