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« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

6e jour : le don de la piété filiale - Approfondir les dons de l'Esprit-Saint

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Prières quotidiennes
Chant à l'Esprit-Saint : Venite adoremus, venite adoremus, venite adoremus Dominus.   ( p.30, carnet de chants)

La Piété est un don par lequel nous vénérons et nous aimons Dieu et les Saints, et nous avons des sentiments de miséricorde et de bienveillance envers le prochain pour l’amour de Dieu.

Il s’agit d’une confiance filiale, c’est à dire à la fois très simple, spontanée, et concrète envers Dieu-Père. C’est l’enfant qui va vers son papa, sa maman avec confiance. Il a une relation simple spontanée avec eux. C’est la relation sans nœud, sans sous entendu avec Dieu. Il n’y a pas d’aparté, pas de nuages. Le Saint Esprit nous apprend à être simples avec Dieu.
Quand on découvre que cette Paternité est unique, on ne peut avoir qu’une piété filiale envers Lui, une confiance à toute épreuve, une spontanéité sans calcul. C’est un élan tout pur vers Dieu. C’est surtout dans la prière qu’on ressent cet élan comme un enfant qui se jette dans les bras de son Père. C’est l’Esprit  Saint qui nous faire dire : « Abba ! »

L'Esprit de Piété est semblable à la seconde béatitude de l'Evangile dont le Seigneur a dit : « Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre »
Dieu a dit, dans Isaïe, de ceux qui sont animés de cet esprit : « L'esprit du Seigneur est sur moi, Il m'a envoyé prêcher à ceux qui sont doux » (Is 61,1). « Moïse était aussi le plus doux des hommes qui vivaient sur la terre » (Nb 12,3). C'est de ces hommes que Job dit : « Le Seigneur élève très haut les humbles : et Il relève ceux qui sont affligés en leur accordant la sûreté. » (Jb 5,12).
Aussi est-il dit de même du Seigneur : « Il sauvera ceux qui sont humbles d'esprit » (Ps 32,19). Au contraire, au sujet des orgueilleux, il est dit : « Dieu résiste aux superbes » (Is 4,6). « Le cœur s'exalte avant la ruine » (Pr 15,18). L'orgueil précipite de haut en bas, l'humilité élève de bas en haut. Enflé de superbe dans les cieux, l'ange tomba dans les enfers : en s'humiliant sur la terre, l'homme monte vers les cieux. Plus on est élevé, plus on doit être humble. Aussi est-il écrit : « plus vous êtes grand, plus il faut vous humilier et vous trouverez grâce devant Dieu. » (Si 3,20), De là vient que le Seigneur lui-même dit à ses disciples : « Celui qui voudra être le premier parmi vous, sera votre serviteur » (Mt 20,27).  
Et encore : « Lorsque vous aurez accompli tout ce qui vous a été commandé, dites : nous sommes des serviteurs inutiles » (Lc 17,10). Le Seigneur dit encore : « Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29). Sans l'humilité, toutes les autres vertus ne peuvent servir de rien. Aussi le bienheureux pape Grégoire, dit : « C'est ce que le Seigneur nous montre évidemment dans le passage où il cite l'exemple du Publicain et du Pharisien ». (Lc 18,10).
C’est le jugement qu'a porté un certain sage qui a dit : « Mieux vaut une humble confession dans le mal qu'on a fait, qu'une exaltation superbe dans le bien qu'on a opéré »

Le cœur du chrétien ne doit être ni froid ni indifférent ; il faut qu'il soit tendre et dévoué ; autrement il ne pourrait s'élever dans la voie à laquelle Dieu, qui est amour a daigné l'appeler. L'Esprit-Saint produit donc en l'homme le don de Piété, en lui inspirant un retour filial vers son Créateur.

« Vous avez reçu l'Esprit d'adoption, nous dit l'Apôtre, et c'est par cet Esprit que nous crions à Dieu : Père ! Père » ! (Rm 8,15.) Cette disposition rend l'âme sensible à tout ce qui touche l'honneur de Dieu. Elle fait que l'homme nourrit en lui-même la componction de ses péchés, à la vue de l'infinie bonté qui a daigné le supporter et lui pardonner, à la pensée des souffrances et de la mort du Rédempteur. Elle voudrait amener tous les hommes à ses pieds, et les outrages qu'Il reçoit lui sont particulièrement sensibles. Sa joie est de voir le progrès des âmes dans l'amour, et les dévouements que cet amour leur inspire pour Celui qui est le souverain bien.

Remplie d'une soumission filiale envers ce Père universel qui est aux cieux, elle est prête à toutes ses volontés. Elle se résigne de cœur à toutes les dispositions de sa Providence. Sa foi est simple et vive. Elle se tient amoureusement soumise à l'Eglise, toujours prête à renoncer à ses idées les plus chères, si elles s'écartent en quelque chose de son enseignement ou de sa pratique, ayant une horreur instinctive de la nouveauté et de l'indépendance.

Ce dévouement à Dieu qu'inspire le don de Piété en unissant l'âme à son Créateur par l'affection filiale, l'unit d'une affection fraternelle à toutes les créatures, puisqu'elles sont l'œuvre de la puissance de Dieu et qu'elles sont à lui. Sa bienveillance pour ses frères est universelle. Son cœur est disposé au pardon des injures, au support des imperfections d'autrui, à l'excuse pour les torts du prochain. Il est compatissant pour le pauvre, empressé auprès de l'infirme.

Une douceur affectueuse révèle le fond de son cœur ; et dans ses rapports avec ses frères de la terre, on le voit toujours disposé à pleurer avec ceux qui pleurent, à se réjouir avec ceux qui sont dans la joie. Telle est, ô divin Esprit, la disposition de ceux qui cultivent le don de Piété que vous avez versé dans leurs âmes.

Le grand obstacle : C’est d’avoir peur de Dieu. Penser que Dieu est comme un gendarme, qu’il va nous arriver malheur parce qu’on n’a pas été à la messe ou qu’on n’a pas fait sa prière. Cette conception est très fréquente et très paralysante. Les formes peuvent varier, avec toujours ce trait commun : c’est une ignorance de ce qu’est la vraie Paternité. De Dieu on connaît Jésus et l’Esprit-Saint, mais très mal le Père. On n’a jamais cet élan filial, comme Jésus sur la Croix qui s’en remet dans les mains de son Père.
Le don de Piété est répandu dans nos âmes par le Saint-Esprit pour combattre l'égoïsme, qui est l'une des mauvaises passions de l'homme déchu, et le second obstacle à son union avec Dieu.

Le meilleur moyen : c’est de fréquenter l’Ecriture. Ne pas revenir d’abord sur sa propre histoire et ses souvenirs de famille. Car Dieu est Père d’une paternité céleste, unique, tellement différente, autre que celle que nous avons pu vivre en positif comme en négatif dans notre propre vie de famille. Le seul moyen c’est l’Ecriture. Il n’y a que Jésus qui nous donne le vrai visage de Dieu : « Personne ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils voudra Le révéler. » Alors ensuite, avec cette lumière, on pourra revenir sur les blessures du passé. Déjà dans l’Ancien Testament, Thérèse de l’Enfant Jésus avait entrevu la Paternité de Dieu (Isaïe 40-60). Les psaumes aussi nous révèlent l’élan d’un cœur filial.

Jésus nous a encouragés en nous disant que Son Père céleste « fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants » (Mt 5,45).
Ne souffrez pas, divin Paraclet, qu'une si paternelle indulgence soit un exemple perdu pour nous, et daignez développer dans nos âmes ce germe de dévouement, de bienveillance et de compassion que vous y avez placé au moment où vous en preniez possession par le saint Baptême.

Esprit-Saint, faites fructifier en nous un si précieux don ;
ne permettez pas qu'il soit étouffé par l'amour de nous-mêmes.

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