Logo Etoile Notre Dame

Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Dimanche dans l'octave de Noël : fête de la Sainte Famille - Père Madros de Jérusalem

Jésus, Marie, Joseph : la plus grande et meilleure révolution !

(1 Jn 3, 1- 24 ; Lc 2, 41- 52) (P. P. Madros)

Vision révolutionnaire bénéfique de l’universelle paternité divine (1 Jn 3, 1 s)

Jésus, fils de Marie et de Joseph, de Nazareth, originaire de Bethléem, se comporte en Fils, Fils de Dieu (Lc 2, 41- 52), et, d’après la nature, Fils de la Vierge. Dostoïevski a raison : « Rien (et personne !) de plus beau, de plus profond, de plus tendre, de plus sage, de plus courageux, de plus parfait que le Christ ! Il est impossible qu’il en existe, et que qui que ce soit ou quoi que ce soit Le dépasse ! » Dieu, étant le plus grand Etre, et le plus important, la notion de la divinité domine toute la vie des mortels. Et voici Jésus de Nazareth qui nous déclare : Dieu est non seulement un Père, pour un seul peuple, privilégié, qui se gargarise de L’invoquer : « אבינו שבשמיםNotre Papa à nous, les Juifs, qui es dans les cieux », mais Dieu est le Père de tous, y compris des impurs goyîm ! Du coup, les humains ne sont plus des sujets, des esclaves, des soumis forcés, mais des enfants. L’islam, négation du Christianisme, dans une régression spectaculaire (cachée aux yeux trop bienveillants !), renie cette filiation divine de l’humanité ou plutôt la paternité divine de Dieu qu’il lie, malencontreusement, à la sexualité ! Conséquence : les hommes au masculin sont des esclaves de Mahomet, esclave d’Allah ; les femmes sont les femmes-esclaves des hommes-esclaves de l’esclave d’Allah ; et les chrétiens en pays musulman sont les esclaves des esclaves de l’esclave d’Allah !

La première lettre de Saint Jean, dans la lecture d’aujourd’hui (1 Jn 3, 1 s), exprime à merveille la paternité de Dieu qui est « le Père », par excellence, dans l’absolu et l’universel ! Les Arméniens, fortement marqués par le Christianisme et peuple-martyr pour le Christ, désignent Dieu, avec émotion, comme « AsdvadzBabanԱստւած Պապան », « Dieu Papa » ! Et c’est à partir de la Famille du Ciel que la Sainte Famille de la terre, à Bethléem et à Nazareth, va bouleverser le monde. En effet, quand tous les peuples sans exception prieront et prient « Notre Père qui est dans les cieux », une fin sera définitivement mise à l’esclavage, à l’inégalité, à l’injustice, à l’oppression, à l‘arbitraire, à l‘abus de pouvoir et de puissance, à l’hégémonie du sexe masculin (dans le patriarcat) ou de l’argent. Tous sont désormais fils, tous héritiers (cf Gal 3, 23 – 4, 7) : il n’y a plus « de Juif ni de Grec, ni d’homme et de femme (discrimination sanctionnée par la circoncision), ni esclave ni homme libre », car tous sont « un dans le Christ » (Gal 3, 26 s), enfants du même Père !

La Sainte Famille que les bergers trouvent et qui, au Temple, se retrouve (Lc 2, 16 et 41- 52)

Les bergers de Beit Sahourبيت ساحور (localité qui signifie « maison de la veille » ou « des Mages ») sont les premiers à rencontrer la Sainte Famille. L’ordre présenté par Saint Luc ne manque pas d’étonner, quand on y pense ! « Ils ont trouvé (ανεύρον) Marie, Joseph et le bébé, couché dans une mangeoire ». Qu’une femme soit mentionnée avant son mari ! C’est une révolution, gros calibre !

La fin du patriarcat patricien et tribal : arbitraire et, chez les Juifs, polygame

  • Chez les Romains, le mariage est l’apanage des hommes libres ; les esclaves ne pouvaient se marier ! Maintenant, entre libres, le « paterfamilias » commandait, sans appel ! Il avait l’autorité absolue et était « sui juris », maître incontestable, de droit propre, ne dépendant de personne, pas même de l’Etat (sauf pour les crimes de droit commun). Le terme même de « familia » désignait « l’esclavage », non des esclaves sociologiques, mais de toute « famille » où les membres étaient assujettis au chef du foyer. Les relations maritales étaient désignées par le mot composé « conjugales », signifiant littéralement « partageant le joug ». Jésus déclare l’égalité de droits entre époux et épouses, dans l’absolue égalité imposée par la monogamie et par l’interdiction de la répudiation. Celle-ci constitue une injustice de fond, car la partie (le mari ou la femme qui répudie l’autre) se pose en juge, rarement impartial et désintéressé puisque personnellement impliqué ! Le couple chrétien (surtout catholique, ne vous en déplaise !), selon le modèle de Marie-Joseph, devient une tour inexpugnable, au-dessus des concupiscences, des faiblesses, et des caprices, pour le plus grand bienfait du couple et des enfants. Soit dit sans méchanceté, chez nos frères les Protestants, il n’y a pas de famille-modèle, puisque, contrairement à Martin Luther, beaucoup d’entre eux ont choisi d’ignorer ou d’éliminer la Sainte Vierge et Saint Joseph. Celui-ci ne reçoit aucune vénération officielle dans l’Eglise orthodoxe (à notre connaissance). Avec « le Seigneur Jésus, tout seul », pas de foyer, pas de famille, pas de modèle de virginité féconde spirituellement, pas de modèle de maternité ni de paternité spirituelle à la Joseph !

A propos d’esclavage, Saint Paul, bien versé en droit romain, reprend l’idée de l’adoption et  de la servitude, en les élevant aux dimensions divines du Christianisme où le Père qui nous adopte s’appelle Dieu, et où « nous ne sommes esclaves les uns des autres » (surtout dans le lien conjugal, cfEph 5, 21 s) que par amour » (Gal 5, 13). Passage gigantesque de l’amour de l’esclavage à l’esclavage de l’amour, et de l’amour de la puissance à la puissance de l’amour !

  • Marie-Joseph et Jésus : voici la révolution qui « chambarde » le mariage juif où le mari, bien au masculin, avait droit à plusieurs épouses, avec le néfaste inconvénient de la multiplicité de belles-mères (polygamie d’un Abraham, d’un David, d’un Solomon !!!) Ce dernier souverain a dépassé, et de beaucoup, le nombre 18 que les sources rabbiniques avaient fixé pour le roi !

Nous voyons déjà la fidélité, la constance et la cohésion du couple Marie-Joseph, ainsi que le grand respect dont la Vierge fait preuve, en parlant à Jésus adolescent, probablement bar-mitsvah aussi : « Enfant, que nous as-tu fait ? Ton père et moi te cherchions avec angoisse ! » Héroïsme de Saint Joseph, « qui était un juste » : « tenir le coup » avec une Vierge pendant toutes ces années ! Ne pas se procurer une semence à lui-même : position héroïque et unique pour un homme Juif ! Fruit d’une grâce unique !

Conclusion

L’Eglise continue à défendre la monogamie, discrètement mais résolument, face à la polygamie néo-juive que l’on trouve dans l’Islam. L’Eglise s’oppose à tous les attentats contre le mariage, bien que parfois, malheureusement, des déclarations et des positions de certains ecclésiastiques sont floues, molles, à la limite de l’orthodoxie ! Or, il s’agit d’un sujet où Jésus n’a absolument pas tergiversé ni négocié ! L’Eternel Galiléen est formel : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Et, par ricochet, « Ce que Dieu a séparé, que l’homme ne s’avise pas à l’unir ! »

 

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.