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« Allez de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

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Le sanctuaire de Montligeon

C’est un lieu de pèlerinage dans le Perche.

Le père Paul Joseph Buguet, prêtre de campagne, à la fin du XIXème siècle, a senti dans son cœur de prier pour « les âmes délaissées du purgatoire ». Cela est venu car son frère, sacristain dans le village voisin est mort écrasé par la cloche qu’il sonnait car celle-ci s’est descellée. Confronté à ce deuil personnel, le père Buguet a eu une certaine angoisse quant au salut de son frère mort en pleine fleur de l’âge, et qui ne s’était peut être pas préparé à mourir. Petit à petit, cela a rejoint cette intuition intérieure qu’il avait. Il est allé voir son évêque en lui disant : « Monseigneur, je sens dans mon cœur le besoin de créer une œuvre pour les âmes du purgatoire ! »

Nous sommes en 1884, la dévotion pour les âmes du purgatoire est très répandue, admise par tous les chrétiens catholiques.

L’évêque lui répond : « C’est une bonne idée, si vous réussissez c’est que ce sera l’œuvre de Dieu, si vous échouez, vous aurez au moins eu le mérite d’avoir fait quelque chose. » Le père Buguet a accueilli cette réponse comme une providence. Puis un lundi matin, il célébrait la messe pour les âmes du purgatoire, une dame, vient le trouver à la fin de la messe et lui dit : « Père, je voudrais donner une messe pour les âmes du purgatoire et vraiment je vous félicite pour ce que vous faites. » Le lundi suivant, il célèbre la messe à l’intention des âmes du purgatoire demandée par la dame. Elle y participe mais à la fin de la messe elle n’est plus là. Il demande aux quelques villageois qui étaient venus à la messe s’ils l’ont vu, personne ne l’a remarquée. Le père Buguet a pris cela comme le signe de Dieu qu’il avait demandé pour commencer.

Le grand signe a été le développement fulgurant de Montligeon. Dès le début du XXème siècle, il y avait plusieurs millions de personnes qui avaient adhéré à la fraternité de Montligeon.

A Montligeon, il y a un ministère d’écoute. Car les gens portent des fardeaux qu’ils viennent déposer. Cette écoute prend du temps. 

Une femme avait perdu son enfant de quatre ans car il avait été défenestré par la nounou. La maman vivait une situation terrible. Pendant deux jours, elle n’a fait que pleurer. Elle ne pouvait pas parler, mettre de mots sur ce qu’elle vivait. Ce n’est que le troisième jour qu’il y a eu des paroles. Quand Jésus accompagne les disciples d’Emaüs, il n’ouvre pas d’abord la Bible, il les laisse raconter les événements. Dans l’accompagnement de quelqu’un qui est en deuil, il faut écouter. L’Eglise a une mission fondamentale qui s’appelle le ministère de la compassion ou de la consolation. Nous avons à tenir ce rôle dans notre société d’aujourd’hui où plus personne n’écoute. Chacun est enfermé dans son monde, personne ne communique vraiment avec les autres.

Ensuite, on leur dit que le Sauveur c’est le Christ. Où est le Christ, dans l’eucharistie. Où est l’intercession du Christ pour les pécheurs ? Où Jésus continue-t-il d’intercéder pour nous, ou nos défunts, dans l’eucharistie. C’est pour cela que l’on fait dire des messes pour les défunts. Ce n’est pas magique. On va confier au Christ unique Sauveur, mon défunt. Comme du temps de Jésus, on lui apportait les malades. Il ressuscite les morts.

Nous sommes les membres du corps du Christ et rien ne se fait sans nous. Il a voulu dépendre de nous. C’est la circulation d’amour.

Thérèse dit le 15 juillet 1897 : « au ciel il n’y aura plus d’indifférence, mais de la reconnaissance ! Tous les saints s’entredevront la grâce ! »

Quand on sera là-haut, on se dira : « C’est grâce à toi que je suis là. Tu as lutté contre telle tentation dans ta chambre, dans ton bureau, tu n’as pas baissé les bras. Grâce à toi j’ai pu être prêtre jusqu’au bout ou telle mère de famille va accomplir son devoir d’état. C’est ça la communion des saints. C’est très concret. Et le lien de l’amour est éternel. On verra Dieu rayonner dans cet amour car l’amour c’est Dieu. »

On ne se sauve pas tout seul et c’est bien par grâce que nous sommes sauvés. C’est le Dieu riche en miséricorde qui nous sauve. (Ephésiens)

Cette grâce agit sur nous, sur notre intelligence, notre volonté. Quand nous développons les organes de bonheur que Dieu nous a donnés, nous le faisons avec l’aide de la grâce divine. Peu à peu il y a un épanouissement de tout notre être vers cette béatitude qui est Dieu.

La communion des saints c’est comme le battement d’ailes d’un papillon en Normandie qui va provoquer un ouragan en Australie. Une grand mère qui égrène son chapelet avec persévérance pour que son petit fils garde la foi. Le petit fils n’en sait rien sans doute. C’est mon expérience personnelle. Quand ma grand mère est morte, j’ai découvert qu’elle priait pour moi. Et elle doit continuer de là-haut. Et moi aussi je prie pour elle. On ne saura qu’au ciel, tout le bien qu’on doit à l’un ou à l’autre. Car nous n’avons qu’un seul père qui est le père des cieux. On a à découvrir le lien de fraternité entre nous. Cela va très loin. C’est pour cela qu’à Montligeon, on parle de la fraternité de Montligeon.

Saint Jean Chrysostome, du IVème siècle : quoi qu’il soit déjà dans la lumière ou encore en cheminement, les défunts sont des frères avec qui le langage de l’amour est toujours possible. La prière en est la forme la plus haute et plus que jamais nécessaire.

Benoît XVI : Il n’est jamais trop tard (de prier pour quelqu’un) et c’est toujours utile.(encyclique Spes salvi)

Même pour le plus grand des pécheurs, même pour celui qui s’est suicidé, même pour celui qui n’a pas fait le bien aux yeux des hommes.

C’est en travaillant au salut des autres qu’on fait la plus belle chose. 

1saint Jean : Ce que nous avons reçu du Verbe de vie, ce que nous avons entendu, palpé, nous vous l’annonçons pour que notre joie soit complète.

C’est la communion des saints, avoir une notion collective du salut. Le texte des Béatitudes c’est comme l’interview des sauvés. C’est un reportage au paradis.

Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu. Nous avons été créés pour voir Dieu. Nous ne naissons pas purs. Nous avons besoin sans cesse d’être purifiés. Il y a une façon de se purifier : les larmes : bienheureux ceux qui pleurent. L’Esprit Saint console et purifie à travers ces larmes.

Père Paul Préaux, ancien recteur du sanctuaire de Montligeon

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