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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Homélie de S.E. Mgr Henryk Hoser, Visiteur Apostolique à caractère spécial pour la paroisse de Medjugorje - 22 juillet 2018

Votre Excellence, Monseigneur nonce apostolique en Bosnie-Herzégovine,
Votre Excellence, évêque du diocèse d’Alexandrie en Italie,
Révérend père Provincial,
Chers prêtres,
Chers consacrés,
Chers fidèles de la paroisse de Medjugorje,
Chers pèlerins,
Frères et sœurs,

Le Seigneur dit : « Malheur aux pasteurs qui perdent et dispersent les brebis de mon pâturage. » (Jérémie 23, 1)
Le Saint-Père, pasteur universel de l’Église, s’approprie ces paroles du prophète. Il nous envoie là où les gens existent et vivent, où les fidèles se rassemblent, cherchant la lumière du Salut.
Aujourd’hui, le Seigneur nous offre un modèle et un exemple missionnaire incomparable : « En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement. » (Marc 6, 34)
Le Saint-Père envoie les apôtres et les missionnaires dans le monde entier selon l’ordre du Christ : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 19-20)
Rassemblés pour la messe dominicale, soyons attentifs aux paroles de saint Paul, apôtre des nations, qui dit : « Or voici qu’à présent, dans le Christ Jésus, vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ. … Il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches. » (Éphésiens 2, 13.17)
Des pèlerins de loin, d’environ 80 pays du monde, viennent à Medjugorje. La distance – loin – signifie l’espace mesuré par des kilomètres parcourus. Pour les parcourir, il faut avoir une motivation ferme et déterminée et aussi les moyens importants pour réaliser un tel voyage.
Mais le mot « loin » signifie aussi une autre chose : une situation existentielle de tant de personnes qui se sont éloignées de Dieu, du Christ, de leur Église et de la lumière qui donne le sens à la vie, qui l’oriente et lui donne son but digne, une vie qui vaut la peine d’être vécue.
Maintenant, nous pouvons mieux comprendre pourquoi le Saint-Père a envoyé à Medjugorje le Visiteur Apostolique : le soin pastoral doit assurer un accompagnement stable et continu de la communauté paroissiale de Medjugorje et des fidèles qui s’y rendent en pèlerinage.
Cette mission ne concerne pas seulement ceux qui sont loin, mais aussi ceux qui sont proches, proches dans un double sens : proches parce qu’ils vivent depuis des générations en ce lieu, proches parce qu’ils sont paroissiens de Medjugorje, proches parce que depuis trente-sept ans, ils sont témoins de tous ces événements dans cette région. Dans un autre sens, « proches » sont également tous ceux qui vivent une foi ardente et chaleureuse, qui veulent être dans une relation étroite et reconnaissante avec le Seigneur ressuscité et miséricordieux.
Nous pouvons maintenant poser la question fondamentale : pourquoi tant de personnes viennent chaque année à Medjugorje ?
La réponse qui s’impose est la suivante : pour rencontrer quelqu’un, pour rencontrer Dieu, pour rencontrer le Christ, pour rencontrer Sa Mère. Et puis pour trouver le chemin qui mène au bonheur de vivre dans la maison du Père et de la Mère ; enfin pour découvrir le chemin marial comme le plus fiable et le plus sûr. C’est le chemin du culte marial qui se vit depuis des années ici, ce « culte sacré, dans lequel se rencontrent le sommet de la sagesse et de la foi, ce qui est la tâche principale du Peuple de Dieu ».
Il s’agit vraiment d’un culte christocentrique, « parce qu’il tire du Christ son origine et son efficacité, trouve en Christ sa pleine expression, et par le Christ, dans l’Esprit, conduit au Père » - comme le disait le pape Paul VI.
Le Concile Vatican II souligne fortement que « les formes diverses de piété envers la Sainte Vierge, que l’Église a approuvées, en les maintenant dans les limites d’une saine doctrine orthodoxe » se développent dans la subordination harmonieuse au culte offert au Christ autour duquel elles gravitent comme autour de leur point de référence naturel et nécessaire. (Voir Conc. Vat II, Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, 66 : AAS 57 (1965), p. 65).
Et ensuite : « Pour dissiper les doutes, et surtout pour encourager le développement de cette dévotion à la Vierge dans l’Église, il n’est pas inutile de rappeler qu’elle est inspirée par la Parole de Dieu, et qu’elle se réalise dans l’esprit du Christ ». (Cf. Paul VI, Marialis Cultus)
Telle est la dévotion populaire à Medjugorje : au centre se trouve la Sainte Messe, l’adoration du Saint Sacrement, la fréquentation massive du Sacrement de la pénitence ; et tout cela accompagné d’autres formes de piété : le Rosaire et le Chemin de croix qui ont transformé les pierres pointues en sentiers lisses.
Les pèlerins consacrent leur temps pour demeurer dans l’espace de Medjugorje. À cet égard, le Saint Pape Jean Paul II disait que « comme le temps peut être ponctué de « kairoi », de « moments de grâce » particuliers, l’espace peut aussi être marqué par des interventions spéciales salvatrices de Dieu. Cette intuition est d’ailleurs présente dans toutes les religions, qui connaissent non seulement des temps sacrés, mais aussi des espaces sacrés, où la rencontre avec le divin peut être expérimentée plus intensément qu’habituellement dans l’immensité du Cosmos ». (Lettre sur le pèlerinage, 30.06.1999)
Medjugorje nous offre le temps et l’espace de la grâce divine par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église, vénérée ici sous le nom de « Reine de la paix ».
Ce nom est bien connu dans les Litanies de Lorette. C’est vrai, le monde a tellement besoin de paix : la paix dans chaque cœur, la paix dans la famille, la paix sociale et la paix internationale tellement désirée par tous, particulièrement par les citoyens de ce pays, qui a été tellement éprouvé par la guerre des Balkans. Promouvoir la paix signifie construire une civilisation fondée sur l’amour, la communion, la fraternité, la justice, et donc sur la paix et la liberté.
Que Notre Dame, la Mère du Prince de la paix annoncé par les prophètes, soit notre Protectrice, notre Reine, notre Mère. Amen.

 

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