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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Le 5ème dimanche de carême B- 2018 A.D. - Commentaire du Père Madros de Jérusalem

Ancien et Nouveau Testaments : à force de vouloir « plaire aux hommes » ! (Jér 31, 31)

Quand le christianisme dégénère en « allolâtrie[1] » !

A entendre trop de prédicateurs, à lire trop d’ouvrages et d’articles de « Catholiques », on a l’amère impression que « être chrétien, c’est  devenu (seulement) respecter les autres, ou, pire, respecter leurs religions. Bien vite, « les autres et leurs religions sont devenus Dieu, à la place du Christ (avec lequel ils sont irréconciliables » (2 Cor 6, 15. Ne vous foulez pas la rate !) ! Or, il y a une différence abyssale entre l’amour pour les personnes, y comprises les pécheresses (à l’exemple de Jésus), et « aimer » le mal, le péché, l’erreur, le mensonge, le crime, l’hérésie, et la déviation (contrairement à Jésus !). Ce discours vient à propos des « Testaments » (notre première lecture) où, récemment- depuis une soixantaine d’années, des « Catholiques » et d’autres ont trouvé à redire dans les formules « Ancien et Nouveau Testaments », en inventant toute espèce de circonlocutions, en forgeant des néologismes, en ouvrant tellement les fenêtres qu’un courant d’air mortel a fait voler l’orthodoxie de chez eux.

Avant d’aller au détail de ces tergiversations, devenues malheureusement populaires, obligatoires et dictatoriales (Gare à vous si vous ne parlez pas comme on vous l’impose !), dans l’empire du « relativisme », les lecteurs demandent : « Pardon ! Il s’agit ici d’une homélie ! Alors quelle est la morale, la leçon spirituelle ? » Eh bien : celle de la fidélité à la foi (presque une tautologie) ; la fidélité à la Nouvelle Alliance, tout en respectant l’Ancienne ; la fidélité au Credo qui n’admet pas de prophétie authentique après le Verbe incarné, et pas davantage de Révélation authentique après l’Apocalypse ; la Loi de Dieu à graver dans nos cœurs, « la connaissance de Dieu » jusqu’à accepter ce qu’Il demande, et rejeter ce qu’Il interdit ; demander et obtenir le pardon de nos péchés, par le sang de Jésus (Jér 31, 31- 34).

« Ancien et Nouveau Testaments » : ça ne va plus, les enfants ?

Il paraît que « il ne faut plus dire ça ! » Ah bon ! Qu’est-ce qui va mal ? Ah ! « C’est un manque d’égards aux Juifs, nos frères aînés dans la foi ! » Voyons voir ! Nous pouvons à la rigueur remplacer le mot « Testament » par « Alliance » (en hébreu   ברית berît, en grec διαθήκη diatheke). Les Témoins de Jéhovah exploitent « l’inexactitude  du mot Testament » pour balancer les deux formules complètement ! Les Livres de l’Ancienne Alliance deviennent « les Ecritures Sacrées hébraïques » (notez le « Sacrées » seulement pour les Ecritures hébraïques) et « les Ecritures grecques (chrétiennes) ». A la fin de la journée, la différence ne se trouve qu’entre dans les langues.

Certains de nos frères Protestants, et des Catholiques « sympathisants », rejettent nos deux formules, par respect aux Juifs qui, naturellement, ne reconnaissent pas le Nouveau Testament. Donc, pour eux, le Nouveau Testament n’est pas nouveau. Et l’Ancien n’est pas Ancien. Alors, pour leur plaire, on recourt à la formule « la Bible hébraïque ». Cette formule, utilisée par des « Catholiques », représente une défection, une infidélité, une trahison (faut-il parler clair, pour une fois ?) En effet, pour nous, cette formule nie ou ignore les Livres deutérocanoniques de l’Ancienne Alliance dont la plupart avaient été écrits en grec (Tobie, Judith, les parties d’Esther et de Daniel, les Livres des Maccabées, la Sagesse,  le Siracide, la prophétie de Baruch).

Toujours par respect pour les Juifs, « il faut » (impératif !) dire « Première Alliance, Deuxième Alliance ». Donc, différence de nombre, avec dimension chronologique seulement : Dieu a coupé d’abord une première Alliance et, plus tard, avec Jésus, une deuxième ! Mais, chers amis, l’épître aux Hébreux, adressée précisément à des convertis du Judaïsme, souligne les différences essentielles, fondamentales, et pas seulement linguistiques ou mathématiques, entre la parole (au minuscule) de Dieu « aux patriarches, aux pères, aux prophètes », « de plusieurs manières », et la Parole de Dieu, le Reflet de Sa Gloire, en Christ, « dans ces temps qui sont les derniers » (Hé 1, 1 s).

Oui, nous trouvons les expressions « Première Alliance » et « Deuxième Alliance » dans l’épître aux Hébreux ! Mais…

Avec ou sans appui dans cette épître, qui analyse magistralement la différence essentielle entre « l’Ancienne Alliance et la Nouvelle », sans compter la prophétie de Jérémie sur une « nouvelle alliance », on a tendance à oublier ou ignorer que la même épître insiste beaucoup plus sur la caducité et la « vieillesse » de la Première Alliance, tant et si bien que cette Alliance-là devait non seulement passer, mais aussi être remplacée. Le lecteur peut à loisir revenir aux passages suivants, trop forts, trop « antisémitiques », trop « peu respectueux des Juifs », dans l’opinion de nos Catholiques bienveillants, tolérants, si « respectueux » des autres, jusqu’à manquer d’honnêteté et de respect pour nos Ecritures. En passant, veuillez vous demander si, aujourd’hui, nous pouvons écrire de telles phrases ! Tout le monde « bien-pensant » nous  dénoncerait et nous boycotterait ! 

L’épître aux Hébreux : sans ambages, la nouvelle alliance est meilleure que l’ancienne ! (N’en déplaise à ceux qui veulent plaire !)

Oui, « première et deuxième » alliances, mais avec différences essentielles, abyssales, fondamentales, irréductibles et incontournables : Hé 9, 15 : « Voilà pourquoi Il est médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour racheter les transgressions de la première alliance, ceux qui sont appelés reçoivent l’héritage éternel promis ». Hé 9, 15 : « De là vient que, même la première alliance n’a pas été inaugurée sans effusion de sang ». Hé 8, 13 : « En disant : alliance nouvelle, il rend vieille la première ; or, ce qui est vieux et vétuste est prêt de disparaître. » Hé 7, 22 : « Et par suite, c’est d’une alliance meilleure que Jésus est devenu garant ». Hé 8, 6 : « Mais, à présent, le Christ a obtenu un ministère d’autant plus élevé que meilleure l’alliance dont il est le médiateur, et fondée sur de meilleures promesses ». Hé 12, 24 : « … de Jésus, médiateur d’une alliance nouvelle… » Hé 13, 20 : « … Celui (Jésus) qui est devenu par le sang d’une alliance éternelle le grand Pasteur des brebis… ».

Par conséquent, essayer de réduire la différence entre les deux alliances à une question de nombre (la première, la deuxième)  est simplement horrible ! Aucune comparaison entre le sang et le sacrifice du Christ et ceux des animaux avec lesquels les alliances de l’Ancien Testament étaient scellées !

Le « Nouveau Testament » rapporte exactement, littéralement, le fait de la Nouvelle Alliance et des Livres de « l’Ancienne Alliance » (Luc 22, 20 ; 2 Cor 3, 6 ;  et  14)

En bref, il y a deux Alliances, une ancienne et une nouvelle et éternelle (donc définitive, que nulle autre ne peut supplanter), scellée dans le sang de Jésus, comme il le déclara lui-même (Luc 22, 20). Des Livres sacrés appartiennent à chacune de ces alliances et, par métonymie, ces Livres sont appelés « Ancienne Alliance » (comme le fait explicitement saint Paul, en 2 Cor 3, 14) et « Nouvelle Alliance ou Testament ». Contentons-nous du texte très clair de l’apôtre, lui-même « ministre d’une nouvelle alliance » (2 Cor 3, 6) : « Jusqu’à ce jour, en effet, lorsqu’on lit l’Ancien Testament, ce même voile demeure ».

Une invention : un « troisième  Testament » : le Coran !

C’est la fine fleur de « l’ouverture, du respect, de la tolérance, de la bienveillance », mais aux dépens de la vérité ! Tout d’abord, puisque nous n’avons pas le droit de citer nos sources chrétiennes ( !), remarquons que le Coran ne se présente jamais, oui jamais, comme une troisième alliance ! Au contraire, il insiste, comme toujours, sur l’alliance avec les Juifs (avec force détails légendaires talmudiques, comme en 2 : 63 et 83 et 93 ; 3 : 187 ; 5 : 12 ; 4 : 154 ; 5 : 7 ). Il mentionne aussi l’alliance par Issa ou avec Lui (5 : 14).

Par ailleurs, le Coran contredit le Nouveau Testament sur les points essentiels, niant carrément toute l’éthique chrétienne et les éléments essentiels du dogme chrétien (1 Jn 2, 22 ; 4, 1- 3). En résumé, pour présenter le Coran comme une troisième alliance relève d’une grande ignorance : non seulement du b a ba du contenu du Coran, mais surtout de son retour « à l’ancienne alliance », pas tellement à la Bible, mais surtout aux écrits rabbiniques en particulier talmudiques.

 

Conclusion

Franchement, pendant vingt siècles, l’Eglise a dû lutter contre les hérésies du dehors. De nos jours, parfois nous sommes obligés d’affirmer l’orthodoxie avec nos propres Catholiques, dont même des prélats (comme a dit le Cardinal Sarah).  Nous espérons avoir clarifié- il faut toujours « clarifier »- ce point de l’Alliance dans cette homélie inspirée non par le pédantisme mais par la nécessité !

Morale : vérité, fidélité, sans jamais laisser tomber la charité, et vice versa !

Saint Paul va nous donner le dernier mot : « En tous cas, maintenant, est-ce la faveur des hommes ou celle de Dieu que je veux gagner ? Est-ce que je cherche à plaire à des hommes ? Si je voulais encore plaire à des hommes, je ne serais plus le serviteur du Christ » (Gal 1, 10).

 

 

 

[1] Mot que l’Académie Française ne connaît pas ; il signifie « l’adoration de l’autre » !

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