La belle histoire de Notre-Dame de Pontmain racontée par Marie-Lys

17 janvier 1871 - 17 janvier 2026 : 155e anniversaire

 

C’est au cœur de la Mayenne, de l’hiver et de la guerre, que Notre-Dame est apparue à sept enfants, le soir du 17 janvier 1871. Le message qu’elle leur a laissé nous invite, encore aujourd’hui, à la prière et à l’espérance. Revenons ensemble sur cette merveilleuse histoire, déjà connue par beaucoup d’entre nous, mais qui mérite qu’on la relise et qu’on la médite.

Il faut imaginer un petit village d’à peine cinq cents habitants, au Nord de la Mayenne.
Ce 17 janvier, il neige. Le froid glacial s’ajoute à la peine et l’inquiétude des habitants de Pontmain de ce soir-là. Trente-huit jeunes hommes du village sont partis au front, et les cœurs sont serrés en y pensant. Les Prussiens sont aux portes de Laval, et outre l’inquiétude pour les soldats, la peur de l’envahisseur grandit. Pourtant, dans ce village, la ferveur demeure. Le curé de Pontmain, l’Abbé Guérin, a toujours invité ses paroissiens à prier quotidiennement. C’est le cas de la famille Barbedette, dont le fils aîné, Auguste, est au front.
Eugène et Joseph, ses petits frères, aident leurs parents au travail tout en priant le chapelet. Alors qu’Eugène sort de la grange où ils pilaient les ajoncs, il croit rêver en apercevant, au-dessus de la maison d’en face, une belle dame, dans ce ciel désormais scintillant d’étoiles. La neige était tombée toute la journée, mais le ciel était maintenant dégagé, et lui permettait de voir nettement cette dame vêtue de bleu. 

Dans la nuit, il pouvait distinguer clairement cette ravissante dame, qui portait une ample robe bleu nuit, sans ceinture et qui tenait ses mains tendues et abaissées. Ses pieds étaient vêtus de chaussons bleus ornés d’or. Un voile noir cachait ses cheveux et tombait sur ses épaules. Sur la tête, un diadème d’or avec un liseré rouge. Mais surtout, la robe était parsemée d’étoiles dorées, ce qui rappela tout de suite à Eugène le plafond de l’église de Pontmain. Rejoint par son frère et son père, Eugène continuait à s’extasier de la beauté de cette apparition. Joseph vit tout de suite et décrivit exactement la même chose que son frère, tandis que leur père, lui, ne voyait rien. C’est leur mère qui, malgré le fait qu’elle non plus ne voyait rien, invita les enfants à se mettre à genoux et à prier, car il s’agissait sûrement de la Sainte Vierge. Ils allèrent chercher les sœurs du village, le prêtre et d’autres paroissiens. A Pontmain,  le message était clair : Marie n'apparaîtrait qu’aux enfants. En effet, Eugène et Joseph n’étaient plus les seuls enfants à La voir, et bientôt, dans cette petite foule qui se formait, les enfants s’exclamaient, tandis que les adultes, eux, scrutaient le ciel en vain. 

Peu à peu, un cercle bleu parsemé de bougies se forma autour de la Dame, et une croix rouge se dessina sur son cœur. Alors que les paroissiens chantaient le Magnificat, une banderole blanche apparue sous la Dame, avec écrit en lettres d’or : « Mais priez mes enfants. Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ».
Ces mots, en plus de confirmer que la Dame était bien la Sainte Vierge, redonnait alors aux paroissiens l’Espérance d’une fin prochaine de la guerre. Et la foule se mit à prier et chanter davantage. Tandis qu’ils chantaient « Mère de l’Espérance, dont le nom est si doux, protégez notre France, priez, priez pour nous », la Vierge Marie se mit à sourire et à lever les mains comme pour faire chanter la foule.  

Mais après le chant, le visage de la Vierge s’assombrit. Elle tenait désormais dans ses mains un crucifix rouge, qu’elle penchait légèrement vers la terre. Elle semblait bénir ceux qui étaient présents et demander à son Fils de pardonner les péchés du Monde. Lorsque les enfants reprirent leur chant, l’apparition redevint comme au début, et peu à peu un voile blanc la fit disparaitre. 
Dès l’année suivante, l’Église reconnut officiellement l’apparition de Pontmain, le 2 février 1872. Eugène devint prêtre et  servit toute sa vie dans différentes paroisses de la Mayenne, laissant le souvenir d’un prêtre « droit, zélé, fervent et intransigeant ». Joseph, lui, entra chez les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. L’Église reconnut deux autres voyantes, qui ont elles aussi servi Dieu toute leur vie. Encore aujourd’hui, des pèlerins se rendent à Pontmain pour demander des grâces et se recueillir sur les lieux de cette merveilleuse apparition. 

En ce mois de janvier 2026, la France n’est pas envahie par l’Allemagne, mais de nombreux autres conflits dans le monde font rage et la peur peut nous tourmenter.
Le message de Pontmain est d’une simplicité telle et d'une si grande richesse qu’il est propre à toutes les époques.
Espérer, prier, voilà le message qui n’a rien perdu d’actualité et de pertinence aujourd’hui : « Dieu vous exaucera en peu de temps ». Le temps de Dieu n’est pas le même que le temps des hommes. Les habitants de Pontmain ont été exaucés et ont vu tous leurs enfants revenir et la guerre s’arrêter. Nous nous lassons parfois de voir tous les conflits empirer. Ne perdons pas l’Espérance, car Jésus se laisse toucher par nos prières. Comme dans d’autres lieux, Marie apparaît à Pontmain seulement aux enfants. C’est à eux qu’elle s’adresse pour la prière.
Peut-être faut-il que notre prière ressemble davantage à celle d’un enfant, pour toucher le cœur de son Fils ?
Marie-Lys Daligault 

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