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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Marie, destructrice de toutes les hérésies

Dans Pascendi dominici gregis, le Pape Pie X évoque la Bienheureuse Vierge Marie par le titre de Destructrice de toutes hérésies. Il a pris ce curieux qualificatif pour la douce, gentille jeune fille de Nazareth, dans la Messe de la Bienheureuse Vierge Marie. Ce titre a une signification particulière dans Pascendi, qui a été rédigé en 1911 contre le modernisme, « synthèse de toutes les hérésies ». Face à la crise, il était approprié de faire appel à la Destructrice de toutes les Hérésies. Vraiment ce titre est toujours d’actualité. En vérité il décrit quelque chose qui a toujours été vrai de notre Dame - et c’est, peut-être, encore plus urgent aujourd’hui.

Mais comment ? Comment détruit-elle les hérésies ? Marie n’a jamais prêché de sermon contre les erreurs. Elle n’a jamais conduit une inquisition, ou excommunié qui que ce soit. Elle n’a jamais soutenu de thèse lors d’une conférence théologique.

Comment ? Regardons le zèle qu’elle inspire. C’est une marque des défenseurs de la foi d’avoir une dévotion - souvent d’un enfantillage désarmant - pour Notre Dame. Depuis les écrits de Saint Iréné contre les hérésies du 2ème siècle, jusqu’à Saint Dominique prêchant contre les Albigeois au 12ème siècle, et jusqu’à Saint Jean Paul II enseignant contre les erreurs modernes de notre temps, la dévotion à Marie a toujours été une carte gagnante pour les défenseurs de la foi. Dans un de ces beaux paradoxes catholiques, ces hommes deviennent d’ardents défenseurs de la foi en devenant d’abord comme des enfants vis-à-vis d’elle. Leur dévotion apporte la pureté pour l’âme et donc la clarté pour l’esprit.

Nous pouvons donc avoir recours à son intercession. C’est seulement dans l’éternité que nous saurons comment cela fonctionne. Cependant, nous savons avec certitude que l’Eglise a souvent été délivrée de l’obscurantisme et de l’erreur grâce aux fidèles qui l’ont appelé dans le besoin.

Mais par-dessus, tout elle est la Destructrice de toutes les hérésies par la vertu de qui elle est. C’est la vérité de qui elle est - ou plutôt ce que Dieu a fait pour elle - qui fait vaincre les hérésies. Son être même garde la vérité au sujet de Dieu et de l’homme.

Nous voyons ceci très tôt dans l’histoire de ‘Eglise. Lorsque le Concile d’Ephèse définit solennellement Marie comme étant Mère de Dieu - Theotokos - c’était une sorte de manière de défendre la divinité du Christ. Le refus hérétique de Nestor de reconnaître Marie en tant que Mère de Dieu alerta les Pères sur son erreur concernant son Fils. Proclamer la vérité à propos de Marie était destiné à défendre la vérité à propos de Jésus Christ. Au 19e siècle, la définition solennelle de l’immaculée Conception défendait l’initiative et la Grâce de Dieu contre l’engouement moderniste de l’ingénuité humaine et de son désir grandissant d’une autonomie humaine complète.

Aujourd’hui nous nous apercevons d’une autre dimension dans Marie en tant que Destructrice de toutes les hérésies : elle défend la vérité au sujet de la personne humaine. Précisément, par son Assomption, elle détruit l’erreur qui nous hante : l’erreur au sujet du corps humain. L’hérésie d’aujourd’hui (vue surtout dans la nouvelle gnose de l’idéologie du gender) est la récapitulation d’une ancienne et récurrente erreur. Plutôt que de reconnaître l’homme comme étant une âme incarnée, nous le voyons plutôt une âme qui se trouve avoir un corps

Ainsi pour un être humain cela signifie être une âme - et faire de son corps ce qu’on veut. Le corps devient alors un jouet, un outil, une possession, une malédiction, etc... Profitez-en quand vous êtes en bonne santé, et abandonnons-le quand vous ne l’êtes pas. Le corps ne signifie rien et ne nous dit rien sur nous-mêmes. Nous pouvons être une chose physiquement et une autre spirituellement.

De nouveau, c’est une erreur récurrente précisément parce que tous nous expérimentons à différents degrés le manque d’intégration entre l’âme et le corps.

Par le péché d’Adam et d’Eve, nous avons perdu l’intégrité d’origine, incluant cette union parfaite entre le corps et l’âme prévue dès l’origine. Notre âme ne s’entend pas si bien avec le « frère cochon ». La différence maintenant est que cet inconfort a été mis au niveau d’une idéologie, et que cette idéologie est maintenant portée au niveau d’une idéologie, et que cette idéologie devient imposée par les gros bras de la culture et du gouvernement

Marie, élevée aux cieux, révèle la vérité et redresse les erreurs. Tous les saints sont aux cieux spirituellement. Ils attendent le dernier jour quand leur corps sera élevé et réuni avec leur âme. Notre Dame, cependant, son corps et son âme élevés au paradis, jouit déjà de la parfaite béatitude dans la plénitude de sa nature humaine. Dans son être-même elle enseigne l’union essentielle du corps et de l’âme.

Son Ascension doit être comprise comme une avec sa vie entière. Par son Immaculée Conception, Marie a été gardée du péché originel et de ses effets. Elle ne souffre pas de l’opposition entre le corps et l’âme comme le reste d’entre nous. Sa virginité perpétuelle confirme encore et révèle cette union parfaite. Son corps et son âme sont si parfaitement unis que son corps participe, et manifeste, à ce pure cadeau spirituel d’Elle-même à Dieu.

Dans cette grâce particulière accordée à la nouvelle Eve - dans son Ascension - nous avons un rappel de ce pourquoi nous avons été créés et une proclamation de ce que la grâce peut accomplir. Nous voyons que Dieu nous a créé comme une unité du corps et de l’âme. Le corps et l’âme de l’homme sont un et une société conçue autour de son opposition est contraire au bien. En outre la grâce du Christ nous réconcilie avec Dieu et par conséquent avec nous-mêmes aussi. Nous trouvons dans la prière et dans les sacrements de l’Eglise le remède pour guérir la division au sein de nous-même.

Les vieilles prières en latin demandent des grâces, par le pouvoir de Maria assumpta. Pas uniquement par l’Assomption de Marie ou par l’assomption de Marie mais par Marie enlevée au ciel - Marie celle qui est monté au ciel. Cette phrase attire notre attention, non pas sur un évènement mais sur qui elle est. En vertu de ce que le Seigneur fit pour elle, elle nous assiste.

Prions-la encore plus alors que nous nous efforçons de vivre cette intégrité de l’âme et du corps dans notre vie, et comme nous luttons de la même manière contre les confusions de notre culture et les assauts de notre gouvernement.

Par le père Paul Scalia. Le père Paul Scalia est prêtre du diocèse d’Arlington. Il est délégué de l’évêque pour le Clergé.

 

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