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La Macédoine va honorer Mère Teresa

Mère Teresa est née à Skopje en 1910. La capitale macédonienne accueillera le 11 septembre prochain une journée de festivités, suite à la canonisation de la fondatrice des Missionnaires de la Charité, une semaine plus tôt, le 4 septembre, à Rome.

Le Pape François a nommé un envoyé spécial pour cette « journée de remerciement » en Macédoine : il s’agit du cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, en Bosnie et et Herzégovine. Mère Teresa est une figure très populaire en Inde, mais elle est aussi, c’est moins connu, très vénérée dans les Balkans. Son histoire personnelle s’inscrit dans l’histoire complexe de cette région européenne.

Mère Teresa, figure populaire et omniprésente dans les Balkans

Anieze Gonxha Bojaxhiu, la future Mère Teresa, est en effet née à Skopje, dans une famille albanaise, le 26 août 1910. Cette ville faisait alors partie de l’Empire ottoman. Par la suite, c’est la Serbie puis la Yougoslavie qui prirent le contrôle de cette ville, au fil des bouleversements dus aux guerres balkaniques et à la Première guerre mondiale. Partie en Inde en 1928, Mère Teresa a ensuite pris la nationalité indienne dans les années 1950 et n’a redécouvert son pays d’origine qu’à la fin de sa vie, mais elle elle est désormais très mise en valeur en Macédoine, au Kosovo et en Albanie.

«Nous sommes le peuple de mère Teresa !» Cette déclaration du président albanais, lors de la visite du Pape François en 2014, est révélatrice de la popularité de la future sainte. L’aéroport international de Tirana porte son nom, tout comme la cathédrale de Pristina, au Kosovo voisin, qui fut construite dans les années 2000 avec le soutien du leader indépendantiste musulman Ibrahim Rugova, alors tellement enthousiaste que certains de ses proches avaient cru qu’il s’était converti au catholicisme. La figure de Mère Teresa transcende les clivages ethniques, religieux et politiques qui ont fracturé les Balkans au long du XXe siècle.

Héroïne nationale en Albanie

Le cas précis de l’État albanais traduit une évolution paradoxale. Marquée durant 40 ans par une dictature athée extrêmement sévère, l’Albanie tient désormais Mère Teresa comme une héroïne nationale. En 1989, pour sa première visite en Albanie, elle avait été reçue en grande pompe par les autorités encore communistes du pays. La religieuse catholique la plus célèbre du monde avait même rencontré la veuve de l’ancien président Enver Hoxha, qui s’était éteint quatre ans plus tôt. Toujours en vie actuellement, cette femme ne tarit pas d’éloges sur Mère Teresa qui avait alors déposé une fleur sur la tombe de son mari, en déclarant simplement vouloir montrer que, pour les chrétiens, «la mort n’est pas une fin définitive». Cet hommage rendu à un chef d’État qui avait fait exécuter ses opposants et détruire tous les signes visibles de la religion avait beaucoup surpris.

Dans le même temps, les Missionnaires de la Charité ouvraient leurs premières maisons en URSS, avec le soutien personnel du président soviétique Mikhail Gorbatchev. Face à l’aura de sainteté de la religieuse, toutes les fractures idéologiques semblaient s’effacer. La grande sainte de l’Inde fut donc aussi une figure de miséricorde pour l’Europe, au même titre que saint Jean-Paul II, son frère dans la foi et dans la sainteté.

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