7e jour : le don de la crainte du Seigneur - Approfondir les dons de l'Esprit-Saint

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Prières quotidiennes
Chant à l'Esprit-Saint : Mon âme Te bénit, mon âme Te bénit, mon âme Te bénit car je sais que Tu es là. (p.29, carnet de chants)

La Crainte de Dieu est un don qui nous fait respecter Dieu, craindre d’offenser sa divine Majesté, et qui nous détourne du mal en nous portant au bien.

Ce ne peut être la peur. Cette crainte, c’est le désir de progresser. Là, se trouve le grand moteur de la vie spirituelle. C’est le désir d’aller plus loin. 

La crainte biblique exprimait un fort désir de Dieu, un désir véhément qui prend au ventre. C’était plutôt la crainte de passer à côté, de ne pas avoir compris, de ne pas assez aimer ou de mal répondre à cet amour. « Mon âme a soif de toi après toi languit ma chair, mon âme te désire, terre aride, altérée, sans eau » dit le psaume. Le Saint Esprit nous apprend à désirer Dieu, à nous languir de Dieu.

Le grand moteur de la vie spirituelle, ce n’est pas la Grâce. La Grâce est première, mais inefficace si en moi il n’y a pas ce désir, cette vigilance, cette exigence, cette volonté à aller de l’avant. Il s’agit de vouloir avec une détermination bien déterminée (Thérèse d’Avila). Autrement dit, c’est la crainte de passer à côté de la Grâce du seigneur.

Qui possède la crainte du Seigneur, déteste toute iniquité, selon cette parole du Prophète : « J'ai eu leur péché en horreur et l'ai exécré » (Ps 118,163), et, dans un autre endroit : « J'ai détesté toute voie d'iniquité (Ibid.). » Car il est écrit : « La crainte du Seigneur hait le mal » (Pr 3,7). Job est appelé « un homme craignant Dieu et s'éloignant du mal » (Jb 1,1). Sans cette grâce, la première des grâces et le principe de toute la religion, aucun bien ne peut se produire ni se développer. La crainte du Seigneur est la racine et la gardienne de tous les biens. Aussi l'Ecriture dit-elle : « Si vous ne vous maintenez constamment dans la crainte du Seigneur, votre maison sera promptement renversée » (Si 27,4). Tout l'édifice des vertus, s'il vient à perdre le soutien de ce don, tombe tout de suite en ruine. Aussi Salomon s'écrie-t-il : « Vivez chaque jour dans la crainte du Seigneur, parce que vous aurez l'espérance au dernier jour et votre attente ne sera pas enlevée » (Pr 23,8). De là vient aussi que l'Apôtre s'écrie : « Opérez votre salut avec crainte et tremblement. » (Ph 2,13). 

Pourquoi multiplier les citations ? Religion et crainte sont choses corrélatives, et l'une ne peut demeurer sans l'autre. Ainsi « Corneille était un homme religieux et craignant Dieu (Ac 10,2). Nous devons avoir en nous ce sentiment de la même manière dont le bienheureux Job assure qu'il l'éprouve. » (Jb 31,23). Sous l'empire de cette crainte de Dieu, nous abandonnons tout, nous renonçons au monde, et ainsi que le Seigneur l'a dit, nous nous séparons même de nous. « Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il se renonce lui-même » (Lc 9,23).
Cette crainte divine, rend, soumis à la pauvreté, celui qu'elle pénètre parfaitement et elle l'éloigne du mal. Elle est au premier rang parmi les grâces comme la pauvreté l’est dans la série des béatitudes : le Seigneur a dit, en la plaçant comme le fondement des autres vertus : « Heureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux leur appartient »

Le don de crainte rend notre amour de Dieu plus délicat. Ce sentiment repose sur l'idée que la foi nous donne de la majesté de Dieu, en présence duquel nous ne sommes que néant, de sa sainteté infinie, devant laquelle nous ne sommes qu'indignité et souillure, du jugement souverainement équitable qu'il doit exercer sur nous au sortir de cette vie, et du danger d'une chute toujours possible, si nous manquons à la grâce qui ne nous manque jamais, mais à laquelle nous pouvons résister.

Cette crainte de Dieu n'est pas une crainte servile ; elle devient au contraire la source des sentiments les plus délicats.

Le salut de l'homme s'opère donc « dans la crainte et le tremblement », comme l'enseigne l'Apôtre (1 Ph 2,12). Cette crainte, qui est un don de l'Esprit-Saint, n'est pas un sentiment grossier qui se bornerait à nous jeter dans l'épouvante à la pensée des châtiments éternels. Elle nous maintient dans la componction du cœur, quand bien même nos péchés seraient depuis longtemps pardonnés ; elle nous empêche d'oublier que nous sommes pécheurs, que nous devons tout à la miséricorde divine, et que nous ne sommes encore sauvés qu'en espérance. (Rm 8,24.) Elle peut s'allier avec l'amour, n'étant plus qu'un sentiment filial qui redoute le péché à cause de l'outrage qu'il fait à Dieu. Inspirée par le respect de la majesté divine, par le sentiment de la sainteté infinie, elle met la créature à sa vraie place, et saint Paul nous enseigne qu'ainsi épurée, elle contribue à « l'achèvement de la sanctification » (2 Co 7,1).

La crainte n'étouffe pas l'amour ; loin de là, elle enlève les obstacles qui l'arrêteraient dans son développement. Les Puissances célestes voient et aiment avec ardeur le souverain Bien, elles en sont enivrées pour l'éternité ; cependant elles tremblent devant sa majesté redoutable. Et nous, couverts des cicatrices du péché, remplis d'imperfections, exposés à mille pièges, obligés de lutter contre tant d'ennemis, nous ne sentirions pas qu'il nous faut stimuler par une crainte forte, et en même temps filiale, notre volonté qui s'endort si aisément, notre esprit que tant de ténèbres assiègent ! « Servez le Seigneur avec crainte, et tressaillez de bonheur en tremblant devant Lui » (Ps 2,2).

 

Obstacle : C’est d’avoir perdu ou de n’avoir jamais acquis le sens de la grandeur et de l’absolu de Dieu. Attention à ne pas rabaisser Dieu à mes petites affaires. La familiarité avec Dieu tient trop souvent la place de cette disposition fondamentale de la vie chrétienne, et dès lors tout progrès s'arrête, l'illusion s'introduit dans l'âme, et les sacrements, qui au moment d'un retour à Dieu avaient opéré avec tant de puissance, deviennent à peu près stériles. C'est que le Don de Crainte a été étouffé sous la vaine complaisance de l'âme en elle-même. L'humilité s'est éteinte ; un orgueil secret et universel est venu paralyser les mouvements de cette âme. Elle arrive, sans s'en douter, à ne plus connaître Dieu, par cela même qu'elle ne tremble plus devant lui. Le don de crainte permet d'enlever les obstacles au développement de l'amour. L'obstacle au don de crainte, au bien en nous est l'orgueil. C'est l'orgueil qui nous porte à résister à Dieu, à mettre notre fin en nous-mêmes, en un mot à nous perdre.

Le grand danger de la vie spirituelle, c’est de s’arrêter, de se trouver très bien, ou très mal. C’est ne plus vouloir avancer : c’est la tiédeur. L'esprit d'indépendance et de fausse liberté qui règne aujourd'hui contribue à rendre plus rare la crainte de Dieu, et c'est là une des plaies de notre temps.

Le grand moyen : Développer davantage la reconnaissance et la louange, comme dans les psaumes. La reconnaissance allège et fortifie l’âme. La louange soulève comme un oiseau. « Une âme qui fait oraison, qui dit merci, vole comme une hirondelle. Ceux qui ne font point oraison volent à grande peine, comme une grosse poule », disait François de Sales. L'humilité seule peut nous sauver d'un si grand péril. Qui nous donnera l'humilité ? l'Esprit-Saint, en répandant en nous le Don de la Crainte de Dieu.

Conservez donc en nous, ô divin Esprit,
le Don de la Crainte de Dieu que vous avez répandu en nous dans notre baptême.
Cette crainte salutaire assurera notre persévérance dans le bien,
en arrêtant les progrès de l'esprit d'orgueil.

 

Prière de saint Alphonse de Liguori pour demander les sept dons du Saint Esprit
Saint Alphonse de Liguori qui a vécu au 18e siècle a rédigé cette demande des dons du Saint Esprit :
Esprit-Saint, divin Consolateur, je Vous adore comme mon Dieu véritable, ainsi que Dieu le Père et Dieu le Fils. Je Vous bénis et je m'unis aux bénédictions que Vous recevez des anges et des saints. Je Vous donne mon cœur et je Vous offre de vives actions de grâces pour tous les bienfaits que Vous avez répandus et que Vous ne cessez de répandre dans le monde. Auteur de tous les dons surnaturels, qui avez comblé d'immenses faveurs l'âme de la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, je Vous prie de me visiter par Votre grâce et par Votre amour et de m'accorder : Le don de Sagesse, afin que je puisse bien diriger toutes mes actions, en les rapportant à Dieu comme à ma fin dernière ; afin qu'après L'avoir aimé et servi comme je le dois en cette vie, j'aie le bonheur d'aller Le posséder éternellement en l'autre. Le don d'Intelligence, afin que je puisse bien entendre les divins mystères et, par la contemplation des choses célestes, détacher mes pensées et mes affections de toutes les vanités de ce misérable monde. Le don de Conseil, afin que je puisse bien choisir tout ce qui est le plus convenable à mon avancement spirituel, et découvrir tous les pièges et les ruses de l'esprit tentateur. Le don de Force, afin que je puisse surmonter courageusement toutes les attaques du démon et tous les dangers du monde qui s'opposent au salut de mon âme, Le don de Science, afin que je puisse bien connaître les choses de Dieu et, éclairé par vos saintes instructions, marcher sans jamais dévier dans la voie du salut éternel. Le don de Piété, afin que je puisse à l'avenir Vous servir avec plus de ferveur, suivre avec plus de promptitude Vos saintes inspirations, observer plus exactement Vos divins préceptes. Le don de votre Crainte, afin qu'il me serve de frein pour ne jamais retomber dans mes fautes passées, dont je Vous demande mille fois pardon. Amen

 

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