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« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

La Pentecôte, naissance de l'Eglise au cénacle à Jérusalem - Père Madros de Jérusalem

 La Pentecôte, Noël de l’Eglise - La mère de toutes les églises, capitale de Jésus et du Christianisme

(Ac 2, 1- 11 ;Gal 5, 16- 25) - (par P. P. Madros)

 

Naissance et mort de l’Eglise en Terre Sainte

Ce titre imite celui d’un ouvrage de Jean-Pierre Vallognes « Vie et mort des chrétiens du Moyen-Orient », en 1994, chez Fayard ; plutôt agonie surtout depuis 1948 en Palestine, 1974 au Liban,  2003 en Irak, 2011 en Egypte, et 2012 en Syrie. A Jérusalem, c’est « la Ville Sainte, la Sainte Sion, la Mère de toutes les églises » qui est oubliée par le Protestantisme anglo-américain qui professe la réalisation du « règne de Dieu » dans un Etat Juif dont Jérusalem serait « la capitale éternelle » (Unique fois où l’on parle d’éternité). Les chrétiens palestiniens eux-mêmes, étourdis, accablés, semblent ignorer que Jérusalem est le berceau de leur Eglise, plutôt impressionnés par le prestige de Rome, mais constamment rappelés de l’humiliation de Constantinople, d’Alexandrie et d’Antioche. La joie de la Pentecôte dans la ville où elle a eu lieu ne rayonne pas tellement dans les cœurs des chrétiens locaux, beaucoup moins que Noël à Bethléem et Pâques dans la même Ville Sainte.

C’est aussi l’obnubilation des tribulations, l’ignorance de la Bible et de l’histoire de l’Eglise, et, encore plus, de celle de l’église-mère. « Grâce » au curricula scolaires palestiniens, un chrétien moyen  ne sait rien, absolument rien de l’histoire du Christianisme en Terre Sainte pendant les premiers onze siècles ! Il est un fait regrettable qui a étonné le Cardinal de Lyon, scandalisé le patriarche maronite Raï : les manuels scolaires palestiniens d’histoire sautent à pieds joints du premier siècle avant Jésus-Christ jusqu’au septième, vers 570 A.D., date présumée de la naissance de Mahomet. Dans le totalitarisme islamique, académique aussi, rien ne se dit sur Jésus-Christ comme personnage historique (tandis que d’autres manuels, en Galilée par exemple, le présentent comme un résistant juif à l’occupation romaine, manuel de la sixième classe, p. 135 !) Pas davantage sur les grands saints de la primitive église et sur ses moines et évêchés ! Dans le catéchisme (obligatoire dans toutes les écoles), l’histoire de l’Eglise n’est pas enseignée, du moins pas systématiquement. Réalité cruelle et presque incroyable : les manuels palestiniens d’histoire  et « d’éducation civique et patriotique » ne contiennent qu’une mention furtive des « Eglises de la Nativité et du Saint Sépulcre », dans un pays qui foisonne de Lieux-Saints chrétiens, le « doux pays de Canaan » où les « pierres crieraient et acclameraient « Jésus-Christ » lors même que les enfants, y compris ceux des écoles, se tairaient ! »

 

Deux autres petites fêtes, même trois, en ces jours

  • Celle de « tous les saints évêques de Jérusalem », à commencer par saint Jacques. Inutile de nous demander leurs noms ! L’église-mère, dans le rite latin, pour la Messe et le Bréviaire, a toutes les intentions du monde de les commémorer, globalement, quitte à en célébrer quelques-uns nommément, étant donnée leur importance !

Nos évêques de la Terre Sainte ont eux aussi besoin de l’intercession des saints hiérosolymitains ! Le « munus episcopale », « la charge épiscopale » est plus difficile que jamais !

  • La commémoraison du pape martyr Jean le ler (523- 526). De lui aussi, nous pouvons dire : « Consummatus in brevi explevit tempora multa » : « Arrivé vite à son terme, il a passé un temps très long » (moralement).Illustre inconnu pour beaucoup, ce souverain pontife qui a combattu les Ariens et couronné l’empereur Justin en 525 a été emprisonné à Ravenne. C’est précisément à ce pape que nous devons le comput à partir de la Naissance du Christ, initiative géniale qui avait mis fin à la façon païenne romaine de compter le temps, en partant de la fondation de Rome (ab U.C.) ou du règne de Dioclétien ! Jean le l er a eu la lucidité de demander au moine Denys le Petit de calculer d’avance la date de Pâques et, partant, de compter les années, les décennies, les générations et les siècles en partant de la Nativité du Christ, centre de l’Histoire !

 

La Pentecôte : naissance de l’Eglise au Cénacle « avec Marie, Mère de Jésus »

A partir de cette année, d’après les directives du pape François, le lundi de Pentecôte sera la solennité de « Marie, Mère de l’Eglise », réponse on ne peut plus éloquente à une nécessité de reconnaître le rôle de « la Mère de Jésus » autour de laquelle apôtres, disciples et saintes femmes s’étaient réunis, non sans peur ! Il s’agit de la continuation de la même grâce de la Pentecôte : Marie Mère de l’Eglise, et l’Eglise mère des nations, toujours par la force du Saint-Esprit ! Nous sommes bien loin de la « matière », de la question terrestre des disciples « Est-ce en ce temps que Tu rendras le royaume à Israël ? »

 

Conclusion

Malgré notre faiblesse et notre petit nombre, soyons, ô église de Jérusalem, toujours un bon exemple pour les chrétiens du monde, pour « toute nation sous le ciel ». Et que les chrétiens du monde entier aident leur mère de Jérusalem, par leurs prières, leur solidarité et leur encouragement, surtout leur visite !

 

 

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