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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Un mois avec saint Michel - 21e jour - Saint Michel, ange de la douleur

Souffrir est la grande loi de la vie humaine. La douleur s'attache à nous comme l'ombre suit nos pas. Nous avons beau la fuir : elle nous accompagne inexorable. Des voies nombreuses la conduisent jusqu'à nous, et elle nous atteint dans tout notre être : dans notre esprit qu'elle tourmente par des anxiétés, des doutes, des scrupules ; dans notre cœur qu'elle déchire par des séparations, des oublis, des ingratitudes, des deuils ; dans notre âme qu'elle saisit jusque dans ses replis les plus cachés ; dans notre corps qu'elle accable par le travail, qu'elle use par les privations, qu'elle torture, brise, dévore par la maladie.

Dieu, veut, semble-t-il, nous faire ressentir tous les aiguillons de la couronne d'épines, nous faire porter tout le poids de la croix. Comme le jour succède au jour, la peine succède à la peine. Ah ! il est à plaindre celui qui souffre et qui n'a pas la foi !
Pour nous chrétiens, au sein de tant de tristes­ses, d'angoisses et de douleurs, d'où nous vien­dra le rayon béni qui éclaire les ombres de la pauvreté et les ténèbres de la souffrance ? Où puiserons-nous la force qui soutient la faiblesse, relève le cœur ; l'espérance qui donne du cou­rage et console en entrouvrant les perspectives de l'éternité ?
Le Rédempteur du monde voulut souffrir. Il s'est fait semblable à nous en tout, le péché excepté. Le ciel et la terre, stupéfaits, le virent épuisé, broyé. Et Jésus, accablé dans son âme et dans son corps, demandait à son Père d'éloigner de lui le calice d'amertume. La réponse de Dieu fut l'envoi de son ange. Un ange lui apparut, dit l'évangéliste, et le réconforta 1.

Les commentateurs reconnaissent ici l'ar­change saint Michel. Il convenait, disent-ils, que le Prince des anges rendît ce service à l'Homme-­Dieu. Ce qu'il dit, saint Bonaventure l'a pieuse­ment exprimé : « Nous avons supplié la divine Majesté d'éloigner de vous ce calice. Et le Père éternel a répondu : Jésus, mon Fils, sait que s'il veut le salut des âmes, il lui faut mourir pour elles. - Seigneur, que choisissez-vous donc ? - Je veux le salut des âmes. Je préfère donc mou­rir. - Courage alors. Les œuvres du Très-Haut doivent être magnifiques et son courage invin­cible. Les douleurs passeront vite, et à leurs rigueurs succédera la gloire immortelle. Votre Père vous le dit par ma bouche 2. »

Depuis cette grande scène, l'archange saint Michel a reçu un don spécial, le don de conso­ler. Il faut donc l'appeler aux heures troublées de la vie. Il descendra du ciel, ange secourable, comme il descendit apportant à Jésus-Christ défaillant force, courage, résignation. Il nous dira comme au Sauveur qu'il nous est bon de souffrir, car la souffrance expie, sanctifie et fait acquérir des mérites. Puis, de son doigt puissant il écartera le rideau du monde et du temps, et nous montrera cette patrie vers laquelle si péni­blement nous nous acheminons, patrie où il n'y a ni pleurs, ni gémissements, ni mort, mais un jour sans ombre, un soleil sans déclin, un bon­heur sans mélange.
Si cette vision ne nous guérit pas, du moins elle nous soutiendra, et nous attendrons, l'espérance au cœur, sinon le sourire aux lèvres, la réalisation des divines promesses.

Pratique. Dans les peines de la vie, levons les yeux au ciel et appelons à notre secours l'ange des célestes consolations.

Histoire. Quarante soldats de Sébaste avaient refusé de sacrifier aux idoles. Le gouverneur ordonne de les exposer durant la nuit sur un étang glacé. Là ils prient et demandent qu'entrés quarante dans l'arène, ils soient aussi quarante à cueillir la palme. Mais l'un d'eux perd courage et va se jeter dans le bain chaud préparé tout à côté pour tenter ces généreux con­fesseurs de la foi. Hélas ! il y meurt aussitôt. Les autres res­tent plus résolus que jamais à mourir pour Jésus-Christ. Ils s'y exhortent mutuellement lorsque, à la troisième heure de la nuit, une grande clarté paraît sur le lac, et des anges des­cendent du ciel avec des couronnes qu'ils posent sur la tête des héroïques martyrs. Un des gardes divinement inspiré, nous dit l'histoire, prit la place de celui qui avait failli. Au témoignage de saint Ephrem, diacre de l'Église d'Edesse, c'est saint Michel qui vint consoler les quarante martyrs et adoucir la rigueur de leurs tourments. 1. Lc, 22, 43. 2. Médit., chap. 75

Prière : 0 saint Michel, ange consolateur des âmes affligés, accordez-nous dans nos épreuves votre puissante et efficace protection. Apprenez-nous à souffrir avec résignation et par amour pour Dieu. Faites descendre sur nous les grâces et les bénédictions du ciel, afin que nous supportions chrétiennement les peines et les douleurs de la vie et que nous méritions la récompense promise par Jésus-Christ à tous ceux qui souffrent avec lui et pour lui. Ainsi soit-il.

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