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Etoile Notre Dame

« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

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Assise

Sur le lieu d’une naissance 

Prier avec François, en parcourant les rues et les alentours d’Assise, c’est admettre que les chemins à prendre pour aller vers la vie ne sont pas des itinéraires fléchés. François a supplié Dieu de l’éclairer.

Prier avec François, pour nous, ça pourrait être en ce moment, prier avec ceux et pour ceux qui ne savent quels itinéraires prendre.

Peut-être parmi tes proches ou tes amis comptes-tu un certain nombre de ces hommes et de ces femmes qui ont du mal à se tracer un chemin.

Prier avec François pour savoir quel chemin prendre demande qu’avec François et comme lui on aime la vie telle qu’elle nous a été donnée à vivre à partir d’une origine.

Revois chacune des étapes de ta vie. A l’occasion de chacune, cherche à voir ce à quoi Dieu t’y préparait. Les étapes au long desquelles Dieu a semblé être le plus absent sont bien souvent celles à partir desquelles il nous a le plus travaillés ; protégés.

Pèlerin, mon frère, tu peux ici évoquer les événements décisifs de ton existence. Venir à Assise en pèlerin est occasion de choix pour dire « Oui ! » à notre naissance. Quelle que soit ta naissance, elle est grâce de Dieu, elle est le premier bien reçu de lui. Tu peux ici penser à ton baptême qui a fait de toi un enfant de Dieu.

Saint-Damien

Voilà qu’un jour, poussé par une inspiration intérieure, François entre à Saint-Damien. On est à l’automne 1205. Du crucifix une voix se fait entendre : « François, ne vois-tu pas que ma maison tombe en ruine ? Va donc, et répare-la par amour pour moi ! »

François a répondu « Oui ! ». Il va donc s’attacher à réaliser la parole entendue. Fils de marchand de drap, il se transforme en maçon. Ce choix entraînera bientôt la rupture avec son père. Pour François, ce sera l’entrée dans une nouvelle vie. Un jour, Saint-Damien restauré accueillera Claire et ses premières sœurs. Le mouvement franciscain accédera à sa propre plénitude en prenant aussi forme au féminin.

Visiter Saint-Damien c’est d’abord y réentendre le message contenu dans la demande que le Christ a faite au jeune François. Jusqu’à la fin des temps, la maison du Christ, son Église, sera soumise aux secousses de l’histoire. A certains moments, il arrive qu’elle en soit tout ébranlée. Les pierres de son édifice ont besoin d’être rejointes pour tenir ensemble. Mais cette œuvre ne pourra jamais être que l’œuvre d’un amour répondant sans réserve à l’amour de celui qui a aimé les hommes jusqu’à donner sa vie pour eux.

L’événement de Saint-Damien a été décisif dans la vie de François. Là, il a pu prendre conscience de la démesure de l’amour dont le monde est aimé par Dieu. C’est à l’amour de Dieu pour l’homme que François a voulu répondre.

Prière : Dieu très haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur. Donne-moi une foi droite, une espérance solide, une charité parfaite ! Donne-moi de sentir et de comprendre Seigneur ! Afin que je puisse accomplir ta volonté sainte qui ne saurait m’égarer. Amen !

Cette visite à Saint-Damien est le moment providentiel pour demander le courage de la vérité « Faites Seigneur que je voie !... ».

Pour Claire, la « maison tombant en ruine » c’était l’humanité ravagée par le péché, c’était la chrétienté déchirée, c’était l’Église…

Prière : Seigneur, donne-nous de sentir et de comprendre ce qu’est la véritable amitié. Toi qui as dit : « Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu !... ». Accorde-nous de donner du prix aux réalités invisibles. Donne-nous le sens de la croissance en densité humaine lorsque l’homme et la femme accueillent chacun en soi ce que l’autre apporte de plus différent. Donne aux jeunes de ce temps, garçons et filles, de savoir se rencontrer sans s’abandonner à l’instinct de posséder. Que tous sachent aimer assez pour vouloir chacun que l’autre soit pleinement qui il est.

Claire a été lumière venue de Dieu pour frère François, comme François a été lumière venue de Dieu pour sœur Claire. François était sensible aux vastes dimensions de l’immense cloître qu’est le monde. Claire était surtout éveillée aux mystérieuses profondeurs du cloître intérieur qu’est le cœur de l’homme. C’est aux obscures clartés de ce cloître intérieur que Claire a initié François. Elle l’a assisté au temps d’épreuve où les yeux ont commencé à lui faire défaut. Mais elle n’a pas seulement soigné les yeux avec lesquels il avait admiré le spectacle de la nature. Elle a surtout aidé les yeux de François à comprendre le cœur de ses propres frères. Il lui fallait admettre que certains d’entre eux s’engagent sur un chemin qui n’était pas exactement celui dont il avait rêvé pour eux.

Mon frère Pèlerin, c’est ici le lieu de prier pour tes amis. Et de prier aussi pour que Dieu te fasse la grâce d’être lumière dans leur vie, comme tu es en droit d’attendre qu’ils soient lumière dans la tienne.

Evêché

« En toute liberté désormais, je pourrai dire : Notre Père qui es aux cieux… ». François est l’homme de la liberté. Pour avoir le droit de prendre sa liberté, il verse le prix normal. Jusqu’au dernier sou ! Il restitue à son père tout ce que son père lui a donné à part la vie. Il se défait même des vêtements qu’il tient de lui. Désormais, François peut s’estimer maître de sa vie. Nul ne l’entretient. Maître de sa vie, il pourra en disposer en toute liberté. Cet événement, c’est le fait d’un jeune homme de 25 ans qui verse le prix qu’il devait payer pour devenir l’homme libre que Dieu l’appelait à être.

La Portioncule : l’expansion de la vie

Dans ces temps de foi mais aussi de barbarie cruelle, il était fréquent que des chrétiens entreprennent de longs pèlerinages. On partait à Jérusalem, à Rome, à Compostelle… La Portioncule a alors été proposée en ce moment-là comme lieu de Pèlerinage.

Prier à la Portioncule, c’est prier en tant que pécheur, avec les pécheurs et pour les pécheurs. « Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous pauvre, pauvres pécheurs !... »

La Portioncule a été pour François le lieu de sa naissance et du développement de sa Fraternité. C’est là que venaient à lui ceux qui demandaient à partager sa vie. Là son cœur s’est dilaté. Mais c’est là aussi que la vie a pris pour lui un visage inattendu : l’épreuve d’un drame intérieur. L’épreuve de François qui aurait duré deux ans et qui aurait pris fin, comme par miracle, à Sainte-Marie des anges. Le secret de la Joie Parfaite ou La Joie Parfaite ou la Vraie Joie.

Sainte Marie des Anges ou Notre Dame des Anges

Là, François a dit le « Oui ! » le plus important de sa vie. L’endroit qu’il a le plus aimé est aussi le lieu où il le plus « agonisé ». Après ce « Oui ! » il a pu monter à l’Alverne et y recevoir les stigmates de Jésus crucifié. Prier à Notre-Dame des Anges avec François nous mène au-delà de la louange à la Vierge et de la supplication du pécheur. Cet au-delà, c’est l’entrée humble et confiante dans le « Fiat ! » de Jésus-Christ au Jardin des Oliviers. En entrant pour sa part dans ce « Fiat ! », François a pleinement réalisé son destin de baptisé appelé à suivre le Christ. Pèlerin mon frère, toi qui as aussi été appelé à suivre le Christ en recevant le baptême, veux-tu entrer ici avec François dans le « Fiat ! » de Jésus-Christ ? François te dit ici que tu trouveras la Joie Parfaite.

Je te propose, mon frère pèlerin, de prendre du temps pour revoir ici dans ta vie les « Oui ! » qui te sont demandés et que tu as le plus de mal à dire. Dans sa vie, quel être humain n’a pas encore quelque « Oui ! » à dire que son cœur n’a pas encore dit ? Ce « Oui ! » peut concerner des problèmes de santé, de travail, de relations… Il peut s’agir aussi d’accueil d’autrui, de pardon… Pèlerin, mon frère, tu es en un lieu tout indiqué pour que s’ouvrent à toi les sources intarissables de la vraie joie. Elles ont jailli en ce lieu pour François.

En cette Portioncule, modeste « lopin de terre », il vénérait celle qui a dit « Oui ! » à Dieu, dans la foi. Lui-même a dit ici le « Oui ! » par lequel il s’est arraché à la tentation de se faire le propriétaire de sa Fraternité. Peut-être toi aussi as-tu besoin de t’arracher à quelque emprisonnement dans quelque bon droit ou quelque titre à faire respecter. Ici, près de Marie, François a su se désapproprier de la Fraternité dont il était fondateur. Il a « imité Dieu » qui a donné son Fils pour que le monde ne périsse pas. Il a fait comme Marie donnant son Fils qui se livrait pour que tous aient la vie. C’est bien de vie qu’il s’agit ici. Puisses-tu dire le « Oui ! », que tu as le plus de mal à dire. Tu auras remporté la victoire avec François.

François a voulu mourir à la Portioncule : la « Chapelle du Transitus », un mot qui signifie « passage », « transition ». Là François a effectué l’ultime passsage de son existence, conduit par celle qu’il avait chantée, dans son Cantique du Soleil, en l’appelant « notre sœur la mort corporelle ».

Quelques semaines auparavant, parlant à son médecin, François avait dit : « N’aie pas peur de me dire que la mort est proche, car elle est pour moi la porte de la vie. »

Pèlerin mon frère, apprends à crier vers Dieu de toute ton âme. Et si Dieu se tait, dis-toi que son silence n’est ni absence ni impuissance. Ce silence te fait entrer en participation à la solitude et à l’angoisse de Jésus sur la croix. Et Celui qui a ressuscité Jésus te fera entrer avec Jésus dans la plénitude de sa vie. Tu es attendu. Prière à Marie, prière de pécheurs, prière de Gethsémani, prière du retour à Dieu par notre sœur la mort : Sainte-Marie de la Portioncule est une intarissable source de prière avec François.

La Basilique Sainte-Claire : la transparence dans la prière

Prier avec Claire suppose qu’on la connaisse pour avoir quelque chance d’épouser les mouvements de son cœur et de son esprit. Mais nous connaissons peu de choses sur Claire. Nous savons que sa famille habitait une importante maison sur la Place de la cathédrale Saint-Ruffin. C’est dans cette maison qu’elle est née. Nous savons aussi qu’au moment des émeutes de 1197 la famille de Claire a dû chercher refuge à Pérouse. Elle en est revenue seulement cinq ans plus tard. Ces années de bannissement ont certainement marqué de leur empreinte la fillette de dix ans qui rentrait dans sa maison natale après avoir passé en dehors la moitié de son âge. Est-ce par-là que s’expliquerait le choix qu’elle a fait un jour en faveur de la pauvreté ? Dans une société où l’individu n’avait d’existence qu’en référence aux biens qu’il possédait, Claire va s’obstiner à revendiquer comme privilège le droit de vivre pauvre.

Peut-être pourrions-nous prier avec Claire à partir de cette perception que l’homme ne tire pas sa consistance des biens qu’il détient. L’homme vaut ce qu’il vaut au regard de Dieu et rien de plus. Peut-être Claire a-t-elle un jour entendu François énoncer devant elle cette phrase. Claire serait alors dans l’expérience franciscaine, le symbole de la transparence de l’être dont la consistance n’est faussée par rien d’étranger à lui-même : eau limpide autant que lampe lumineuse.

Prier avec Claire suppose alors qu’on se rende transparent devant Dieu, en ayant en sa présence rien d’autre que l’existence tenue de lui.

Pour prier ainsi, je t’invite, mon frère pèlerin, à te contenter d’être. Tu existes. Tu es là. Ce n’est ni ce que tu fais ni ce que tu as qui te met en relation avec Dieu. Déjà Dieu est en relation avec toi. Le simple fait que tu existes lui est joie.

Pour prier avec Claire, fais donc taire tes idées et mets au repos ton imagination. Ne laisse libre champ qu’un désir d’être ce que Dieu te donne d’être et de devenir ce que Dieu t’appelle à devenir. Si tu souhaites dire quelque chose, contente-toi de demander à Dieu le désir de désirer ce qu’il désire pour toi.

Comme Claire tu sentiras alors monter de ton cœur à tes lèvres le chant de louange où l’être humain dit à Dieu la joie d’exister : « Soyez béni, Seigneur, de m’avoir créé !... »

Si tu rends possible ce mouvement de ton cœur, tu auras prié avec Claire ; et tu auras aussi prié avec François.

Le Sacro Convento : la Gloire de l’Esprit 

François aimait prier dans les églises. Nous avions grande joie, écrit-il, à demeurer dans les églises. Pour François, les églises sont avant tout le lieu de l’eucharistie.

Je te propose donc, mon frère pèlerin, d’entrer dans ces sanctuaires avec les sentiments qui remplissaient le cœur de François lorsqu’il entrait dans les églises. Il ne s’offusquait pas de leur splendeur. Pour lui rien n’était à la hauteur du « prix de notre rédemption ». Plutôt que de gaspiller nos ressources à porter des jugements, essayons de retrouver la joie intérieure éprouvée par François lorsque lui-même, pèlerin, visitait les sanctuaires de Rome.

Nous pouvons prier à toute sorte d’intentions. Tu peux prier pour tes parents, pour des amis, pour le monde entier… Tu peux prier pour des problèmes de santé, d’emploi, de réussite aux examens, pour la pluie et pour le beau temps, pour la paix,… Frère François n’est indifférent à rien de ce qui peut avoir de l’importance pour toi. Mais n’oublie pas que tu es venu à Assise pour y prier avec François…

Pèlerin, mon frère, si tu veux prier ici avec François, revisite l’existence qui est la tienne. Répudie de ta vie toute disposition à te blinder, à te durcir, à te rendre invulnérable. Rejoins François dans la démarche qui a été la sienne. Il t’invite à « souhaiter par-dessus tout avoir l’Esprit du Seigneur et à le laisser agir en toi » (2 R 10, 9). Si tu fais cette démarche, tu seras sûr d’avoir prié avec François. Il aura prié avec toi parce que tu auras de fait prié avec lui. Et peut-être, comme Angèle de Foligno, une voix intérieure te dira-t-elle : « Je suis prêt à te donner ce que ce que tu me demandes que tu ne l’es à le recevoir… »

L’Alverne : le sceau du Christ sur le corps de François 

L’Alverne ramène au Calvaire. La montagne de l’Alverne a été le témoin d’un des épisodes les plus mystérieux de la vie de prière de François. C’est là qu’il a reçu dans sa chair les marques de la Passion du Christ. Un tel événement a fait de cette montagne un des lieux franciscains les plus significatifs. Le mont Alverne a servi de lieu de retraite à François au moins deux fois. Quelle pourra bien être notre prière sur cette montagne pour qu’elle rejoigne la prière de François ?

Mon frère pèlerin, je te propose de prendre seulement en notre compte, cette prière de François. Il y demande non pas la souffrance mais l’amour : « Que je sente dans mon cœur, autant qu’il est possible, cet amour sans mesure dont toi, Fils de Dieu, tu étais embrasé et qui te conduisait à endurer volontiers une telle passion pour nous pécheurs. »

Cette prière, nous pouvons, modestement bien sûr, la faire nôtre. Quand il s’agit de la grâce d’aimer, aucune demande n’est exagérée. N’hésitons donc pas à reprendre ces mots attribués à François.

Prier avec François, c’est se laisser entraîner par lui dans la dynamique de la relation qui l’unissait à Dieu.

Les stigmates de François ont rendu manifeste l’aboutissement de l’itinéraire au long duquel il avait suivi Jésus-Christ. L’événement qui s’est passé au petit matin de l’Alverne achève de faire venir au jour ce qui s’était passé entre le Christ et le jeune François dans la Chapelle de Saint-Damien. Là, Dieu avait déjà imprimé dans l’être de François la brûlure de son émoi devant la souffrance du monde. L’Alverne ne fait que révéler le résultat de cette brûlure dans la chair de François.

Pèlerin mon frère, voici ce qu’il te faut demander à Alverne si tu veux y prier avec François. L’ardent amour de Jésus crucifié ne consiste pas en effusions sentimentales. Il consiste à vouloir avec tout ton cœur ce que Jésus-Christ lui-même a voulu. La passion du Christ nous dit en fait la compassion de Dieu pour notre monde en proie à toutes les souffrances qu’engendrent l’orgueil, la cupidité, le mépris. Comment pourrais-tu, mon frère pèlerin, compatir aux souffrances du Christ si tu restais insensible aux souffrances du monde ? Dieu, en Jésus-Christ, a pris sur lui toutes ces souffrances. Il en a porté le poids avec les épaules du fils de la Vierge Marie. Prêteras-tu au fils de Marie tes propres épaules en prenant une part de ce poids qui pèse sur lui ?

Le sommet de l’Alverne a été, dès la mort de François, un lieu de pèlerinage. La Croix n’est pas d’abord symbole de la souffrance. Elle est d’abord symbole de l’amour vainqueur.

Notre monde est un monde où l’amour se refroidit. L’orgueil, la cupidité, le mépris y entretiennent la haine et la guerre. Mais l’entrée des hommes dans le mystère de la mort de Jésus, à la manière dont y est entré François, peut renouveler en notre temps les victoires de l’amour.

Prière de Saint François d'Assise

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix!

Là où il y a de la haine, que je mette l'amour.

Là où il y a l'offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l'union.

Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant

à être consolé...qu'à consoler

à être compris...qu'à comprendre

à être aimé...qu'à aimer

Car

c'est en donnant...qu'on reçoit

c'est en s'oubliant ...qu'on trouve

c'est en pardonnant...qu'on est pardonné

c'est en mourant...qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

Saint François d'Assise