Logo Etoile Notre Dame

Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Faut-il lever les mains pendant le Notre Père ?

Une pratique qui n'est pas explicitement interdite par le missel et qui vient de très loin.

On voit souvent les fidèles lever les mains paumes vers le ciel comme le prêtre durant le Notre Père, ce qui n’est ni prévu ni inscrit au Missel romain. Durant la messe, les laïcs ne devraient pas faire les gestes réservés au prêtre et ne devraient pas dire les mots ou les prières des prêtres, confondant le sacerdoce commun avec le sacerdoce ministériel.

Seuls les prêtres tendent leurs mains et mieux vaut que les fidèles ne fassent rien ou qu’ils joignent leurs mains en prière, l’important étant la foi intérieure, que Dieu voit. Les gestes des prêtres durant la messe (surtout) ont pour objectif de montrer au fidèle que le prêtre est la personne désignée pour intercéder pour lui.

Tendre les bras en prière était déjà une coutume dans l’Église primitive, mais dans le cadre d’une prière en cercle, ou d’une prière privée, ou d’événements non liturgiques, pas durant la célébration eucharistique :

« Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute. » (Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2-8).

Les gestes durant la messe sont précis, pour le prêtre et pour le fidèle ; chaque personne fait ce qui lui correspond et le fidèle ne devrait pas copier les prêtres.

Prendre la main de quelqu’un et lever la main en l’air durant la récitation du Notre Père sont, pour les fidèles, des pratiques non liturgiques ; même si elles ne sont pas explicitement interdites dans le missel, elles ne sont pas appropriées. Les fidèles ne devraient pas répéter les mots et les gestes du prêtre car son rôle est de présider l’assemblée liturgique. Un geste qui traduit la prière persévérante par laquelle Moïse a obtenu une victoire décisive (Ex 17, 8-13)

« Josué [livrait] bataille aux Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline. Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Mais les mains de Moïse s’alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil. Et Josué triompha des Amalécites au tranchant de l’épée. »

Faut-il se donner la main ?

L’habitude de se donner la main en récitant le Notre Père provient du monde protestant. Les protestants ne reconnaissent pas la présence réelle du Christ dans les espèces eucharistiques consacré (pain et vin). La communion au corps et au sang du Christ qui unit à Dieu n’est pas sacramentelle. Ils se donnent donc la main pour accomplir un geste de communion dans la prière communautaire.

Durant la messe il y a deux moments importants : la Consécration et la Communion. C’est durant la messe que nous trouvons notre unité ; c’est là que nous nous unissons au Christ et dans le Christ, à travers le sacerdoce commun du fidèle. Se tenir les mains en est un détournement. En tant que catholiques, nous sommes unis parce que nous recevons la Sainte Communion, pas parce que nous nous donnons la main.

Rien n’indique, dans la Présentation du Missel romain, que nous devrions nous tenir par la main. Durant la messe, chaque geste est réglementé par l’Église et la Tradition dont elle est dépositaire.

C’est pourquoi il y a des moments particuliers durant la messe où nous devons nous agenouiller, nous lever, nous asseoir – et il n’est écrit nulle part que nous devons nous prendre par la main pendant le Notre Père.

Cette pratique n’est donc pas nécessaire durant la célébration de la messe, mais libre à celui qui le souhaite de le faire avec quelqu’un qu’il connait bien, sans forcer ou gêner personne et sans essayer de faire de cette pratique une norme liturgique.

Rappelons-nous que tous ne souhaitent pas prendre la main de son voisin, et tenter d’imposer cela nuit à la prière, à la piété et au recueillement (la prière communautaire en dehors de la messe est différente : il n’y a pas de raison liturgique à ne pas prendre la main de quelqu’un car cela peut être un geste très touchant et symbolique).

Ce n’est qu’une exaltation des sentiments. Être en communion avec quelqu’un ne dépend pas tant du fait de lui donner la main durant le Notre Père que d’être allé se confesser, d’être dans un état de grâce et surtout, d’être bien préparé pour l’Eucharistie.

S’il était nécessaire, important ou opportun pour toute l’Église de se tenir la main, les Conférences épiscopales et des évêques auraient déjà envoyé une pétition à Rome pour instituer cette pratique. Ils ne l’ont pas fait et je ne pense pas qu’ils le feront.

Père Henry Vargas Holguin 

Le père Henry Vargas Holguin est né en 1967 à Tunja, chef-lieu du département de Boyacá en Colombie. Il y a étudié la philosophie au Grand Séminaire, avant de rejoindre l’institut de théologie de Rome. Il a également étudié la théologie fondamentale à l’Université pontificale Angelicum de Rome et suivi des cours de spécialisation en philosophie et en humanisme à l’Université pontificale Bolivariana (Colombie). Il exerce aujourd’hui son ministère de prêtre en paroisse rurale dans le diocèse espagnol d’Urgell en Catalogne.

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.