Logo Etoile Notre Dame

Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Parole pour le 13 décembre

« Saint, Saint, Saint le Seigneur »

Texte de méditation : Paul BEAUCHAMP

« Je vis le Seigneur » : une pareille affirmation suffit à elle seule pour situer Isaïe comme un géant. Mais ce géant nous apprend directement peu de choses sur lui-même. Il n’est pas de ceux dont le regard est surtout tourné vers leur propre destin. Ce qu’il « voit » intensément, c’est le monde : personnes, choses, éléments du cosmos.

En même temps que, vers l’an 740, il voyait Dieu, le prophète assistait à la liturgie d’en haut, entendait le chant des « Seraphim », c’est-à-dire des « brûlants ». Nous répétons aujourd’hui encore leur louange dans la liturgie de la messe : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur ». L’incandescence des « Seraphim » et celle de la « sainteté » se correspondent. Nul ne touche le feu, mais le feu, lui, envahit tout, que ce soit pour détruire ou pour purifier et réchauffer. Nul ne peut toucher Dieu : rien ne peut être qualifié de saint, si ce n’est lui. Même l’ange prend ce feu sur l’autel avec des pinces. Mais c’est pour toucher les lèvres du prophète. Car il s’est dit « homme aux lèvres impures, au milieu d’un peuple aux lèvres impures ». Il n’est ni petit, ni pauvre, mais pécheur. Le voici purifié. L’impureté des lèvres, comme au prophète et à son peuple, désigne probablement le contraire de la parole vraie, remplacée par l’esquive et par le vide. Isaïe va donc parler vrai : il va montrer le peuple à lui-même.

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.